•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

La dernière recrue de Valérie Plante avait l’embarras du choix

Vêtue d'un foulard et d'un manteau, Mme Bourgeois sourit. Derrière elle, des arbres et un sentier.

Caroline Bourgeois portera les couleurs de Projet Montréal lors de l'élection complémentaire à la mairie de l'arrondissement de Rivière-des-Prairies–Pointe-aux-Trembles, le 16 décembre.

Photo : Radio-Canada / Jérôme Labbé

Jérôme Labbé

La candidate de Projet Montréal à l'élection partielle dans l'arrondissement de Rivière-des-Prairies–Pointe-aux-Trembles, Caroline Bourgeois, aurait pu porter les couleurs d'Ensemble Montréal le 16 décembre prochain si elle l'avait voulu. Mais l'ancienne chef de cabinet de Chantal Rouleau a opté pour le parti de Valérie Plante plutôt que d'accepter l'offre faite par la formation politique de son ancienne patronne.

Caroline Bourgeois travaillait depuis un an comme chef de cabinet de la mairesse d’arrondissement de Rivière-des-Prairies–Pointe-aux-Trembles lorsque sa patronne, Chantal Rouleau, a annoncé en février 2018 qu’elle serait candidate pour la Coalition avenir Québec dans Pointe-aux-Trembles aux élections du 1er octobre.

Les mois qui ont suivi ont donné lieu à « des échanges » entre Mme Bourgeois et Ensemble Montréal en vue d’une « candidature éventuelle », a laissé savoir le chef par intérim du parti, Lionel Perez, lors d’une entrevue bilan accordée à Radio-Canada au terme de sa première année à la tête de l’opposition officielle, la semaine dernière.

Ces « échanges » n’ont toutefois pas porté leurs fruits. « J’ai quitté l’arrondissement pour une nouvelle opportunité professionnelle », explique la principale intéressée, qui est devenue directrice adjointe des communications à la Commission scolaire de Montréal en août dernier.

Or, deux mois seulement se sont écoulés entre le début de ce nouvel emploi et l’annonce de sa candidature pour Projet Montréal, ce qui laisse Lionel Perez perplexe.

« Ce que je peux vous dire, c’est que la population déteste le magasinage politique, affirme-t-il. Si on peut apprendre quelque chose de l’élection provinciale, notamment avec la candidature de Mme Gertrude Bourdon, c’est que la population n’aime pas les transfuges. »

Les électeurs, selon M. Perez, s’attendent à ce que « les personnes qui ont été impliquées avec une certaine formation […] continuent » avec ladite formation. « Il ne faudrait pas qu’elles choisissent par opportunisme politique. »

Ces propos sont « ridicules », selon Mme Bourgeois, qui dit ne pas se reconnaître dans le leadership de Lionel Perez.

Je veux être claire : je n’ai pas eu l’intention de me présenter avec Ensemble Montréal.

Caroline Bourgeois, candidate de Projet Montréal

Selon Mme Bourgeois, ce n’est qu’après l’élection de Chantal Rouleau, le 1er octobre, que Projet Montréal l’a approchée.

« C’est à ce moment-là que j’ai eu un appel du bureau de la mairesse, et puis que là, j’ai réfléchi, j’ai pris le temps de considérer et j’ai déposé ma candidature pour pouvoir me présenter comme candidate à la mairie de l’arrondissement », relate-t-elle.

« Moi, je travaille pour des individus »

Même si Mme Bourgeois a aussi siégé comme conseillère de ville pour Vision Montréal entre 2009 et 2013 dans le district de La Pointe-aux-Prairies, elle ne se considère pas pour autant comme une ancienne adversaire de Projet Montréal.

« Même au conseil de ville, pour moi, l’adversaire, ce n’était pas Projet Montréal, mais Union Montréal », se souvient-elle, évoquant la formation de l'ex-maire Gérald Tremblay, dont le règne a été marqué par des nombreuses allégations de corruption. « C’est contre l’administration d’Union Montréal que je me suis levée, je ne sais pas combien de fois, pour dénoncer. Et puis, ç’a été une période, de 2009 à 2013, il faut le rappeler, quand même assez sombre pour l’histoire de la Ville de Montréal, et j’ai toujours quand même partagé les combats de Projet Montréal, donc c’est pour ça que, pour moi, c’est une alliance qui était très naturelle. »

Et puis Mme Bourgeois s’identifie beaucoup plus au « style » de Valérie Plante qu’à celui de ses adversaires actuels. Elle cite notamment « son style de gestion » et sa « façon de faire de la politique, qui est proche des gens ».

« Moi, je travaille pour des individus », résume la candidate. « J’ai travaillé pour Mme Rouleau, que je respecte beaucoup […] et mon allégeance a toujours été envers elle […] pas pour Ensemble Montréal, et encore moins pour Lionel Perez. »

Mme Bourgeois affrontera le 16 décembre prochain Manuel Guedes, un ancien conseiller d'arrondissement du district de La Pointe-aux-Prairies, qui a porté les couleurs de l'Équipe Denis Coderre pour Montréal de 2013 à 2017. Sa candidature pour Ensemble Montréal a été annoncée vendredi. Il remplace Theo Vecera, qui s’est désisté pour des raisons de santé.

Une autre partielle le 16 décembre

Un autre scrutin complémentaire doit aussi être tenu le 16 décembre, dans le district de Saint-Michel, dans l'arrondissement de Villeray–Saint-Michel–Parc-Extension, pour pourvoir le siège de conseiller de ville laissé vacant par Frantz Benjamin. Cet ancien président du conseil municipal, qui était lui aussi membre du caucus d’Ensemble Montréal, a réussi le 1er octobre son pari de faire le saut en politique provinciale. Candidat du Parti libéral du Québec dans Viau, il a été élu avec une forte majorité dans sa circonscription. M. Benjamin soutient la candidature de Josué Corvil, qui tentera de lui succéder avec Ensemble Montréal. Projet Montréal misera pour sa part sur Nadine Raymond, directrice principale, innovation et développement des YMCA du Québec, et vice-présidente du Conseil du statut de la femme. Un candidat indépendant, Réginald Pierre, est également sur les rangs.

Grand Montréal

Politique municipale