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Mobilisation citoyenne sans précédent pour l'environnement à travers le Québec

Le reportage de Michel Marsolais
Radio-Canada

Des manifestations citoyennes ont eu lieu cet après-midi dans plusieurs villes du Québec, dont Montréal, pour demander au gouvernement caquiste de faire de l'environnement une priorité.

Cette mobilisation était une initiative du collectif La planète s'invite au Parlement, qui milite pour les questions environnementales.

« Le message, c’est d’abord de reconnaître l’urgence climatique », a souligné François Geoffroy, un des porte-parole du collectif. « Le secrétaire général de l’ONU nous l’a dit : “On a moins de deux ans pour agir”. »

À Montréal, les organisateurs estiment que 50 000 personnes se sont rassemblées pour la marche, qui a commencé à 14 h à la Place des festivals et qui s'est terminée vers 16 h 45 au pavillon Mordecai Richler, au pied du mont Royal.

Une infographie présentant l'itinéraire de la marche pour le climat à MontréalL'itinéraire de la marche de samedi Photo : Radio-Canada

Des politiciens de divers horizons étaient présents pour l'occasion, dont les ministres caquistes MarieChantal Chassé, Chantal Rouleau et Christian Dubé.

Les députés Pierre Arcand et Dominique Anglade, du Parti libéral du Québec, Ruba Ghazal et Gabriel Nadeau-Dubois, de Québec solidaire, ainsi que Catherine Fournier, du Parti québécois, ont notamment été aperçus.

La mairesse de Montréal, Valérie Plante, était également du nombre des marcheurs.

Le milieu artistique était lui aussi bien représenté, entre autres, par Emmanuel Bilodeau, Richard Séguin et Christian Bégin.

Il faut qu'on pense aux générations futures. Le gouvernement doit immédiatement prendre des mesures draconiennes pour que les choses changent.

Emmanuel Bilodeau

Un message au gouvernement caquiste

Vers 15 h, en guise de symbole et malgré le froid, les marcheurs se sont étendus sur le sol et sont restés immobiles pendant plusieurs minutes pour simuler la mort.

« La vie périt, elle est dans un état de dégradation, et ça m'inquiète beaucoup », a confié une manifestante.

Un manifestant est couché sur le dos sur l'asphalte afin de simuler la mort pendant une marche pour le climat.Des manifestants sont restés immobiles au sol pendant quelques minutes Photo : Radio-Canada

Croisé pendant l'événement, Yves-Marie Abraham, professeur agrégé au département de management de HEC Montréal, a déclaré vouloir signifier son « inquiétude face à la catastrophe qui est en cours » et son « ras-le-bol » devant le fait que « rien ne se passe au niveau environnemental ».

Fondamentalement, comme le disait le ministre démissionnaire français Nicolas Hulot, dans le système actuel, ça ne peut pas fonctionner. Il faut transformer le système.

Yves-Marie Abraham, professeur agrégé au département de management de HEC Montréal

M. Abraham a tout de même laissé paraître une pointe d’optimisme. « Il fait froid, je suis gelé, mais au fond du cœur, je garde espoir. »

La ministre Chassé était sur place

La ministre québécoise de l'Environnement, MarieChantal Chassé, était sur place. Elle a profité de l'occasion pour rappeler qu'elle était en poste depuis 23 jours seulement et qu'elle en était encore à analyser les meilleures approches pour « réduire les gaz à effet de serre ».

Elle n'a toutefois pas voulu donner de date précise pour d'éventuelles annonces gouvernementales. « Il faut que ça bouge, ça s'en vient », s'est-elle contentée de dire.

« L'implication de cette façon-là, c'est l'antidote au désespoir, a déclaré Richard Séguin. Je continue à y croire. On peut renverser ça et on peut devenir un modèle. »

La marche a commencé à la Place des festivals pour ensuite emprunter l'avenue du Parc et se terminer au gazebo Mordecai Richler, au pied du mont Royal.  La marche a commencé à la Place des festivals pour ensuite emprunter l'avenue du Parc et se terminer au pavillon Mordecai Richler, au pied du mont Royal. Photo : Radio-Canada / Nancy Caouette

À l'heure du dîner, les manifestants étaient invités à fabriquer leurs propres pancartes à la Maison du développement durable, située à proximité du lieu de rassemblement.

« L'idée, c'est d'avoir une activité collective avant la marche pour se préparer à ce grand moment ensemble », a expliqué Krystel Papineau, directrice des communications et de la programmation à la Maison du développement durable.

Des marches ont aussi eu lieu à Québec, à Sherbrooke, à Trois-Rivières, à Rimouski et dans d'autres municipalités du Québec.

Le gouvernement doit « prendre le relais »

La Coalition avenir Québec (CAQ) a été critiquée pendant la campagne électorale pour ses politiques peu ambitieuses en matière d’environnement. François Geoffroy se réjouit toutefois d’un changement de ton de la part du premier ministre François Legault, mais prévient qu’il faut aller plus loin.

« On semble assister à une petite ouverture de la part du gouvernement depuis quelques semaines, mais rien à la hauteur de la crise actuelle, estime-t-il. On parle du troisième lien, de l’ouverture à l’exploitation pétrolière et gazière… »

[L’environnement] est au cœur des préoccupations de citoyens, certainement, mais pas au cœur des préoccupations des politiciens.

François Geoffroy, porte-parole du collectif La planète s'invite au Parlement

Karel Mayrand, directeur Québec et Atlantique de la Fondation David Suzuki, croit que des actions comme celles de samedi forcent les dirigeants à tendre l’oreille. « Ce sont des gestes qui permettent aux gens de se rassembler et de sentir qu’ils ont un pouvoir commun », ajoute-t-il.

Selon François Geoffroy, les citoyens « font ce qu’ils peuvent » depuis des années, et le temps est venu pour les différents ordres de gouvernement de piloter des « initiatives collectives ».

Pacte pour la transition : près de 150 000 signatures

Cette mobilisation citoyenne survient trois jours après le lancement du Pacte pour la transition, une initiative qui invite les Québécois à rejoindre les rangs du mouvement, en s’engageant à poser des gestes concrets pour contrer les changements climatiques.

Le Pacte pour la transition avait recueilli près de 150 000 signatures samedi midi. L'objectif est d'en récolter un million.

Vendredi, l'un des porte-parole, le metteur en scène Dominic Champagne, a rencontré le premier ministre François Legault dans ses bureaux à Québec.

« On a convenu de mettre la science au cœur des décisions politiques », a affirmé M. Champagne à l'antenne d'ICI RDI à la suite de la rencontre.

Le premier ministre Legault n'a pas pris d'engagement officiel, mais il devrait préciser la position de son gouvernement le 27 novembre à la rentrée parlementaire.

« Le fait que le premier ministre ait reçu Dominic Champagne fait qu’il a maintenant un engagement moral de livrer quelque chose », analyse Karel Mayrand.

Yves-Marie Abraham a toutefois tenu à rappeler aux signataires du pacte qu' « il existe, parmi nos concitoyens, des gens pour qui ces gestes sont inaccessibles, alors leur demander ça comme engagement, ça n'a pas de sens ».

Avec les informations de Michel Marsolais et de Kim Vermette

Avec les informations de La Presse canadienne

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