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Combattre pour sa nation : les questions d'un cadet, les réponses d'un colonel

Un ancien combattant et un jeune cadet parlent de la guerre et du jour du Souvenir
Radio-Canada

Lorsque l'on combat, encore aujourd'hui, le jour du Souvenir revêt une signification particulière. L'adjudant Justin Harper témoigne et le colonel Eric Charron répond aux questions du jeune cadet Adam Cissoko.

Adam Cissoko a récemment intégré les cadets de l’air de Saint-Vital. Il a eu la chance de poser des questions au colonel Eric Charron et d'en apprendre davantage de son expérience en zone de conflit armé lors d'un entretien chargé d'émotions.

« Le jour où je suis arrivé à Kaboul, une de mes premières fonctions officielles, c’était un service commémoratif pour un colonel », se souvient le colonel Eric Charron, commandant de la 17e escadre de Winnipeg, en repensant à son premier déploiement en 2010.

« Depuis ce temps-là, le jour du Souvenir, pour moi, ça me rappelle les gens qui ont péri en Afghanistan », explique-t-il.

Le colonel Charron mentionne au jeune cadet que le souvenir, c’est aussi celui de « ceux qui ont fait le sacrifice ultime, la perte de vie, pour pouvoir aider des gens qui en avaient besoin, qui n’étaient pas capables de se défendre eux-mêmes ».

L'importance du devoir de mémoire

Le colonel Charron n'est pas le seul à rappeler l'importance de cette journée.

C'est également le cas de Justin Harper, un adjudant dans les forces aériennes qui a choisi de faire carrière dans l’armée canadienne.

« J’ai été élevé par mes grands-parents. Mon grand-père a été militaire pendant la Seconde Guerre mondiale et son père l’avait été lors de la Première. Le jour du Souvenir, c’est probablement le jour le plus important dans ma vie », affirme-t-il.

Justin travaille comme technicien sur des hélicoptères et a été déployé deux fois à l’étranger, en 2006 dans le golfe persique et en 2011 en Libye. « [Le sacrifice des soldats], ce n’est pas seulement dans l’histoire, cela se passe maintenant aussi », rappelle-t-il.

L’éloignement familial

La perte de vie n’est toutefois pas le seul sacrifice qu’infligent les conflits.

Lors de son déploiement en 2010, le colonel Charron est revenu deux semaines auprès de sa famille. Il se souvient du moment où le taxi est arrivé devant la porte de leur maison avant son départ en mission. « Mon petit gars Philippe, qui avait huit ans, m’a regardé dans les yeux. Il m’a dit : “papa, est-ce que tu dois vraiment y aller?” ».

« J’avais l’impression que j’abandonnais un peu ma famille, que je ne faisais pas mon devoir de père », avoue Eric Charron.

Les séquelles au retour au pays

Eric Charron relate une remarque faite par son épouse à son retour au Canada, qui trouvait qu’il prenait ses virages particulièrement larges sur la route, parfois au point de se retrouver sur la bande en sens inverse.

« C’était resté au niveau de mon esprit que dans un véhicule stationné… Il pourrait y avoir une bombe », explique Éric Charron au jeune Adam Cissoko.

Pour Justin Harper non plus, le retour au pays n’a pas été facile. Il explique qu’il faut jusqu’à six mois pour se réadapter pleinement.

« Mon premier déploiement dans le golfe persique m’a permis de me rendre compte qu’il y avait d’autres façons de vivre très différentes de la mienne, raconte-t-il. En rentrant, j’ai appris à mieux apprécier ce que j’avais ici au Canada, le type de gouvernement que nous avons, les choses disponibles dans notre pays et les libertés que nous avons en général. »

Il ajoute qu’il est important d’avoir de la famille et des amis à qui parler. Plus encore, il estime qu’il est important de parler avec des personnes qui ont connu le même type d’expérience. C’est pourquoi il essaie d’être toujours disponible pour échanger avec des anciens combattants.

Manitoba

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