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Recruter en France pour combler le manque de 150 infirmières en Outaouais

Des associations professionnelles d'infirmiers et d'infirmières au Canada estiment que la pénurie en soins infirmiers ne découle pas d'un manque de personnel.

Le CISSS de l'Outaouais recrute entre autres des infirmiers et infirmières en France pour compléter ses équipes.

Photo : iStock / FabioBalbi

Radio-Canada

Le Centre intégré de santé et de services sociaux (CISSS) de l'Outaouais aurait besoin de 150 infirmiers et infirmières supplémentaires pour servir sa clientèle. Et c'est notamment en France que l'établissement recrute des professionnels de la santé afin de compléter son équipe.

Bien que la région de l’Outaouais compte des établissements scolaires où la formation en soins infirmiers est offerte, il n’y a pas suffisamment de personnes formées pour satisfaire les besoins du CISSS.

Bruno Desjardins, qui est coordonnateur au recrutement au CISSS de l'Outaouais, estime qu’il faudrait embaucher 150 infirmières de plus pour assurer un bon fonctionnement.

C’est sûr qu’on travaille beaucoup avec nos maisons d’enseignement ici dans la région, mais vraisemblablement, le bassin de main-d’oeuvre n’est pas suffisant, explique-t-il.

Bruno Desjardins, coordonnateur au recrutement, à la dotation et au service de remplacement pour le CISSSO

Bruno Desjardins, coordonnateur au recrutement, dotation et service de remplacement pour le CISSSO

Photo : Radio-Canada

Une formation comparable en France

Pour compléter ses équipes d’infirmières, l’Outaouais fait notamment appel aux services de professionnels de l’autre côté de l’Atlantique.

Selon Bruno Desjardins, le recrutement en France est plus aisé puisque la formation en soins infirmiers y est comparable à celle qui est offerte au Québec. [C’est] une reconnaissance pratiquement permis sur permis, soutient M. Desjardins.

Il précise également qu’une entente entre le Québec et la France assure la reconnaissance de la formation française en soins infirmiers.

En mai dernier, une mission de l’Outaouais s’est rendue dans l'Hexagone afin de mener des entretiens d’embauche. Onze infirmières ont été engagées au terme de l’exercice.

Comme le processus d’embauche et d’immigration est plutôt long, ces 11 infirmières françaises peuvent espérer entrer en poste entre cet hiver et l’été prochain.

Pour pallier les départs à la retraite, attribuer les affectations et pourvoir les autres postes, le CISSS de l'Outaouais ne mise pas uniquement sur l’embauche à l’international. C’est un gros défi, reconnaît M. Desjardins, mais il y a d'autres actions qu'on fait également [comme] recruter les gens qui sont formés ici, faire la promotion des métiers, travailler avec les maisons d'enseignement. C'est une stratégie à plusieurs axes et le recrutement international en est un.

Des besoins sous-estimés

Lyne Plante, présidente du Syndicat des professionnels en soins infirmiers et cardio-respiratoires du CISSS de l’Outaouais, estime que les besoins d'infirmiers sont plus importants que ce qu'avance M. Desjardins.

Au 19 février 2018, les besoins étaient de 300 infirmières pour tous les postes qui étaient vacants, soutient-elle.

Elle reconnaît que des postes ont été affichés depuis, mais Mme Plante affirme que ça ne représente pas de nouvelles embauches, que ce sont plutôt des employés qui sont mutés. C’est communément comme on appelle des ‘’changements de chaise’’.

La femme est debout dehors pour donner un point de presse.

Lyne Plante, présidente du syndicat des professionnels en soins infirmiers et cardiorespiratoires du CISSS de l'Outaouais.

Photo : Radio-Canada / Olivier Plante

Mme Plante explique que l’embauche d’infirmiers français ne pose pas de problème et qu'il s'agit du résultat d’un partenariat de longue date entre le Québec et la France. Elle avance également que ces embauches répondent seulement à une petite partie des besoins.

Elle estime qu’il faudrait travailler de façon plus importante à la rétention des infirmiers dans la région, notamment grâce à des incitatifs financiers. Elle rappelle qu’il peut être tentant pour certains d’entre eux de traverser du côté de l’Ontario si les salaires y sont plus intéressants.

On peut être bien bons en attraction, mais il faut les retenir.

Lyne Plante, présidente du Syndicat des professionnels en soins infirmiers et cardio-respiratoires du CISSS de l'Outaouais

Un milieu de travail attrayant

Ludivine Guiose est une infirmière d'origine française. Elle est arrivée en Outaouais en avril 2018. Elle dit qu'il est intéressant pour elle de pratiquer au Québec, où elle constate que les infirmiers se font confier plus de responsabilités qu'en France. L'infirmière peut vraiment agir de façon plus autonome, précise-t-elle.

Elle a l'impression d'obtenir davantage de reconnaissance, ainsi que plus de responsabilités.

Ludivine Guiose, infirmière en Outaouais

Ludivine Guiose, infirmière en Outaouais

Photo : Radio-Canada

Sur le terrain, elle dit remarquer le besoin pour plus de main-d'oeuvre. Le manque fait que ça fatigue celles qui sont là et qui travaillent, donc je comprends qu'on aille ailleurs [en France] pour combler les manques.

Entre-temps, l’équipe de recrutement retournera en France au cours du mois de novembre afin de pourvoir 15 postes supplémentaires. On est très confiant de combler ce mandat-là [mais] c’est sûr qu’on en a besoin de davantage, souffle M. Desjardins.

Ce sont donc au moins 26 infirmières françaises qui devraient intégrer le marché du travail de l’Outaouais au cours de l’année 2019.

Ottawa-Gatineau

Santé