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Pénurie de main-d’œuvre : le défi de retenir les personnes âgées au travail

Le reportage de Marie-Laurence Delainey
Radio-Canada

La pénurie de main-d'œuvre pousse de plus en plus d'entreprises à retenir leurs travailleurs âgés ou à embaucher des retraités. Cette réalité constitue un défi de taille qui fera l'objet d'un forum cette semaine à Montréal.

Un texte de Marie-Laurence Delainey

En cette période de préparation pour l’hiver, le propriétaire du garage montréalais Auto Satisfaction, Réal Potvin, a besoin de tous ses employés. Il peut notamment compter sur un mécanicien expérimenté, qui, à 60 ans, n’est pas près de la retraite.

« Dans notre domaine à nous, il n’y a pas beaucoup de relève. Et les jeunes aujourd’hui cherchent un peu plus de facilité, donc ce sont des domaines qui ont été délaissés. Les gens qui sont plus vieux, on est intéressés de les garder, car ils ont l'expérience et du vécu », explique M. Potvin.

C'est connu, de nombreuses entreprises sont à la recherche d'employés au Québec. Environ un million d'emplois seront à combler d'ici 2024.

Comme solutions, les experts suggèrent l'automatisation des tâches, l'embauche d'immigrants et aussi celle des travailleurs de 50 ans et plus.

Mais retenir ses employés plus âgés ou embaucher des retraités n’est pas simple, selon le professeur au département des sciences économiques de l’UQAM, Pierre Fortin.

Les plus vieux, comme il faut investir dans la formation et qu’il leur reste moins de temps sur le marché du travail que les plus jeunes, les entreprises sont moins intéressées, car ça va coûter plus cher.

Pierre Fortin, professeur, UQAM

Un forum sur le sujet

Les experts affirment toutefois que les entreprises n’ont plus le choix.

Plusieurs économistes, conseillers en ressources humaines et associations d’aînés se pencheront sur la question, mardi, lors du forum Marché du travail, dont le thème cette année est « Sommes-nous prêts à miser sur les 50 ans et plus? »

L’événement sera l’occasion de rappeler les avantages de faire appel à cette catégorie d’employés. M. Fortin cite en exemple le Japon, où 54 % des 55-75 ans sont actuellement sur le marché du travail. Au Québec, la proportion est de 42 %, précise-t-il.

« Si on rejoignait les Japonais, on aurait 260 000 travailleurs de plus au Québec et, par conséquent, la pénurie de main-d'œuvre, on en parlerait presque plus », dit-il.

Flexibilité et expérience

Irène Morin, assise à l'ordinateurIrène Morin a repris le boulot. Après 10 ans à la retraite, elle travaille à temps partiel comme réceptionniste. Photo : Radio-Canada / Marie-Laurence Delainey

Pour les attirer, les employeurs doivent faire preuve de souplesse en offrant du télétravail ou des horaires variables.

« En général, les gens de 55 à 75 ans préfèrent avoir une plus grande flexibilité dans la localisation de leur milieu de travail. Travailler quatre jours par semaine, par exemple, ou travailler moins d’heures par jour. Les entreprises doivent comprendre ça », dit M. Fortin.

Irène Morin en est un bon exemple. La dame de 78 ans est retraitée depuis dix ans, mais elle travaille à temps partiel comme réceptionniste pour un courtier immobilier.

Les employés expérimentés ont plusieurs atouts, dit-elle. « On a cette disponibilité, la fiabilité et la mobilité. Tout le monde semble avoir une voiture, les jeunes n'en ont pas toujours. Aussi, les aînés ont l'expérience du passé », affirme-t-elle.

Heureusement pour les employeurs, les Québécois prévoient déjà travailler plus longtemps.

Un sondage réalisé en avril par l’organisme Question Retraite révèle que 43 % des Québécois de 25 à 64 ans non retraités estiment qu’il est fort probable qu’ils prendront leur retraite avant 65 ans. À titre comparatif, il y a 15 ans, en 2003, 62 % des répondants ont donné la même réponse.

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