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De l'information publique... pas si publique que ça

Portion d'un document provenant d'une demande d'accès à l'information.
Portion d'un document provenant d'une demande d'accès à l'information. Photo: Radio-Canada / Angie Landry

Des organisations déplorent le manque de transparence des deux paliers de gouvernement. C'est que, depuis quelques années, de nombreuses données qui étaient auparavant facilement accessibles sont maintenant difficiles à obtenir, parfois même impossibles.

Un texte de Jean-Marc Belzile

En Abitibi-Témiscamingue, cette situation complique grandement le travail des agents de recherche qui tentent de dresser un portrait détaillé de la région.

À long terme, si la situation persiste, des données concernant la région pourraient ne jamais être connues.

Du jamais vu

L'Observatoire de l'Abitibi-Témiscamingue a pour mission de permettre une meilleure compréhension de la réalité régionale. Pour faire son travail, l'organisation a d’ailleurs besoin de plusieurs données provenant du gouvernement provincial et du fédéral.

L'agente de recherche, Mariella Collini, assure n'avoir jamais eu autant de difficulté à faire son travail.

C'est préoccupant dans la mesure où, dans la région, on se doit d'avoir des données sur nos réalités parce qu'on a des particularités qui nous sont propres, des enjeux qui nous sont propres.

Mariella Collini, agente de recherche

On est dans l'air de la gouvernance de proximité où plus que jamais, les territoires ont besoin de connaissances pour mieux intervenir, décider, faire des recommandations, revendiquer des éléments clés. C'est là où le bât blesse, selon moi, ajoute Mme Collini.

Des demandes d'accès à l'information sont maintenant nécessaires.

Mariella Collini est désormais contrainte de se prévaloir, parfois, de la Loi sur l'accès à l'information.

Une première en 22 ans de métier, dit-elle.

Cette loi prévoit que les organismes publics sont dans l'obligation de divulguer des documents d'intérêts publics.

C'est certain que pour notre travail au quotidien, ce sont des délais plus longs pour avoir l'information qu'on avait préalablement d'une façon un peu plus rapide.

Mariella Collini

Dans certains secteurs d'activités comme celui de la Santé, il est plus difficile d'obtenir de l'information, selon Mme Collini. Il y a des secteurs où on se doit d'être persévérant pour avoir l'information, quand on parle d'organisation de service, pour la famille, pour la santé par exemple.

On a pas de difficulté à avoir d'information sur l'état de santé de la population, mais quand c'est le temps de regarder l'organisation, la desserte de service sur le territoire, là on doit s'armer de courage pour avoir l'information.

Mariella Collini, agente de recherche

Le nouveau gouvernement de la CAQ pourrait-il améliorer les choses?

Le nouveau ministre responsable de la région, Pierre Dufour, assure être sensible à la problématique.

Un candidat de la CAQ prononce une allocution.Pierre Dufour, député d'Abitibi-Est et ministre régional de l'Abitibi-Témiscamingue Photo : Radio-Canada / Émélie Rivard-Boudreau

Il compte analyser ce qui peut être fait pour améliorer la situation.

Ça, c'est le genre de dossiers comme ministre régional, avec les autres députés élus, qu'on pourrait regarder voir comment on pourrait faire en sorte d'améliorer l'information qui est véhiculée à l'Observatoire parce que sinon on va perdre un outil qui est très utile.

Pierre Dufour, député d'Abitibi-Est

Difficile pour les journalistes aussi

Le président de la Fédération professionnelle des journalistes du Québec (FPJQ), Stéphane Giroux, considère aussi que l'accès à de l'information publique est plus difficile.

Pour des documents qui étaient facilement disponibles avant, on nous demande de passer par l'accès à l'information. Les documents qu'on nous remet sont de plus en plus caviardés.

Stéphane Giroux, président de la FPJQ
Le président de la FPJQ, Stéphane Giroux.Le président de la FPJQ, Stéphane Giroux, croit que la police doit être mieux éduquée sur les pratiques journalistiques. Photo : Radio-Canada

Le sentiment qu'on a, c'est que dans plusieurs ministères à Ottawa, il y a un sentiment d'impunité. Les fonctionnaires mettent des bâtons dans les roues de l'accès et on dirait qu'il n'y a aucune conséquence, ajoute M. Giroux.

Dans certains ministères, on exige que les demandes d'accès passent par le bureau du ministre, ce qui est inacceptable. Le processus devrait être dépolitisé complètement.

Stéphane Giroux considère que les deux paliers de gouvernement ont un devoir de transparence envers les électeurs.

On n’est pas capable de savoir comment les gouvernements prennent les décisions, sur quelle base ils les prennent. Ça, c'est injuste envers la population qui paie des taxes, des impôts. Ils ont le droit de recevoir une copie des documents pour lesquels ils ont payé avec leurs taxes. Tout ça empêche des journalistes de faire des enquêtes, ça empêche des journalistes d'exposer des malversations, de voir si le gouvernement a bien fait son travail. L'impact sur la démocratie est très important et très dangereux s'il n'y a pas de changement de cap, conclut le président de la FPJQ.

Abitibi–Témiscamingue

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