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Macron et Trump jouent la carte de l'amitié après la colère

Le reportage de notre correspondant Jean-François Bélanger

Emmanuel Macron et Donald Trump ont adopté un ton conciliant et mis de l'avant leurs liens d'amitié lors d'un entretien en tête-à-tête à l'Élysée samedi, au lendemain d'un tweet du président américain sur les propos « insultants » de son homologue français concernant la création d'une armée européenne.

Donald Trump est à Paris pour deux jours à l'occasion des célébrations du centenaire de la fin de la Première Guerre mondiale.

M. Macron a profité d'un tête-à-tête à l'Élysée pour tenter d'apaiser la polémique au sujet de la défense européenne.

« Je vais évidemment partager avec le président Trump les propositions faites sur les capacités stratégiques européennes et une Europe qui puisse prendre davantage sa part du fardeau commun au sein de l’OTAN », a-t-il lancé dès le début de l'entretien, soulignant les liens d'amitié qui unissent la France et les États-Unis.

« J'apprécie énormément ce que vous avez dit concernant le partage du financement de la défense », a de son côté déclaré M. Trump. « Nous souhaitons que l'Europe soit forte, nous devons travailler de manière efficace afin de renforcer l'Europe, c'est ce que nous souhaitons tous. »

Il a lui aussi salué la relation « amicale » nouée avec son homologue.

Nous avons beaucoup de choses en commun à de nombreux égards. Peut-être que certaines personnes pensent le contraire, mais non, nous partageons beaucoup de choses.

Donald Trump, président des États-Unis

La veille, Donald Trump avait adopté un ton nettement moins conciliant. Sitôt atterri à Paris, il avait fustigé les propos d'Emmanuel Macron sur la création d'une armée européenne.

« Très insultant, mais peut-être l'Europe devrait-elle payer sa part du budget de l'OTAN, que les États-Unis assument largement », avait-il écrit.

Dans une entrevue à Europe 1 cette semaine, Emmanuel Macron avait prôné la création d'une « vraie armée européenne » pour que l'Union ne dépende pas seulement des États-Unis face à une Russie « menaçante ».

À l'issue de l'entretien de samedi, une source à l'Élysée a fait état d'un échange « très constructif, très cordial » entre les deux dirigeants, et a mis le tweet de Donald Trump sur le compte d'une « incompréhension » et de « réactions exagérées dans la presse américaine ».

Pendant leur échange, les deux hommes se sont également entendus sur le fait que l'Arabie saoudite devait fournir des « éclaircissements complets » sur l'assassinat du journaliste saoudien Jamal Khashoggi, le mois dernier, selon une source à l'Élysée.

Trump et Macron sont assis côte à côte, Trump regarde par terre.Les deux dirigeants ont tenté de désamorcer la polémique au sujet de la défense européenne. Photo : Reuters / Carlos Barria

Visite annulée

Après leur entretien bilatéral, les deux dirigeants ont été rejoints par leurs épouses respectives pour un dîner à l'Élysée.

Le président américain a toutefois annulé sa visite prévue samedi après-midi au cimetière américain du Bois Belleau, dans l'Aisne, en raison du mauvais temps qui rend impossible l'atterrissage de son hélicoptère.

M. Trump n'avait donc rien d'autre à l'agenda avant le souper au musée d'Orsay, en présence d'une soixantaine de chefs d'État et de gouvernement ainsi que de leurs conjoints.

Par ailleurs, il n'assistera pas dimanche au grand forum international sur la gouvernance mondiale organisé par le président français. Il se rendra plutôt au cimetière américain de Suresnes, près de Paris, avant de retourner à Washington.

Macron rencontre Merkel

M. Macron a retrouvé samedi après-midi la chancelière allemande, Angela Merkel, près de Compiègne, au nord de Paris, pour une cérémonie très symbolique dans le wagon où a été signé le 11 novembre 1918 l'armistice scellant la fin de la Première Guerre mondiale, qui a fait 18 millions de morts.

Les deux dirigeants ont ensuite dévoilé une nouvelle plaque au pied du monument la Dalle sacrée, au milieu de la clairière, sur laquelle on peut lire : « Ici le 11 novembre 1918 succomba le criminel orgueil de l'empire allemand vaincu par les peuples libres qu'il prétendait asservir ».

Le palais de l'Élysée souligne que « c'est la première fois depuis 1945 » que le président français et le chef du gouvernement allemand se rencontrent dans la clairière de l'Armistice.

Avec des informations de Jean-François Bélanger

Avec les informations de Agence France-Presse, et Reuters

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