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Francophonie ontarienne : dix façons de ne pas s’y intéresser 

Le drapeau franco-ontarien (archives) Photo: Yvon Thériault
Radio-Canada

C'est l'exercice qu'a proposé le Centre régional de recherche et d'intervention en développement économique et communautaire (CRRIDEC) aux participants de la récente rencontre annuelle de l'Assemblée de la francophonie de l'Ontario. Les délégués d'une trentaine d'organismes étaient invités à trouver 10 façons pouvant amener les francophones à se désintéresser de leur propre sort et à envisager des solutions pour y remédier.

Un texte de Caroline Bourdua

L’atelier tombait pile avec l’affaire Denise Bombardier.

On a voulu créer un atelier pour provoquer les gens, afin qu’ils pensent autrement aux différents enjeux francophones, explique Dènik Dorval du Conseil de la coopération de l’Ontario.

Effet de surprise

Selon M. Dorval, souvent les gens tentent de trouver des solutions sans vraiment comprendre le problème.

Des participants ont demandé s’il y avait une erreur et que nous voulions plutôt dire : 10 façons d’intéresser les gens à la politique de la francophonie de l’Ontario.

Anthony Miron, coordonnateur à la recherche CRRIDEC

L’exercice aura permis de cibler, ce que font à tort, bon nombre de Franco-Ontariens :

  1. Ne pas faire de place aux jeunes, aux immigrants et aux francophiles
  2. S’assurer que les médias ne parlent pas des francophones
  3. Tenir pour acquis les services en français
  4. Ignorer l’insécurité linguistique
  5. Plier à la langue anglaise par gentillesse et par politesse
  6. Proclamer que les francophones ne font pas de différence
  7. Ignorer la mosaïque de la culture franco-ontarienne
  8. Utiliser des statistiques dévalorisantes francophones
  9. Affirmer que les francophones sont fatigués de se battre
  10. S’enfermer sur des idées et ne pas innover

Ce n’est rien de surprenant, dit M. Dorval. Mais au moins, c’est maintenant sur papier.

Et il rappelle l’importance de revendiquer : sinon nous réaliserons le rêve de Denise Bombardier que les francophones hors Québec disparaissent!

Inspiré par les anglophones

Le coordonnateur à la recherche du CRRIDEC Anthony Miron dit s’être inspiré d’une conférence de l’ancien député albertain Doug Griffith, 13 Ways To Kill Your Community pour fouetter les troupes.

L’affaire Bombardier a aussi certainement aidé dans la participation des gens, dit-il.

On voulait les forcer à être négatifs pour formuler des solutions optimistes, dit M. Miron.

Macaron « Je parle français »Le CRRIDEC et le CCO souhaitent que ce rapport soit largement diffusé afin d’éviter d’adopter des comportements négatifs pour développer des initiatives francophones en Ontario. Photo : Radio-Canada / Frédéric Pepin

Insécurité linguistique

Parmi les dix préoccupations, c’est l’insécurité linguistique qui a été soulignée par une majorité de participants, qu’ils habitent le Sud-Ouest, le Nord, le Sud ou l’Est ontarien fait remarquer le CRRIDEC.

Une autre chose qui est beaucoup ressortie, c’est de se plier à la langue anglaise par gentillesse et par politesse, ajoute Isabelle Chouinard-Roy du CRRIDEC.

Leçon à tirer

L’exercice misant sur l’ironie et le sarcasme aura donc permis de démontrer le sérieux et le réalisme de situations auxquelles sont souvent confrontés les Franco-Ontariens, selon les chercheurs.

Le rapport servira maintenant à rendre accessibles les comportements à ne pas adopter quand vient le temps de développer des initiatives francophones.

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