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« Le nord est oublié » au sein du nouveau gouvernement du Nouveau-Brunswick, selon la SANB

Le conseil des ministres du gouvernement de Blaine Higgs.
Le conseil des ministres du gouvernement de Blaine Higgs. Photo: La Presse canadienne / James West
Radio-Canada

Le cabinet progressiste-conservateur de Blaine Higgs ne représente ni le nord de la province ni la minorité linguistique, déplorent des représentants de la société civile acadienne.

Un texte de Camille Martel

Aucun ministre n’a été nommé responsable de l’immigration ou du développement économique du nord de la province. Le premier ministre explique cependant que ces responsabilités découlent de la Société de développement régional.

Il va falloir qu’il y a ait un ajustement en route, déplore tout de même Robert Melanson, président de la Société de l'Acadie du Nouveau-Brunswick (SANB).

Selon lui, l’immigration francophone pour les communautés du nord de la province est un élément essentiel au développement économique de la région la plus pauvre du Nouveau-Brunswick : On veut garder notre chiffre magique de 32 % [de francophones].

Le président de la Société de l'Acadie du Nouveau-Brunswick, Robert MelansonLe président de la Société de l'Acadie du Nouveau-Brunswick, Robert Melanson Photo : Radio-Canada

Le fait qu’aucun ministre n’y soit rattaché pose problème précise-t-il, car cela signifie qu’il pourrait y avoir encore moins de volonté politique de ce côté.

Ça fait plusieurs fois qu’on le répète, un petit 25 millions tous les deux ans c’est rient du tout. Le nouveau pont Champlain à Montréal a coûté quatre milliards de dollars et ça, c’est seulement pour un pont! Je crois qu’on peut bien trouver un deux milliards de dollars pour changer le visage économique du Nouveau-Brunswick, martèle Robert Melanson.

Un ministre pour représenter le tiers des Néo-Brunswickois

Je crois qu’il a compris le message de la population, dit Robert Melanson en faisant référence à la nomination de Robert Gauvin.

Selon M. Melanson, Blaine Higgs a démontré qu’il avait comme mandat de réunifier les deux solitudes du Nouveau-Brunswick en procédant à cette nomination et en prononçant son discours dans les deux langues officielles.

M. Gauvin se retrouve donc avec plusieurs responsabilités : vice-premier ministre, ministre du Tourisme, Patrimoine et Culture et ministre responsable de la Francophonie.

Il est le seul élu francophone et le seul à représenter une région du nord de la province. Je ne pense pas qu’on a eu une représentation si centralisée dans l’histoire récente du Nouveau-Brunswick, indique pour sa part Frédérick Dion, directeur général de l’Association des municipalités francophones du Nouveau-Brunswick (AMFNB).

Frédérick Dion, directeur général de l'AMFNB. Frédérick Dion, directeur général de l'AMFNB. Photo : Radio-Canada

Ce n’est pas un cabinet qui représente la minorité linguistique et pas non plus la minorité dans son ensemble.

Frédérick Dion, directeur général de l’Association des municipalités francophones du Nouveau-Brunswick (AMFNB

Robert Gauvin a une pression énorme sur les épaules, on va essayer de l’appuyer, mais de le sensibiliser aussi à nos enjeux, ajoute M. Dion.

Il va avoir beaucoup de pain sur la planche. J’ai l’impression que tout ce qu’il y a de francophone va aboutir sur son bureau, renchérit de son côté Robert Melanson, en précisant toutefois qu’il lui fait confiance.

La SANB a Dominic Cardy dans son radar

La nomination de Dominic Cardy à titre de ministre de l’Éducation et du Développement de la petite enfance déplaît à la SANB.

Robert Melanson explique que M. Cardy a été l’architecte du gouvernement néo-démocrate de Darrell Dexter et que c’est lui qui a fait disparaître les deux circonscriptions acadiennes de la Nouvelle-Écosse.

C’est aussi M. Cardy qui avait lancé l'idée des autobus bilingues il y a quelques années, c'est-à-dire que les élèves anglophones et francophones sont desservis par les mêmes autobus scolaires.

Son passé mérite d’être surveillé de près.

Robert Melanson, président de la Société de l’Acadie du Nouveau-Brunswick (SANB)

Revoir ses méthodes de communication

On va devoir bâtir des ponts avec les gens en place, avise Frédérick Dion. Selon ses dires, les relations avec l’ancien gouvernement étaient faciles, car plusieurs élus provenaient des communautés du nord de la province.

Il va falloir ouvrir les canaux de communications et déployer une nouvelle stratégie, ajoute-t-il.

D’ailleurs, l’AMFNB compte s’entretenir dans les plus brefs délais avec le nouveau ministre de l’Environnement et des Gouvernements locaux, Jeff Carr.

Le conseil des ministres du gouvernement de Blaine Higgs.Le conseil des ministres du gouvernement de Blaine Higgs. Photo : La Presse canadienne / James West

Frédérick Dion dit que son organisation va aussi miser sur les fonctionnaires pour faire avancer certains dossiers : Ils jouent un rôle stratégique. Ils ont la main mise sur des leviers importants de la province.

M. Dion demeure quand même sur ses gardes et ne cache pas qu’il y quand même une source d’inquiétude.

Il y a un défi important de la part de ce gouvernement-là de bâtir des ponts avec la communauté acadienne, mais aussi les autres minorités parce qu’ils vont devoir gouverner pour l’ensemble des Néo-Brunswickois, conclut-il.

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