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Rendre hommage aux soldats morts au combat et à ceux qui en sont revenus changés à jamais

Le Jour du souvenir célébré à Rouyn-Noranda.
Le Jour du souvenir célébré à Rouyn-Noranda. Photo: Radio-Canada / Jean-Marc Belzile
Radio-Canada

Une centaine de personnes ont souligné le jour du Souvenir dimanche à Rouyn-Noranda. Une journée est bien spéciale cette année puisqu'elle marque aussi les 100 ans de la signature de l'Armistice, qui a marqué la fin de la Première Guerre mondiale.

Un texte de Jean-Marc Belzile

Les soldats du 34e Régiment du génie de combat détachement de Rouyn-Noranda ainsi que les corps de cadets de Rouyn-Noranda et d'Amos ont participé à une parade pour l'occasion.

Une journée pour rendre hommage à ceux qui sont morts au combat, mais qui rappelle aussi de douloureux souvenirs à ceux qui en sont revenus.

La parade du 11 novembre s'est voulue festive. Elle a toutefois ravivé de douloureux souvenirs à certains vétérans.

C'est le cas de l'ex-caporal François Marcoux, qui a notamment servi en Yougoslavie pour les Nations Unies.

Des blessures qui reviennent, il y a beaucoup de vétérans qui reviennent avec de mauvaises images qui viennent [les] hanter, des fois c'est difficile d'en parler, raconte-t-il. Moi, c'est encore trop frais, j'ai su que deux vétérans qui sont allés en Yougoslavie ont décidé de parler de ce qu'ils ont vécu [...] puis c'était trop difficile pour moi d'écouter ce qu'ils disaient parce que j'ai subi beaucoup là-bas, des blessures psychologiques.

Encore aujourd'hui, François Marcoux assure avoir beaucoup de difficulté à vivre avec ces souvenirs qui viennent le hanter.

Il y a des hauts et des bas. Des journées, c'est plus morose, d'autres journées, c'est super bien. Je suis en arrêt de travail en raison de mon état, mais j'ai de l'aide des gens autour de moi.

François Marcoux
Benoit Carle et Paul Guimond Benoit Carle et Paul Guimond ont participé à la cérémonie du jour du Souvenir. Photo : Radio-Canada / Jean-Marc Belzile

Pour l'adjudant à la retraite Benoit Carle, le 11 novembre est toujours bien spécial.

C'est le sacrifice ultime des gens qui ont payé, des jeunes hommes et des jeunes femmes qui ont donné leur vie pour avoir un pays où on peut être relaxe comme aujourd'hui, dit-il.

Benoit Carle salue le courage des vétérans qui prennent la parole pour raconter ce qu'ils ont vécu.

Il y a bien des gens pour qui c'est impossible d'exprimer ce qu'ils ont vécu [...] c'est certain qu'il y a des choses qu'on dit pas parce que les gens peuvent pas comprendre, si tu n'as pas été là et que tu ne l'as pas vécu, fait savoir Benoit Carle.

Le sergent à la retraite Paul Guimond abonde dans le même sens.

Ce que la personne a vécu au combat, on peut en parler entre nous, mais il faut que la personne soit prête à le dire. Des fois, les gens emmagasinent beaucoup ce qu'ils ont vu, on le voit avec les suicides, il ne faut pas oublier cet aspect-là, mentionne Paul Guimond. J'ai eu des amis morts en Afghanistan, mais j'ai aussi des amis qui ont perdu des amis d'armes par suicide, ces gens-là aussi il ne faut pas les oublier.

Cécile Lacombe a participé à la cérémonie du jour du Souvenir.Cécile Lacombe a participé à la cérémonie du jour du Souvenir. Photo : Radio-Canada / Jean-Marc Belzile

Pour Cécile Lacombe, le 11 novembre lui rappelle son père Julien Lacombe, qui a servi pendant la Deuxième Guerre mondiale.

Il a vécu la deuxième guerre dans tout ce qu'on peut avoir de difficulté et de misère là-bas. J'ai vécu des émotions aujourd'hui, ça m'a rappelé tout ce que mon père a fait et tout ce qu'il a vécu après parce que sa vie n'a pas été facile après. Il a aidé à la société, il a eu 16 enfants, je suis très fier de mon père. C'est un homme qui nous a apporté beaucoup, mais je sais qu'il a aussi souffert beaucoup de la guerre, souligne avec émotion Cécile Lacombe.

L'adjudant Jean-François Gouin du 34e régiment du génie de combat détachement de Rouyn-Noranda croit qu'il est difficile de prévoir comment une personne réagira une fois en mission.

On se prépare, on s'entraîne pour faire face à la majorité des situations, mais le cerveau humain est tellement bien fait qu'on sait pas comment on va réagir, confie-t-il. On s'entraîne, on fait des formations, des cours pour la résilience pour essayer de faire face à tout type de situation, mais pour ce qui est du niveau psychologique, c'est très difficile de savoir comment on va réagir.

Jean-François Gouin du 34e régiment du génie de combat détachement de Rouyn-NorandaJean-François Gouin du 34e régiment du génie de combat détachement de Rouyn-Noranda Photo : Radio-Canada / Jean-Marc Belzile

La députée fédérale d'Abitibi-Témiscamingue, Christine Moore, croit que le retour de mission peut être encore plus difficile pour les soldats vivant en région éloignée.

C'est plus facile de se sentir isolé, il y a peu de gens qui comprennent ce qu'on a vécu.

Christine Moore

C'est plus difficile d'obtenir des services au niveau de l'aide psychologique, de la santé mentale. Je pense que plus on va en parler, plus on va reconnaître les traumatismes mentaux comme une problématique que trop de nos vétérans ont vécue, plus on va être capable d'aller de l'avant et plus de gens vont être capables de continuer à vivre malgré tout, dit la députée.

Plus de 150 personnes ont assisté à cette journée. Plus de 150 personnes ont assisté à cette journée. Les députées Christine Moore et Émilise Lessard-Therrien étaient également présentes.

Abitibi–Témiscamingue

Société