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Algérie : un journaliste est libéré après 17 mois de détention

Deux personnes tenant des affichettes appelant à la libération d'un journaliste emprisonné

La semaine passée à Montréal, une trentaine de personnes ont réclamé la libération du journaliste Saïd Chitour.

Photo : Radio-Canada

Agence France-Presse

Saïd Chitour, un guide-interprète algérien poursuivi pour « intelligence avec une puissance étrangère » a été condamné dimanche à 16 mois de prison ferme, mais a ensuite été libéré pour avoir déjà purgé cette peine durant sa détention provisoire.

Collaborateur de médias étrangers, dont Radio-Canada, la BBC et le Washington Post, Saïd Chitour a été condamné à 28 mois de prison, dont 16 mois ferme, pour avoir « livré des informations sans intention de trahir », a déclaré à l'AFP son avocat, Me Miloud Brahimi.

Il agissait notamment à titre d'accompagnateur, de guide et d'interprète qui soutient le travail d’un journaliste travaillant dans un pays étranger.

Cette peine étant couverte par sa détention provisoire, qui a duré 17 mois, le tribunal de Dar El Beïda (banlieue est d'Alger) a ordonné sa mise en liberté, a ajouté son avocat.

Le bureau du procureur avait requis cinq ans de prison ferme.

L'organisation Reporters sans frontières (RSF), qui avait dénoncé la détention préventive « excessive » du guide-interprète, s'est dite « soulagée » par cette « libération attendue », sur Twitter.

Accusé d'avoir livré des documents confidentiels à des diplomates étrangers, M. Chitour avait été arrêté le 5 juin 2017 à l'aéroport d'Alger par les services de renseignement et placé ensuite en détention provisoire par un juge.

Il avait été inculpé d'infraction à l'article 65 du Code pénal qui punit de la réclusion à perpétuité « quiconque, dans l'intention de les livrer à une puissance étrangère, rassemble des renseignements, objets, documents ou procédés, dont la réunion et l'exploitation sont de nature à nuire à la défense nationale ou à l'économie nationale », avaient indiqué ses avocats.

Criminalisation de la presse algérienne

Par ailleurs, le journaliste Adlène Mellah, directeur des sites d'information Algérie Direct et Dzair presse, incarcéré fin octobre dans une affaire de chantage sur les réseaux sociaux, a été maintenu en détention après sa comparution dimanche devant la chambre d'accusation de la Cour d'Alger, selon l'un de ses avocats.

Les juges ont refusé une demande de libération provisoire. « Ils ne nous ont pas précisé pour quel motif. Nous attendons de lire l'arrêt de renvoi », a précisé à l'AFP Me Nourredine Benissad.

Jeudi, deux journalistes, Abdou Semmar et Merouane Boudiab, rédacteur en chef et journaliste du site Algérie part, accusés de « diffamation et d'atteinte à la vie privée » avaient été remis en liberté, après 17 jours de détention, en attendant un complément d'information.

Ils avaient été placés en garde à vue le 23 octobre puis en détention préventive deux jours plus tard, suite à la plainte d'Anis Rahmani, patron d'Ennahar TV, plus grand groupe médiatique privé algérien, et de Abdelkader Zoukh, wali [préfet, NDLR] d'Alger, selon la défense.

Une vingtaine de sites algériens d'information ont dénoncé le 7 novembre une « campagne de criminalisation » de la presse électronique algérienne, qui a donné lieu à l'incarcération de plusieurs journalistes ces dernières semaines, ainsi que des tentatives de la « discréditer ».

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