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Le CISSS de l’Outaouais a recours aux services de pharmaciens à distance

On voit, de dos, une employée d'un hôpital qui cherche des médicaments dans les casiers disposés sur le mur de la pharmacie.

Une employée d'un hôpital cherche des médicaments dans les casiers disposés sur le mur de la pharmacie.

Photo : Radio-Canada / Martin Thibault

Radio-Canada

Faute de personnel pour assurer tous les services dans ses pharmacies, le Centre intégré de santé et de services sociaux (CISSS) de l'Outaouais se tourne vers une firme de Winnipeg pour combler ses besoins à distance.

L’entente conclue avec la North West Company est évaluée à environ 25 000 $. Le personnel de la firme manitobaine touche un peu plus de 100 $ par heure de travail, estime la pharmacienne en chef du CISSS, Johanne Asselin. Un pharmacien permanent gagnerait quant à lui environ 72 $ l’heure, en tenant compte des bénéfices et des primes.

Si on ne fait pas ça, on a une diminution vraiment majeure du service et on ne voulait vraiment pas aller vers ça, fait valoir Mme Asselin.

Le contrat signé par le CISSS est valide pendant un an et a été signé en prévision des réductions de personnel durant l’été.

On fonctionne présentement avec le maximum de pharmaciens dépanneurs qu’on peut avoir, poursuit-elle. C’est vraiment dans le but d’offrir de la sécurité aux patients et de valider l’ordonnance dans les délais les plus rapides possible.

Cette dernière précise que le personnel de la firme manitobaine a principalement aidé dans les secteurs plus éloignés, comme Maniwaki et Wakefield. Le manque de main-d’œuvre rendait inévitable le recours à télépharmacie, assure Mme Asselin.

Ce sont des secteurs pour lesquels on n’aurait eu personne. Sinon, on serait tombés en rupture de service.

Johanne Asselin, pharmacienne en chef du CISSS de l'Outaouais

Même s’ils sont au service d’une entreprise basée à Winnipeg, les pharmaciens appelés en renfort par le CISSS ont toutes les autorisations nécessaires pour exercer leur profession au Québec. Ces derniers ont également visité les établissements du CISSS pour se familiariser avec les réalités sur le terrain.

Services de base

Les pharmaciens qui interviennent à distance doivent passer en revue les ordonnances et peuvent accéder aux dossiers des patients. C’est quelque chose qui nous permet au moins d’assurer la sécurité immédiate, mais c’est sûr qu’ils ne font pas de clinique. Ils ne font que le côté gestion de l’ordonnance, souligne Mme Asselin.

Le recours à la télépharmacie est cependant loin d’être optimal, prévient la directrice générale de l’Ordre des pharmaciens du Québec, Manon Lambert.

Quand tu as des pharmaciens sur place, non seulement [ils] desservent la population en donnant des soins et des services pharmaceutiques, mais ils font progresser l’offre de services, ils font de l’amélioration continue, indique-t-elle.

Mme Lambert s’inquiète aussi du recours de plus en plus fréquent aux « pharmaciens dépanneurs », tant au CISSS de l’Outaouais qu’ailleurs au Québec.

Quand on a le choix entre zéro service et les services de base, on y va pour les services de base, mais ce n’est pas comme ça qu’on devrait construire l’offre de services phares dans nos établissements.

Manon Lambert, directrice générale, Ordre des pharmaciens du Québec

Le CISSS pourrait bien encore faire appel à la télépharmacie d’ici à ce que l’entente arrive à échéance « pour ne pas épuiser les gens qu’il reste  », indique Mme Asselin.

On ne peut pas ignorer l’enjeu, c’est-à-dire qu’il y a des coûts importants à la pénurie de main-d’oeuvre […] Ça coûte beaucoup plus cher au système de santé que si ces postes-là étaient pourvus par des pharmaciens d’établissement temps plein, martèle le député libéral de Pontiac, André Fortin, qui est également porte-parole de l'opposition officielle en santé.

Le ministre responsable de la région de l'Outaouais, Mathieu Lacombe, est d'avis que le CISSS a fait le choix le plus judicieux dans les circonstances. Il n'a pas voulu s'avancer sur les mesures précises que son gouvernement mettrait sur pied pour embaucher de nouveaux pharmaciens, mais il croit que l'offre de meilleures conditions de travail pourrait corriger la situation.

Avec les informations de Yasmine Mehdi

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