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Denise Bombardier pique les Franco-Manitobains au vif, une fois de plus

Denise Bombardier

Denise Bombardier avait déjà suscité de vives réactions de la part des francophones hors Québec à l'émission Tout le monde en parle, le 21 octobre 2018.

Photo : Radio-Canada / Karine Dufour

Radio-Canada

Pour la deuxième fois en quelques semaines, l'auteure, journaliste et animatrice Denise Bombardier suscite l'étonnement dans la communauté franco-manitobaine, notamment en niant l'existence d'une université francophone à l'ouest de l'Ontario.

En entrevue à l’émission La soirée est encore jeune, Mme Bombardier a d’abord affirmé qu’au Manitoba, « il y a 15 ou 20 ans, il y avait 160 000 francophones… il y en a 40 000 maintenant ».

Elle a ensuite renchéri, soutenant que « la dernière université francophone [vers l'Ouest] est en Ontario », ajoutant que « à partir de [l’Ontario], jusqu’au Pacifique, il n’y a pas une université francophone », omettant ainsi l’existence de l’Université de Saint-Boniface.

Un déclin, mais pas d’extinction

Selon les données des derniers recensements, s’il est vrai que l’on compte aujourd’hui près de 40 000 Manitobains ayant le français pour langue maternelle et que leur nombre a diminué au fil du temps, les Franco-Manitobains n’ont jamais été 160 000 au cours des 20 dernières années.

Les chiffres de Statistique Canada indiquent que la diminution du nombre de Manitobains ayant d'abord appris la langue de Molière est de 5135 entre les recensements de 2001 et 2016, loin du nombre de 120 000 estimé par Denise Bombardier.

Malgré tout, ces chiffres peuvent être trompeurs, selon l’historienne Jacqueline Blay. Elle rappelle qu’ils font abstraction des francophiles et des immigrants qui s’intéressent au français ou le parlent, sans que ce soit leur langue maternelle.

La présidente-directrice générale du World Trade Centre de Winnipeg, Mariette Mulaire, abonde, soulignant qu’au-delà de la baisse du nombre de Franco-Manitobains, « on a augmenté chez les francophiles [et] chez les immigrants à cause qu’on a des institutions qu’on nourrit [et] qu’on appuie ».

Réactions immédiates

Mariette Mulaire soutient avoir été atterrée en entendant Mme Bombardier affirmer qu’il n’y a pas d’université francophone à l’ouest de l’Ontario « alors qu’on célèbre les 200 ans de l’éducation francophone ».

Elle craint que les erreurs de Denise Bombardier se propagent et déforment la perception des gens sur la présence francophone hors Québec. « C’est dangereux », déplore-t-elle.

L’historienne Jacqueline Blay préfère, quant à elle, accueillir ces nouvelles déclarations de Mme Bombardier avec le sourire. « J’avoue que j’ai ri, parce que je me dis [que] Madame Bombardier réussit encore à faire parler d’elle deux semaines après le lancement de son livre. »

« Fierté identitaire »

Tant Mariette Mulaire que Jacqueline Blay notent cependant un effet positif des différentes déclarations de Denise Bombardier ces dernières semaines.

Selon elles, les réactions suscitées par les propos de l’auteure sur les réseaux sociaux montrent certains traits des francophones de la province.

« Ça dit qu’on n’endure pas ça », indique la présidente-directrice générale du World Trade Centre de Winnipeg, Mariette Mulaire.

L’historienne Jacqueline Blay trouve « intéressant [que Mme Bombardier] puisse susciter tant de réactions, de fierté identitaire chez les jeunes », les conduisant à s’exprimer « sur des sujets qui n’ont pas été débattus depuis longtemps ».

Avec les informations de Rémi Authier

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