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De nombreuses entreprises se préparent pour la « deuxième vague » de la légalisation du cannabis

Plusieurs aliments à base de cannabis, dont des brownies et des biscuits.

Le gouvernement fédéral veut encadrer la vente de biscuits et autres aliments au cannabis d'ici 2019.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Les producteurs de cannabis récréatif peinent toujours à répondre à la demande, qui ne tarit pas aux quatre coins du Canada. Malgré tout, ils préparent déjà la prochaine génération de produits du cannabis, soit les boissons, la nourriture et les concentrés, dont la vente doit être permise d'ici l'automne prochain.

Un texte de Roxane Léouzon

À Low, en Outaouais, des travaux sont en cours afin de construire 2300 mètres carrés de serres de cannabis.

Selon le président-directeur général des fermes North Bud, Ryan Brown, l'engouement actuel pour les produits du cannabis est une bonne nouvelle.

Les consommateurs vont continuer à vouloir plus, ils vont demander une plus grande gamme de produits, de différentes variétés, croit-il.

Un homme en entrevue à l'extérieur. De la machinerie est en arrière de lui.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Ryan Brown, président directeur général de North Bud, devant le site de ses futures serres de cannabis à Low, en Outaouais.

Photo : Radio-Canada

M. Brown prévoit que North Bud commencera à faire pousser du cannabis dans les trois premiers mois de 2019. Il compte tout faire, de l'agriculture jusqu'au développement des produits qui seront commercialisés.

En produisant des fleurs de haut de gamme, tous les produits dérivés vont aussi être de bonne qualité. Ça va nous permettre de rentrer dans n'importe quel autre secteur du marché, qui est en train de se développer pour les deux prochaines années.

Ryan Brown, président-directeur général de North Bud

C'est en offrant des produits uniques qu'il pense pouvoir faire sa place dans l'industrie du cannabis.

Des boissons, des mangeables, on pense que c'est ça dans le marché qui va avoir la meilleure marge de profit, surtout pour les petites et moyennes compagnies, alors on est en train déjà de développer les produits avec notre équipe de scientifiques, explique l'homme d'affaires originaire de Wakefield, spécifiant qu'il misera sur les biscuits et les boissons.

M. Brown estime que de 10 à 15 emplois seront créés dans un premier temps.

Une consommation plus subtile

Des petits producteurs regroupés sous le nom d'Auxly Cannabis Group voient également une manne dans ce qu'ils appellent la deuxième vague de la légalisation.

Je pense qu'il y a beaucoup de parents qui veulent peut-être essayer le cannabis, mais qui ne veulent pas que leurs enfants les voient avec un gros joint dans la main. Les autres formes de cannabis, je pense que ça aide à enlever la stigmatisation, soutient Chuck Rifici, directeur général de l'entreprise.

Un homme en entrevue dans des bureaux.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Chuck Rifici, directeur général d'Auxly Cannabis Group

Photo : Radio-Canada

Plusieurs projets de partenaires d'Auxly sont en cours de réalisation, notamment dans l'Est ontarien. On s'apprête à convertir une ancienne usine de Nestlé, à Chesterville, pour cultiver dedans, rapporte le résident d'Ottawa, qui assure que son entreprise mettra sur le marché des produits comme des menthes et des chocolats dès que le gouvernement en permettra la vente.

Pour éliminer les magasins illégaux, il faut avoir aussi toutes les autres gammes de produits qu'ils offrent : des concentrés, des vapoteurs, des variétés comestibles. Une fois qu'on a tous ces produits, je pense qu'il va y avoir la fin de la majorité du marché noir.

Chuck Rifici, directeur général, Auxly Cannabis Group

Les grands producteurs se lancent aussi dans l'aventure. À Smiths Falls, en Ontario, le géant Canopy Growth a récemment conclu une entente de 5 milliards de dollars avec Constellation Brands, une multinationale qui distribue notamment la bière Corona. Ils comptent proposer des boissons au cannabis.

Canopy Growth teste déjà des chocolats pour adultes à son siège social, situé dans une ancienne usine Hershey's.

Ça va être une autre vague, alors il vaut mieux s'habituer à être occupé, croit son directeur général, Bruce Linton.

Des entreprises alimentaires veulent leur part du gâteau

Les producteurs de cannabis ne sont pas les seuls à convoiter ce marché.

L'intérêt des entreprises alimentaires est si grand que le Conseil de transformation alimentaire du Québec (CTAQ) a d'ailleurs organisé un événement spécial à ce sujet fin octobre.

Il y a un enthousiasme. Il y a des gens dans le secteur des saucisses végétariennes, des gens dans le secteur du chocolat, de la boulangerie, des ingrédients, des jus, etc. Pas mal tous les secteurs de l'industrie étaient représentés, constate le vice-président aux affaires publiques du CTAQ, Jean-Patrick Laflamme.

Le CTAQ souhaite d'ailleurs être consulté par le gouvernement en ce qui a trait à l'encadrement de ces produits. Il voudrait aussi que soit accéléré le processus pour obtenir des permis de recherche et développement dans ce domaine.

Selon le porte-parole des chaînes de magasins Meta Cannabis Supply Co. et New Leaf Cannabis, ayant pignon sur rue dans plusieurs provinces, les clients seront effectivement au rendez-vous pour de nouveaux produits.

Les boissons et la nourriture vont faire grimper en flèche cette industrie. Nos produits sont limités à l'heure actuelle, mais si on regarde les marchés américains et européens, le cannabis comestible représente une grosse part du marché, alors on s'attend à ce que ce soit la même chose ici, affirme le vice-président au marketing, Matt Ryan.

Ottawa-Gatineau

Économie