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Un futur poste d'Hydro-Québec jugé conforme dans Pointe-Saint-Charles

Une vue aérienne de Pointe-Saint-Charles.
Le poste des Irlandais que souhaite construire Hydro-Québec serait situé à la sortie du pont Victoria. Photo: Hydro-Québec

Le projet de construction du « poste des Irlandais » a franchi une étape importante, cette semaine, en recevant un avis de conformité de la Ville de Montréal. Ce sera maintenant au tour de l'arrondissement du Sud-Ouest de se prononcer sur ce futur poste de transformation électrique qu'Hydro-Québec souhaite construire à la sortie du pont Victoria, dans le secteur de Pointe-Saint-Charles.

Un texte de Jérôme Labbé

Le comité exécutif a étudié le projet en fonction du Schéma d'aménagement et de développement de l'agglomération de Montréal, à la demande du ministère québécois de l'Énergie et des Ressources naturelles.

S'il « ne s'agit pas d'une autorisation » en bonne et due forme, prévient-il dans le sommaire décisionnel rendu public vendredi, le comité n'a pu que constater que le projet était conforme aux objectifs du Schéma.

C'est donc un pas de plus de franchi pour Hydro-Québec, qui anticipe une demande accrue d'électricité dans ce secteur au cours des prochaines années, notamment en raison du développement de Griffintown, de la zone portuaire au sud du canal de Lachine et de la Cité-du-Havre. De même, l'implantation du Réseau express métropolitain (REM), qui circulera entre le pont Champlain et la gare Centrale, pourrait faire en sorte que le réseau actuel atteigne sa capacité maximale, ce que la société d'État souhaite éviter.

Baptisé « poste des Irlandais », le poste électrique que souhaite construire Hydro-Québec serait situé entre la rue Bridge et le chemin des Moulins, le long de la rue des Irlandais, sur un lot acquis auprès de Loto-Québec, où l'on retrouve actuellement un stationnement d'appoint pour le Casino de Montréal ainsi qu'un établissement du cimentier Lafarge. Il serait alimenté par une courte ligne en provenance du poste Viger, situé à proximité.

Hydro-Québec pense pouvoir obtenir d'ici la fin de l'année toutes les autorisations gouvernementales nécessaires afin que la construction du poste, évaluée à 110 millions de dollars, puisse débuter comme prévu à l'été 2020 en vue d'une mise en service au printemps 2023.

Un carte du secteur.Le périmètre retenu par Hydro-Québec, qui a mené des consultations publiques sur le sujet. Photo : Hydro-Québec

Le comité exécutif, lui, n'a plus à se prononcer sur le projet à partir de maintenant. Mais dans sa décision rendue cette semaine, il émet quelques bémols.

« Mis à part la rangée d'arbres prévue qui ceinturera le futur poste, aucune indication ne permet de connaître la solution retenue par Hydro-Québec pour réduire les impacts visuels de l'ensemble du projet, entre autres les installations projetées extérieures de grande hauteur (appareillages métalliques et autres dispositifs), dont certaines seront très visibles à partir des rues Bridge et des Irlandais », peut-on lire dans le document. « De même, aucune information sur la qualité architecturale des bâtiments n'est donnée. »

De plus, le comité souligne que « les deux tiers de l'emplacement du poste retenu se trouvent à l'intérieur d'un secteur d'intérêt archéologique ». Il rappelle toutefois que « dans un communiqué de presse publié le 26 mai 2017, Hydro-Québec s'est engagée à réaliser des fouilles archéologiques sur ce site historique encore peu documenté et à en partager le résultat avec la communauté irlandaise ».

Un comité de travail, formé de représentants de la société d'État, de la Ville de Montréal et de la communauté irlandaise, a d'ailleurs été créé afin d'aménager un lieu de commémoration à la mémoire des 6000 Irlandais morts du typhus en 1847-1848. Ce lieu, réclamé depuis plusieurs années par la communauté, devrait être aménagé près de la Roche noire (Black Rock, en anglais), une pierre tombale figurative érigée sur la rue Bridge en 1859, où se termine chaque année l'événement Walk to the Stone, une marche de quelque 300 personnes organisée par l'église Saint-Gabriel.

La fameuse roche a été tirée du fleuve par les ouvriers qui ont travaillé à la construction du pont Victoria dans les années 1850. Ils y ont gravé le message suivant : « Pour préserver de la profanation les restes de 6000 immigrants qui sont morts de la fièvre des navires [nom par lequel on désignait le typhus] ».

Elle a été déplacée à plusieurs reprises depuis sa mise en place. Une route à haut débit a même été construite autour du monument dans les années 1960.

Des hommes brandissent, près de la Roche noire, des drapeaux canadien, québécois, montréalais et irlandais.La Roche noire se trouve entre deux voies de la route 112, à un jet de pierre du pont Victoria. Photo : Radio-Canada / Marie-Laure Josselin

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