•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Un blindé canadien plus que centenaire vrombit à nouveau

Une voiture blindée restaurée à l'extérieur.
La voiture blindée Autocar datant de 1913 a été remis à neuf par l'équipe du Musée canadien de la guerre. Photo: CBC
CBC

Un véhicule blindé canadien qui a pris part au premier défilé de la victoire de 1918 a roulé de nouveau pour le centenaire de l'Armistice en Belgique.

Les personnes rassemblées à Mons, en Belgique, pour les célébrations de l’Armistice ont pu admirer un véritable artefact roulant de la Première Guerre mondiale : une voiture blindée Autocar datant de 1913, qui était en service avec le Corps canadien des mitrailleurs.

Le véhicule fait partie de la collection du Musée canadien de la guerre depuis des décennies et il a été complètement remis à neuf par les experts en restauration de l’institution. La voiture a été entreposée dans de très bonnes conditions par le musée depuis son acquisition, mais le principal obstacle a été le remplacement du carburateur l’été dernier.

Photo d'archives montrant des soldats à pied, en moto et à bord d'une voiture blindée lors d'une parade de la victoire. La voiture blindée Autocar (à droite) lors du défilé de la victoire à Mons en novembre 1918. Photo : Archives du Musée canadien de la guerre

Première étape pour remédier à la situation : trouver un manuel d’entretien de l’époque.

Je n’avais aucune documentation sur ce véhicule, a raconté Michael Miller, le technicien du musée qui était à la tête de l’équipe de restauration. Le curateur d’un musée privé aux États-Unis m’a envoyé gratuitement une reprographie d’un manuel de 1916.

Cette documentation était amplement suffisante, puisque le modèle de base de l’Autocar n’a pas changé de 1913 à 1920, a précisé le spécialiste.

Au début de la guerre, l’entrepreneur et journaliste Raymond Brutinel a approché le gouvernement canadien afin de lui soumettre un plan pour mettre sur pied une brigade de mitrailleurs motorisée.

Le Canada a acheté 20 véhicules des États-Unis, mais la longue guerre de tranchées limitait l’utilité des voitures blindées. Le vent a cependant tourné lorsque l’Allemagne a commencé à reculer et que la guerre est devenue plus mobile.

Dans les 100 derniers jours de la guerre, qui se sont déroulés en dehors des tranchées, l’Autocar a été utilisé à profusion, a relaté M. Miller au sujet du véhicule qui avait une vitesse de pointe de 40 km/h.

L’homme derrière la machine

Le véhicule que M. Miller et son équipe ont remis à neuf a pu survivre jusqu’à aujourd’hui grâce aux efforts de son conducteur d’origine : le second lieutenant Frank Worthington.

Photo d'archive d'un militaire fumant la pipe. Frank Worthington, reconnu comme le père du Corps blindé royal canadien. Photo : CBC

M. Worthington jouit d’une grande renommée au sein de l’Armée canadienne : il a obtenu la Médaille militaire après la bataille de la crête de Vimy en avril 1917, alors qu’il faisait partie du Corps canadien des mitrailleurs.

Surnommé « Fighting Frank » (« Frank le batailleur ») et « Worthy » (« Valeureux ») par ses frères d’armes, M. Worthington est reconnu comme le fondateur du Corps blindé royal canadien, déployé lors de la Seconde Guerre mondiale.

Il est devenu une personnalité publique reconnue, notamment grâce au travail de sa femme qui a écrit un livre sur ses exploits. M. Worthington a même fait la une du magazine Maclean’s.

Couverture d'un vieux magasin Maclean's sur laquelle figure une illustration de Frank Worthington. Frank Worthington était très célèbre pour ses exploits militaires. Photo : CBC

Je me souviens de lui comme un homme très amusant. Il était très créatif et inventif, se remémore sa petite-fille Linnet Fawcett.

Si Mme Fawcett se souvient de son grand-père comme un homme ordinaire à plusieurs égards, ce dernier a eu une vie remplie de rebondissements. M. Worthington a entre autres été mercenaire au Nicaragua et au Mexique, en plus d’être canonnier à Cuba et d’avoir passé du temps derrière les barreaux.

Une femme pose pour la caméra devant une table sur laquelle se trouvent plusieurs documents d'archives. Linnet Fawcett se souvient de son grand-père comme un homme à la fois amusant et créatif. Photo : CBC

Au début de la Grande Guerre, il a tenté de retourner vers son Écosse natale, mais a atterri à Montréal avant de rejoindre les rangs des Forces armées canadiennes.

Malgré le parcours du combattant de son grand-père, Mme Fawcett a souligné qu’il était un homme chaleureux qui envoyait des lettres remplies d’affection et d’humour à ses enfants et ses petits-enfants.

Selon elle, « Fighting Frank » serait touché de savoir que sa voiture blindée roule toujours, 100 ans plus tard.

Histoire

Société