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La Légion fait du recrutement sa priorité

Une table de billard vide trône au milieu de la salle communautaire de la Légion à Nipissing Ouest.
Le billard et les fléchettes n'ont pas la cote auprès des jeunes qui boudent la Légion. Photo: Radio-Canada / Mathieu Grégoire

Des membres de l'administration nationale de la Légion royale canadienne se rencontrent à la fin du mois pour échanger sur des façons de mettre en oeuvre l'objectif prioritaire au coeur du nouveau plan stratégique, le recrutement.

Un texte de Mathieu Grégoire

Pour des milliers de membres de la Légion, les commémorations entourant le jour du Souvenir sont l'occasion de faire rayonner leur organisation caritative à travers le pays.

Mais le regroupement est conscient qu'il en faudra beaucoup plus pour réussir à attirer de nouveaux membres.

Un constat qui arrive alors que, depuis des années, la Légion perd de 5000 à 15 000 membres annuellement.

Aujourd’hui, l’organisation en compte 270 000. La baisse d’achalandage touche plusieurs filiales locales à travers le pays, dont certaines ont même choisi de fermer leurs portes.

Denise Driver poste son uniforme de la Légion. Denise Driver est la présidente de la filiale 225 de la Légion royale canadienne. Photo : Radio-Canada / Mathieu Grégoire

La situation désole la présidente locale de la Légion à Nipissing Ouest. Denise Driver et une poignée de bénévoles sont à court de moyens et d’idées pour attirer de nouveaux membres. Un défi d’autant plus grand auprès des jeunes.

Je pense qu’ils ont dans l’idée que la Légion c’est une place où les gens vont boire et compter des histoires, mais ce n’est pas de même maintenant.

Denise Driver, présidente de la filiale 225 de la Légion

Si les tournois de billards, de fléchettes et de cartes de la Légion ont encore la cote auprès de certains vétérans, ils sont loin d’attirer de jeunes joueurs.

Au terme d’une consultation locale il y a environ 3 ans, la Légion de Nipissing Ouest avait fait l’acquisition d’une télévision géante et de jeux vidéo. Mais selon Denise Driver, personne ne s’en est servi depuis.

La filiale avait aussi commencé à offrir des cours de danse et d’arts martiaux destinés à un plus jeune public.

Il y a des gens qui sont venus, mais ça a diminué jusqu’au point où ça n’avait plus de sens d’avoir les cours.

Denise Driver, présidente de la filiale 225 de la Légion

Denise Driver estime que les administrations provinciale et nationale de la Légion ont un rôle à jouer pour aider les filiales comme la sienne à innover pour rendre le regroupement plus attirant chez les jeunes.

Elle espère ainsi un retour d’ascenseur alors que sa filiale doit remettre 70% des revenus de cotisations de ses membres aux administrations supérieures.

Des 50 dollars de cotisation annuelle, 23,87 $ vont à l'administration nationale, 11 $ vont à l'administration provinciale et la filiale conserve 15,23 $. La filiale 225 de la Légion doit remettre une partie des revenus de cotisations annuelles de ses membres aux administrations provinciale et nationale. Photo : Radio-Canada / Vincent Wallon

Le président national de la Légion soutient que son administration met à la disposition des filiales locales des outils pour stimuler le recrutement. Thomas D. Irvine évoque en exemple un guide d’hospitalité qui donne des conseils quant à la manière d’accueillir les visiteurs pour faire bonne impression.

L’important, selon lui, est que les filiales adaptent leur approche en fonction de leur communauté; qu’elle compte de nombreux vétérans ou non.

Il faut qu’elles soient originales et pensent à organiser des barbecues communautaires ou des excursions d’un jour en famille, par exemple. Et on doit se rappeler que ça doit être un effort collectif pour attirer de jeunes membres.

Thomas D. Irvine, président national de la Légion royale canadienne

La Légion suggère par ailleurs à ses filiales d’offrir une adhésion gratuite d’un an aux militaires et membres des forces policières de leur région.

Besoin d’un renouveau

Kevin LaBelle est membre des Forces armées canadiennes depuis 14 ans. Il a animé jeudi à Nipissing Ouest une cérémonie de commémoration en lien avec le jour du Souvenir.

Une façon pour lui d’aider la Légion même s’il n’en fait pas partie.

Dans son uniforme militaire bleu, Kevin LaBelle est debout sur une petite scène devant les élèves. Le caporal-chef de l'Aviation royale canadienne Kevin LaBelle s'adresse à un groupe d'élèves de Nipissing Ouest lors d'un rassemblement en lien avec le jour du Souvenir. Photo : Radio-Canada / Mathieu Grégoire

Le militaire de 35 ans reconnaît la contribution positive de la Légion dans la communauté, mais croit que le regroupement « a besoin d’un facelift ».

J’ai beaucoup de respect et tout le monde à qui je parle ont beaucoup de respect [pour la Légion], mais il manque quelque chose pour que les membres [des Forces] en ce moment veulent s’y associer.

Kevin LaBelle, membre des Forces armées canadiennes

Le président national, Thomas D. Irvine, est persuadé que son équipe trouvera la recette gagnante pour plaire à ceux qui pensent comme Kevin LaBelle. M. Irvine fait le pari que d’ici 4 ans, le nombre de membres de la Légion sera en hausse.

Nord de l'Ontario

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