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Des femmes font leur place dans l'industrie de la « sex tech »

Stephanie Alys tient un vibrateur dans chaque main.
Stephanie Alys, cofondatrice de MysteryVibe, présente deux vibrateurs conçus par l'entreprise : le Tenuto et le Crescendo. Photo: AFP/Getty Images / PATRICIA DE MELO MOREIRA
Agence France-Presse

Des femmes qui ont fondé des jeunes pousses veulent changer les choses dans l'industrie naissante de la « sex tech » en fabriquant des vibrateurs connectés et autres jouets sexuels technologiques qu'elles ont conçus elles-mêmes.

Les jouets sexuels conçus par les hommes se basent sur l'idée, souvent erronée, qu'ils se font de ce que les femmes attendent, selon Stephanie Alys, cofondatrice de MysteryVibe, qui fabrique, entre autres, le vibrateur baptisé Crescendo.

« C'est pour ça qu'il y a beaucoup de femmes qui créent des produits qu'elles voudraient pour elles-mêmes », a-t-elle déclaré à l'AFP lors du Web Summit, rendez-vous annuel de l'économie numérique qui a rassemblé des milliers d'entrepreneurs et d'investisseurs la semaine dernière à Lisbonne, au Portugal.

Des jouets sexuels connectés

Contrairement à la plupart des vibrateurs qui imitent la forme du pénis, le Crescendo est flexible pour mieux s'ajuster au vagin et peut vibrer en différents endroits sur sa longueur. Il peut être connecté à une application permettant de moduler le rythme des vibrations, laquelle a été téléchargée 500 000 fois.

L'entreprise londonienne MysteryVibe a fait beaucoup parler d'elle en présentant son premier appareil pénien, le Tenuto, que l'utilisateur peut contrôler grâce à une application mobile. Recouvert d'un matériau velouté, l'objet sexuel est malléable afin de pouvoir s'enrouler à la base du pénis et autour des testicules. Il possède six moteurs vibrateurs, dont un, placé à la pointe du pénis, qui permet à celui qui le porte de stimuler sa partenaire en même temps.

Allier technologie et plaisir

Le nombre de ces jeunes pousses lancées par des femmes est difficile à évaluer. Toutefois, Stephanie Alys, une ancienne consultante en politique, anime un collectif de la « sex tech » en ligne qui rassemble une cinquantaine de femmes à Londres.

Dame Products, une entreprise fondée à New York par deux femmes, a sorti le petit Fin, qui tient entre deux doigts, et l'Eva, qui tient tout seul grâce à « des ailerons placés sous les grandes lèvres ».

Les femmes adorent savoir que ces jouets sont conçus par d'autres femmes, a assuré à l'AFP Alexandra Fine, cofondatrice de Dame Products, après avoir participé à une table ronde exclusivement féminine au Web Summit. « C'est comme si le fait qu'ils sont produits par des femmes les mettait plus à l'aise avec l'idée de s'en servir », explique-t-elle.

La valeur du marché mondial des jouets sexuels pourrait atteindre les 29 milliards de dollars en 2020, selon les estimations du portail d'études de marché Statista.

Google et Facebook, les prudes

Selon Alexandra Fine, un marketing intelligent est souvent la clé du succès pour les jeunes pousses de la « sex tech » puisque les plateformes numériques les plus populaires, comme Google et Facebook, n'acceptent pas de publicités pour leurs produits.

Alexandra Fine s'exprime sur scène.Alexandra Fine, la cofondatrice de Dame Products, s'est exprimée lors du Web Summit, organisé à Lisbonne. Photo : web summit via getty images / Handout

Les femmes chefs d'entreprise de la « sex tech » ne se limitent pas à créer des jouets sexuels différents, elles ont aussi une approche commerciale qui les distingue des entreprises dirigées par des hommes. « Mettre des photos de femmes sexy sur la boîte ne me fait pas sentir sexy, ça me gêne », poursuit la diplômée en psychologie clinique.

Son entreprise préfère positionner ses produits dans la catégorie santé et bien-être afin qu'ils prennent place « sur la même étagère qu'une bougie ou une brosse à dents ».

« Les femmes ont souvent peur de nuire à leur réputation » avant de se lancer professionnellement dans une filière liée au sexe, selon Polly Rodriguez, qui a fondé à New York l'association Women of Sex Tech qui représente environ 70 femmes fabricantes de jouets sexuels.

Pourtant, elle se dit « continuellement surprise » par la réaction positive des gens quand elle leur explique qu'elle est cofondatrice et présidente de Unbound Babes, qui vend en ligne quelque 75 accessoires produits sexuels. « Je suis vraiment emballée de fabriquer des produits qui sont beaux, abordables et qui, d'une certaine façon j'espère, s'attaquent au patriarcat », précise-t-elle.

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