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En libération conditionnelle, un détenu violent est introuvable

Guillaume Picotte
Guillaume Picotte Photo: Sûreté du Québec
Isabelle Richer

Guillaume Picotte a seulement 20 ans, mais c'est un personnage inquiétant. Condamné pour un complot de meurtre, il a obtenu sa libération conditionnelle malgré plusieurs manquements en détention. En maison de transition, il a contrevenu à ses conditions de libération. Sa libération conditionnelle a été suspendue, mais il a tout de même réussi à convaincre la commission de le retourner en maison de transition. L'ennui, c'est qu'il n'y est pas. Il est en liberté illégale et introuvable.

Guillaume Picotte, alors âgé de 18 ans, n’acceptait pas la rupture avec sa petite amie. Le 17 mars 2016, il se rend chez elle dans l’intention de la tuer et de tuer sa famille. Accompagné d’un complice, Picotte a apporté quatre couteaux, une cagoule, des gants et des vêtements de rechange.

Arrêté après avoir tenté d’entrer par effraction, il a été condamné à 46 mois de prison en septembre 2017. Considérant le temps qu’il a passé en prison avant sa peine, le tribunal conclut qu’il lui reste 19 mois à purger.

Quelques mois plus tard, le 24 avril 2018, Guillaume Picotte s’adresse à la Commission québécoise des libérations conditionnelles (CQLC) pour obtenir son transfert en maison de transition. Malgré un séjour mouvementé en détention, il convainc tout de même les commissaires qu’il mérite de sortir de prison.

Des remords superficiels

Pourtant, il a fait l’objet de plusieurs rapports disciplinaires relativement à la possession de substances interdites. On constate qu’il exprime des remords, mais on les qualifie de superficiels. Et surtout, on retient que Picotte a beaucoup de difficultés à gérer ses émotions et sa colère.

Mais une maison de transition est disposée à le recevoir, alors il est transféré.

Pour l’avocate spécialisée en droit carcéral Me Sylvie Bordelais, cette décision s’explique sûrement du fait que les commissaires préfèrent offrir un encadrement au délinquant plutôt que d’attendre qu’il soit remis en liberté aux deux tiers de sa peine, sans aucune condition à respecter.

C’est peut-être une explication, mais la loi prévoit tout de même que la protection de la société doit primer et que le détenu doit avoir fait la démonstration qu’il a évolué et amorcé des changements significatifs.

Suspension de la libération conditionnelle

L’embellie est de courte durée, puisque quelques mois plus tard, la libération de Picotte est suspendue. Il a contrevenu à ses conditions en contactant la victime du complot de meurtre.

Il ment aux intervenants de la maison de transition en prétendant qu’il a un emploi, alors qu’il en profite plutôt pour fréquenter une nouvelle conjointe.

Le lien de confiance est rompu avec la maison de transition qui l’expulse. Guillaume Picotte est réincarcéré, mais il demande encore une fois à la CQLC de lui accorder une libération conditionnelle.

Une nouvelle chance

Même son agent de probation n’est pas d’accord et recommande qu’on révoque son privilège.

Étonnamment, les deux commissaires jugent qu’il a fait une prise de conscience et décident de lui offrir une nouvelle chance, insistant beaucoup sur le jeune âge du détenu, qui a maintenant 20 ans.

Le 26 septembre 2018, la CQLC lui accorde à nouveau une libération conditionnelle en imposant de nouvelles conditions.

Depuis le 19 octobre, Guillaume Picotte est en liberté illégale.

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