•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Une exposition d'Andy Warhol à New York revisite l'ensemble de sa carrière

Sur le mur on voit des images des boîtes de soupe Campbell.
L'une des œuvres d'Andy Warhol réalisée en 1962 exposées au musée Whitney à New York Photo: AFP/Getty Images / THOMAS URBAIN
Agence France-Presse

Ses Marilyn et ses boîtes de soupe font partie de notre culture, mais le Musée Whitney, à New York, propose, dans une exposition qui s'ouvre lundi, une vision plus large et plus complexe d'Andy Warhol, destinée notamment à un public renouvelé.

Bientôt 32 ans après sa mort, rares sont ceux qui osent s'attaquer au roi de l'art pop, qui a déjà fait l'objet de centaines d'expositions et de rétrospectives.

Sous la houlette de la conservatrice Donna De Salvo, qui a travaillé avec l'artiste durant les derniers mois de sa vie, le musée Whitney, spécialisé dans l'art moderne et contemporain américain à New York, s'est lancé.

Donna De Salvo a rappelé, lors de la présentation de l'exposition qui s'ouvre officiellement lundi, que la dernière rétrospective aux États-Unis datait de 1989 au MoMA et qu'elle avait considérablement changé notre vision de Warhol, mais avait aussi laissé beaucoup de questions sans réponse.

« Surprendre avec l'un des artistes les plus actuels qui soient n'est pas chose aisée », a reconnu Adam Weinberg, directeur de l'établissement.

Le musée, situé sur les rives de l'Hudson, dans le quartier du Meatpacking District, ambitionne, en outre, de séduire tout à la fois connaisseurs et profanes, a expliqué le responsable.

Pour y parvenir, l'exposition, qui se déploie sur trois niveaux du musée, embrasse l'ensemble de la carrière de Warhol, depuis ses débuts d'illustrateur publicitaire jusqu'à son voyage dans l'abstraction.

Elle fermera ses portes le 31 mars 2019, avant de mettre le cap sur San Francisco, en mai, puis Chicago, en octobre.

Une femme prend une photo d'une image d'Andy Warhol.L'une des œuvres d'Andy Warhol réalisée en 1962 exposées au musée Whitney à New York Photo : AFP/Getty Images / THOMAS URBAIN

Sans noyer le visiteur, grâce à une sélection exigeante, Andy Warhol: From A to B and Back Again présente aussi l'artiste dans toutes ses dimensions : dessinateur, peintre, photographe, vidéaste, producteur de spectacles, éditeur (du magazine Interview) et même conservateur de ses propres expositions.

Une partie conséquente de l'installation, qui comprend plus de 300 œuvres, est notamment consacrée à la vidéo, que l'homme à la chevelure argentée a utilisée pour des documentaires, des films expérimentaux, des émissions culturelles ou des films publicitaires.

Outre cette dimension multisupport, l'exposition évoque un Warhol en mouvement perpétuel, avide d'expériences, mû par l'inspiration des autres autant que par la sienne, dont l'empreinte perdure.

Les thèmes qui préoccupaient Warhol, les médias de masse, la culture de la célébrité, l'industrie du spectacle et la politique, façonnent nos vies peut-être davantage aujourd'hui que de son vivant.

Adam Weinberg

L'exposition, alimentée par des prêts de plus de 100 établissements et collectionneurs, rappelle que derrière la dimension esthétique se cache un artiste éminemment politique.

Au centre de tout, l'image et le pouvoir de la représentation, une réflexion structurée par son expérience de la publicité durant les années 1950.

Un homme prend une photo d'une œuvre au mur.L'une des œuvres d'Andy Warhol réalisée en 1962 exposées au musée Whitney à New York Photo : AFP/Getty Images / THOMAS URBAIN

« Warhol est un artiste de notre époque, affirme Adam Weinberg, particulièrement en pleine génération d'égoportrait, dans laquelle tout le monde est la vedette de sa propre photo ou de son propre film. »

Des soupes Campbell à Coca-Cola, de Marilyn Monroe à Mao Tsé-toung, Andrew Warhola, de son vrai nom, joue avec les icônes de son époque, tout en documentant inlassablement sa propre vie et son travail, au point de devenir lui-même une marque.

Si l'exposition témoigne de son goût pour la sérigraphie, les couleurs vives et ces fameuses images à répétition, elle montre aussi que Warhol ne s'est jamais laissé enfermer dans cette forme d'expression, même s'il lui doit son succès.

Ses films, sa collaboration avec Jean-Michel Basquiat, mais aussi son voyage dans l'abstrait en sont la preuve. Ainsi, en 1978, à 50 ans, il entame la série abstraite Shadows, volontairement dépouillée de l'imagerie pop.

Pour Adam Weinberg, l'exposition du Whitney porte un nouveau regard sur l'œuvre de cet homme en perpétuelle quête de lumière, mais aussi très secret. « Apparaît un Warhol plus complexe et sans doute plus puissant qu'on ne le concevait jusqu'ici. »

Arts visuels

Arts