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Les instigateurs de notmystellas veulent la démission des dirigeants de Stella’s

Christina Hajjar, Kelsey Wade et Amanda Murdock en conférence de presse.
Christina Hajjar, Kelsey Wade et Amanda Murdock administrent le compte Instagram notmystellas. Photo: Radio-Canada

Les responsables du compte Instagram notmystellas ont présenté leurs demandes formelles touchant les gestionnaires de l'entreprise de restauration Stella's lors d'une conférence de presse samedi.

Christina Hajjar, Kelsey Wade et Amanda Murdock se sont présentées comme les gestionnaires officielles du compte Instagram devenu viral depuis jeudi soir.

Déjà près de 200 témoignages sont présents sur ce compte qui prétend être la voix de nombreux employés qui soutiennent avoir subi des comportements abusifs de la part de leur hiérarchie.

Les trois femmes ont précisé avoir commencé ce travail il y a près d’un an.

« On savait que les abus au Stella’s étaient répandus, mais ça a été répugnant de voir le nombre de témoignages. C’est difficile, mais on se donne du courage ensemble », explique Kelsey Wade.

Parmi leurs principales demandes, les administratrices du compte réclament la démission du président Grant Anderson et du gestionnaire régional Brad Burrows. Elles exigent également des excuses officielles et une reconnaissance des faits reprochés.

Elles souhaitent en outre la mise en place d’un service de ressources humaines afin de mener des enquêtes indépendantes sur la gestion des employés.

Témoigner ensemble pour se libérer

Claudine Gauvin a été gérante et serveuse au Stella’s pendant plus de trois ans. Elle a également longtemps travaillé avec Kelsey Wade.

« Les demandes ne sont pas extravagantes. C’est pour le bien-être de tout le monde », explique-t-elle.

Elle estime que cette libération de la parole est une bonne chose. « On finit par banaliser ce qui nous est arrivé. C’est important d’en parler parce que sinon ça reste là, personne n’en parle et rien ne change », explique-t-elle.

« Je n’ai pas subi d’abus, mais l’environnement de travail était dur. Je revenais chez moi démolie. Ça affectait l’extérieur du travail aussi », témoigne-t-elle en tentant de retenir ses larmes.

Des consommateurs dans le doute

Pour les clients de l’enseigne comme Rosanne Dupuis, il est difficile de savoir quoi en penser. « On aime Stella’s, on va continuer à venir ici. On va juste garder nos oreilles et nos yeux ouverts sur ce qui se passe autour de nous », déclare-t-elle.

Andrea Lynnjoyce, une autre cliente, reste dubitative quant à la méthode choisie. « J’ai l’impression que les gens ne parlent pas vraiment de leurs problèmes de nos jours. Au lieu de s’adresser à leurs supérieurs, ils vont directement sur les réseaux sociaux », déclare-t-elle.

Pour Kamal Dhillon et Sukh Wander, la décision reste complexe. « On essaie d’être des consommateurs responsables. Si cette histoire est confirmée, on verra ce qu’on fait », expliquent-ils.

Les gestionnaires du compte notmystellas soulignent qu’elles n’appellent pas au boycottage de l’enseigne. Elles rappellent que les pourboires sont aussi une bonne façon de soutenir les employés.

Stella's prend des mesures

Dans un communiqué publié samedi, la direction de Stella’s dit prendre cette question très au sérieux. Elle indique avoir déjà pris des mesures concrètes, notamment en sollicitant les services d’une entreprise de ressources humaines indépendante.

Stella’s rappelle aussi l’existence de procédures anonymes permettant aux employés de rapporter les cas d’abus auprès de la Commission des droits de la personne du Manitoba.

Enfin, la direction de l’entreprise assure être prête à sévir envers les membres du personnel contre qui les allégations seraient prouvées.

Avec des informations de Rémi Authier

Manitoba

Relations de travail