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Un simple examen du cou pour déceler le risque de démence

Illustration d'un caillot dans un vaisseau sanguin du cerveau.
Illustration d'un caillot dans un vaisseau sanguin du cerveau. Photo: iStock

L'analyse d'une échographie vasculaire du cou permet de savoir en cinq minutes si une personne développera une démence jusqu'à dix ans avant l'apparition des symptômes.

Pour l'établir, le Dr Scott Chiesa et ses collègues de l’University College London ont examiné les vaisseaux sanguins du cou de plus de 3191 personnes à l’aide de cette technique d’imagerie et les ont suivies au cours des 15 années suivantes.

Ils ont ainsi constaté que ceux dont le pouls dans ces vaisseaux sanguins était le plus intense ont connu un déclin cognitif plus important au cours de la décennie suivante que les autres participants à l'étude.

Selon les chercheurs, un pouls plus intense endommagerait des vaisseaux sanguins plus délicats, ce qui entraînerait des changements structurels dans le cerveau et des saignements mineurs menant à de petits accidents vasculaires cérébraux (AVC).

Cette réalité rendrait ces personnes plus vulnérables à montrer des signes de déclin cognitif dix ans plus tard.

La démence est, au final, le résultat de dizaines d'années de dommages. Ainsi, lorsqu’elle apparaît, il est trop tard pour faire quoi que ce soit.

Dr Scott Chiesa

Les chercheurs espèrent que leurs résultats permettront de mettre au point un nouveau test de prédiction du déclin cognitif.

En juillet dernier, d’autres scientifiques avaient montré que des signes précurseurs de démence pouvaient également être détectés lors d’un simple examen de la vue.

Les types de démence

Outre la démence cérébrovasculaire due à l’accumulation de dommages au cerveau par des caillots répétés, d’autres maladies peuvent mener à un trouble neurocognitif, comme l’alzheimer, le parkinson, la démence frontale temporale, la démence à corps de Lewy, et la maladie de Huntington.

Des tests cognitifs

Les auteurs de ces travaux, présentés lors de la rencontre annuelle de l’association du cœur américaine qui se tient à Chicago, ont donc suivi les participants à l’étude pendant 15 ans. Ces derniers ont ainsi passé régulièrement des tests de mémoire et cognitifs du type résolution de problèmes.

Le déclin cognitif est lié à une diminution notable non seulement de la mémoire, mais aussi du langage, de la pensée et du jugement.

Les résultats montrent que ceux qui présentaient un pouls plus intense (le quart supérieur des participants) au début de l'étude étaient environ 50 % plus susceptibles de présenter un déclin cognitif accéléré au cours de la prochaine décennie, comparativement au reste des participants.

Selon les chercheurs, un test pourrait éventuellement fournir une nouvelle façon d'identifier les personnes à risque de développer la démence, ce qui mènerait à des actions plus rapides, comme des traitements plus précoces, mais aussi des changements dans le mode de vie des personnes à risque. Ces changements qui incluent plus d’activité physique, l’arrêt du tabac, une alimentation plus saine et un bon contrôle du taux de cholestérol.

Les auteurs veulent maintenant savoir si les participants à l'étude présentent également des changements structurels et fonctionnels dans le cerveau qui pourraient expliquer leur déclin cognitif.

Une chose est certaine, selon le Dr Scott Chiesa, ces travaux tendent à montrer qu’il existe un moyen facile de connaître les risques de démence que présente une personne.

La maladie d’Alzheimer et les autres formes de démence frappent actuellement 564 000 Canadiens. Dans 15 ans, ils seront 937 000.

Sur Terre, pas moins de 36 millions d’humains en sont atteints, estime l'Organisation mondiale de la santé. Ce nombre devrait doubler d'ici 2030 et tripler d'ici 2050.

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