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Brésil : la CIDH « inquiète » du « discours de haine » de Bolsonaro

La Commission interaméricaine pour les droits de l'homme se dit inquiète du discours de haine du président élu du Brésil, Jair Bolsonaro.
Le président élu du Brésil, Jair Bolsonaro, à Brasilia. Photo: Reuters / Adriano Machado
Agence France-Presse

La présidente de la Commission interaméricaine des droits de l'homme (CIDH) s'est dite lundi « inquiète » du « discours de haine » de Jair Bolsonaro, élu président du Brésil avec un programme d'extrême droite et habitué des dérapages racistes, misogynes ou homophobes.

« Nous sommes inquiets parce que ces déclarations entrent clairement dans le cadre de ce que la communauté internationale de défense des droits de l'homme qualifie de discours de haine », a affirmé Margarette May Macaulay à Rio de Janeiro, à l'issue d'une mission d'une semaine de la CIDH au Brésil.

La dirigeante jamaïcaine s'est dite particulièrement préoccupée par des propos de Jair Bolsonaro, qui, quand il était candidat, avait affirmé qu'un policier ayant tué un suspect en service devait « être décoré » et non répondre de ses actes devant un tribunal.

Nous trouvons cela atroce que quiconque, surtout quelqu'un qui cherche à occuper les plus hautes fonctions de l'État, puisse être l'auteur d'une telle déclaration et nous espérons que cela ne restera que des mots.

La présidente de la CIDH, Margarette May Macaulay

« Cela ne peut pas être sérieux. C'est tellement extrême que nous ne pouvons pas imaginer que cela pourrait arriver », a-t-elle renchéri.

Jair Bolsonaro, 63 ans, s'est fait élire entre autres grâce à un programme sécuritaire musclé qui prévoit notamment de donner plus de « sécurité judiciaire » aux policiers utilisant leurs armes de service, tout en libéralisant le port d'armes pour les « gens bien ». Élu avec 55 % des suffrages le 28 octobre, il prendra ses fonctions le 1er janvier.

Impunité de la police

Pour la présidente de la CIDH, « l'impunité vis-à-vis d'exécutions extrajudiciaires et d'arrestations illégales » est déjà un des principaux problèmes du Brésil en ce qui concerne les violations des droits de l'homme.

Margarette May Macaulay a également montré du doigt « l'impunité pour les cas de violence contre les afrodescendants et les Indiens ».

D'après les données de l'Annuaire brésilien de sécurité publique, 5144 personnes sont mortes au cours d'interventions policières au pays en 2017, 14 par jour en moyenne, soit 20 % de plus qu'en 2016.

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