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En désaccord sur le Brexit, le frère de Boris Johnson claque la porte du cabinet britannique

Jo Johnson quitte les bureaux de la BBC, café à la main.
Le Brexit était basé sur « un faux prospectus » et « des promesses fantaisistes », selon le ministre démissionnaire Jo Johnson. Photo: Reuters / Henry Nicholls
Radio-Canada

En protestation face à la gestion du Brexit par Theresa May et en insistant sur la tenue d'un nouveau référendum, le ministre des Transports britannique, Jo Johnson, a remis sa démission hier. Il quitte le cabinet pour des raisons bien différentes de son frère Boris, figure de proue de la campagne pro-Brexit, qui a démissionné il y a cinq mois.

Les deux frères s’entendent toutefois sur le fait que le Brexit que propose aujourd’hui la première ministre britannique n’a rien à voir avec celui que promettait la campagne du Leave (pro-Brexit) en 2016 et qu’ont appuyé plus de 17 millions d’électeurs.

« Les termes de notre retrait de l’Union européenne sont, à mon sens et celui d’autres personnes, si radicalement différents de ce qui a été établi durant la campagne référendaire que ce serait un simulacre de démocratie que de ne pas aller chercher le consentement du peuple pour un départ de l’Union européenne sur cette base », a exprimé le ministre démissionnaire en entrevue sur les ondes de la BBC.

La première ministre May a rejeté la possibilité d’un deuxième référendum, considérant le résultat de 2016 comme définitif malgré un adoucissement de nombreuses clauses primordiales pour les supporteurs du Leave.

Lors de la même entrevue, l’animateur de BBC indique que Boris Johnson est l’un des principaux promoteurs de la vision idéalisée et aujourd’hui discréditée du Brexit qui a convaincu la majorité des électeurs britanniques en juin 2016. Il demande alors à Jo Johnson si son frère avait menti.

D’emblée, Jo Johnson reconnaît que « durant la campagne, il y a eu sans aucun doute des promesses faites qui se sont avérées impossibles à livrer ». « Personne ne peut nier cela », ajoute-t-il.

Pour étayer ses propos, Jo Johnson offre deux exemples importants. « On nous a promis un Brexit qui nous permettrait d’établir des accords commerciaux à travers le monde, nous sommes loin de cela avec l’accord que la première ministre produit en ce moment. On nous a promis un Brexit qui allait libérer notre économie […]. Au contraire, nous sommes en train de nous soumettre aux mêmes règles et règlements qui lient le reste de l’UE. »

« Et nous finirons par céder notre souveraineté plutôt que d’en prendre le contrôle », se désole l’ex-ministre des Transports, habituellement connu pour sa réserve.

Pressé encore une fois par l’animateur à savoir si la campagne Leave avait été mensongère, Jo Johnson ne mâche pas ses mots.

Écoutez, c’était un faux prospectus, c’était des promesses fantaisistes qui ont été révélées au grand jour.

Jo Johnson, ex-ministre des Transports du Royaume-Uni

Boris Johnson admiratif

Le désaccord profond de Boris et Jo Johnson envers les décisions de Theresa May rapproche aujourd’hui les deux frères.

« J’ai une admiration sans bornes pour mon frère Jo. Nous n’étions peut-être pas d’accord au sujet du Brexit, mais nous sommes unis par notre consternation devant la position intellectuellement et politiquement indéfendable du Royaume-Uni », a lancé Boris Johnson sur Twitter.

L’ancien maire de Londres et grand supporteur du camp Leave avait pour sa part démissionné du cabinet May en juillet dernier.

Boris Johnson marche dans la rue.L'ex-ministre des Affaires étrangères britannique et ex-maire de Londres, Boris Johnson Photo : Getty Images / Dan Kitwood

« Ce n’est pas reprendre le contrôle. C’est un abandon de notre contrôle. Ça ne correspond pas le moins du monde au mandat du peuple en juin 2016. » a-t-il aussi écrit par rapport à l’entente que la première ministre négocie aujourd’hui.

Quatre autres ministres prêts à démissionner

Selon l’hebdomadaire britannique Sunday Times, quatre autres ministres anti-Brexit seraient sur le point d’abandonner le navire de Theresa May.

Selon le journal, l’Union européenne aurait refusé la demande de la première ministre pour établir un accord douanier provisoire suivant le Brexit.

Cette période tampon permettrait à Londres de négocier des accords commerciaux à travers le monde, une étape importante qui pourrait générer des conflits avec l’Union européenne.

Avec les informations de Reuters, et Associated Press

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