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Bernard Landry exposé en chapelle ardente à la basilique Notre-Dame

Les explications d'Olivier Bachand

La dépouille de Bernard Landry a été exposée en chapelle ardente, lundi, à la basilique Notre-Dame de Montréal. Des funérailles d'État se dérouleront au même endroit aujourd'hui.

En provenance de Québec, le cortège funèbre transportant la dépouille est arrivé à la basilique Notre-Dame tôt ce matin, escorté par la Sûreté du Québec (SQ).

Recouvert d’un drapeau du Québec, le cercueil de l'ex-leader péquiste a fait son entrée dans la basilique, porté par des agents de la SQ.

L'ex premier ministre Bernard Landry est décédé à l'âge de 81 ans, le mardi 6 novembre 2018 à 11h30.Bernard Landry en compagnie de sa conjointe, Chantal Renaud, en avril 2003. Photo : La Presse canadienne / Paul Chiasson

Au son des cloches qui retentissaient dans la grisaille de novembre, les policiers l’ont conduit à travers la haie d’honneur sur le parvis de l’église, pour le mener devant l’autel, où il a été installé pour que la population puisse rendre un dernier hommage à Bernard Landry.

Un homme de talent et de conviction

« On salue un grand Québécois, un Québécois qui a servi le Québec sans réserve et qui l’a aimé profondément », a affirmé l'ex-première ministre Pauline Marois à son arrivée.

Un cercueil recouvert d'un drapeau, flanqué de deux policiers.Chantal Renaud, Pauline Marois et Claude Blanchet se recueillent devant le cercueil de l'ancien premier ministre Bernard Landry. Photo : La Presse canadienne / Paul Chiasson

« On peut dire aujourd’hui que le visage du Québec est différent parce qu’il y a eu Bernard Landry. Le visage économique, le visage des régions », a poursuivi Mme Marois. « C’est sa foi dans le Québec et son engagement envers les Québécoises et les Québécois qui a été le moteur » de son engagement.

Bernard était un grand indépendantiste qui a toujours cru que le Québec deviendrait un jour un État souverain.

Pauline Marois

« Je garde un souvenir d’une personne d’une grande générosité et une personne qui a un talent exceptionnel pour convaincre, pour expliquer, a-t-elle ajouté. C’est un grand pédagogue qui a été pour moi un professeur, en quelque sorte. »

Jean Charest debout devant des micros.Ancien adversaire politique de Bernard Landry, Jean Charest a rappelé la contribution de M. Landry au développement du Québec, lors de sa visite à la basilique Notre-Dame de Montréal. Photo : Radio-Canada

L'ex-premier ministre Jean Charest, longtemps son adversaire politique, a été l'un des premiers dignitaires à venir lui rendre hommage. « M. Landry avait beaucoup d’intelligence et de talent », a-t-il témoigné aux abords de la basilique. « Il va beaucoup manquer aux Québécois. »

« Il avait de la répartie et beaucoup de conviction. À l’Assemblée nationale […] il nous faisait beaucoup souffrir dans les échanges », s'est souvenu avec amusement celui qui l'a affronté plus d'une fois en chambre.

C’est peut-être pas à moi de le dire, mais [c’est une] évidence, il a donné de la crédibilité économique au mouvement souverainiste, avec M. Parizeau. Il a fait de l’économie un instrument d’émancipation.

Jean Charest

« Au cours des dernières semaines, nous avons reçu des histoires, des anecdotes, des sanglots qui en disent long sur l’impact qu’il a eu sur la vie des gens de son pays », a déclaré une des filles de M. Landry, Pascale Landry, en s’adressant aux médias. « Mon père avait pour objectif de rendre le Québec plus fort, nous savons que son œuvre est entre bonnes mains. »

« Il a été pour nous un époux, un père aimant et bienveillant pour qui la famille était sa plus grande richesse, et nous vous remercions du soutien que vous nous avez donné, vous, tout le Québec qui était aussi sa famille », a-t-elle poursuivi.

Mme Landry a souligné les nombreux témoignages reçus par la famille. « Des gens de tous les horizons […] des gens de partout au Québec, des gens de partout dans le monde, des gens de toutes origines sociales », a-t-elle raconté.

C’est vraiment dans la diversité du Québec que l’œuvre de papa se répercute et c’est tout cet amour qui nous revient.

Pascale Landry, fille de Bernard Landry

Le Fonds Bernard-Landry

La Fondation de l’UQAM, où Bernard Landry a été professeur, a annoncé lundi la création d'un fonds en mémoire de l'ancien premier ministre, « afin de soutenir l'UQAM, ses étudiantes et ses étudiants ». Ce Fonds Bernard-Landry a été créé à la demande de la famille du défunt.

« Un grand homme  », dit Duceppe

« Ça faisait 50 ans qu’on se connaissait, je savais tout ce qu’il avait fait », confie l’ancien chef du Bloc québécois Gilles Duceppe. Il affirme toutefois avoir été sidéré par la somme des choses accomplies par M. Landry lorsqu’il les a vues énumérées dans les pages d’un journal.

L’ancien député du PQ Gilles Baril souligne l’importance que revêtait la conception de la nation québécoise pour M. Landry. « C’était un homme très agréable et extrêmement chaleureux, affirme M. Baril. C’était un homme aimant, donc très attachant. »

C’est un homme qui a secoué le peuple québécois et [il] l’aura secoué jusqu’à la fin de sa vie. C’est un homme qui nous a donné de la grandeur.

L’ancien député du PQ Gilles Baril

M. Baril souhaite que le « combat » de M. Landry « serve d’exemple aux générations montantes ». « C’est pour ça que j’ai emmené ma fille aujourd’hui, elle qui est née lors du déclenchement des élections de 1998. »

« C’est un homme qui ne changeait pas d’idée avec la mode », a quant à lui déclaré son ami et ancien collègue parlementaire Daniel Turp, qui salue sa force de conviction.

« Il s’intéressait aux gens, a-t-il aussi mentionné. Avant de parler de lui-même, il s’informait de la famille, des idées qu’on avait et de nos projets. C’était un homme très humain. »

Les premiers ministres du Québec conservent leur titre après avoir quitté leurs fonctions. C’est le premier ministre Jean Charest qui a instauré cette mesure avant de quitter la vie politique.

Landry, l'homme d'État

La dépouille de M. Landry a tout d'abord été exposée samedi en chapelle ardente au Salon rouge de l'Assemblée nationale, à Québec, où il a travaillé pendant une bonne partie de sa vie.

Son ancien compagnon d’armes et l'actuel premier ministre du Québec, François Legault, est notamment venu lui rendre hommage.

Accompagné de sa femme, M. Legault a souligné l’importance qu’accordait le défunt au bien commun. « Pour lui, c'est toujours important de faire passer le bien commun avant l'intérêt partisan, a-t-il dit. C'était vraiment un homme de devoir. »

M. Legault a également noté l'importance qu'avait eue l'ancien premier ministre souverainiste dans son propre parcours politique.

J'ai appris beaucoup avec M. Landry en économie. J'ai appris ce que c'est d'être un homme d'État.

Le premier ministre François Legault
Bernard Landry en compagnie de Lucien Bouchard.Bernard Landry (ici en 1999) a été ministre des Finances au sein du gouvernement de Lucien Bouchard. Photo : La Presse canadienne / Jacques Boissinot

Un autre premier ministre québécois et ancien collègue de M. Landry, Lucien Bouchard, est également venu lui rendre hommage.

Revenir ici, où nous nous sommes rencontrés et avons travaillé, où nous étions si actifs et intenses durant nos vies, et le voir en chapelle ardente dans une salle où nous travaillions, c’est quelque chose [de difficile] à digérer.

Lucien Bouchard

Bernard Landry est décédé le 6 novembre dernier à l'âge de 81 ans des suites d'une longue maladie pulmonaire. Il laisse dans le deuil sa conjointe, Chantal Renaud, et trois enfants, Julie, Philippe et Pascale, nés d'une union précédente avec la juge Lorraine Laporte, décédée en 1999.

Les drapeaux du Québec sont en berne jusqu'à la tenue des funérailles.

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