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Le 4 novembre 1966, le palais des Doges est inondé.

La ville de Venise est menacée de plus en plus souvent par les hautes marées.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

La cité de Venise a subi le 13 novembre 2019 une autre acqua alta, une marée haute aux conséquences dévastatrices. Nous avons signalé par plusieurs reportages à Radio-Canada la menace que court cette ville sans pareille et les efforts pour la sauver.

Un des grands drames du patrimoine mondial, c’est ce qui est en train d’arriver à Venise. Toutes les semaines, ou presque, cette ville aux richesses architecturales et artistiques incalculables est inondée par la mer. Ses places publiques si romantiques, ses musées, ses églises sont victimes d’un véritable déluge.

Charles Tisseyre

Enfoncement, montée des eaux... En 100 ans, la ville a perdu 23 centimètres par rapport au niveau de la mer.

Maxence Bilodeau

La ville attaquée par l'eau

C’est un phénomène que craignent les Vénitiens, l’acqua alta, ou marée haute.

Construite littéralement sur l’eau, la ville a connu une série d’inondations au cours des siècles qu’elle a toujours su vaincre.

Mais depuis quelques décennies, les hautes marées sont de plus en plus fréquentes et menacent la survie même de la cité des Doges.

Téléjournal, 2 mars 2010

C’est ce que rappelle le reportage présenté par notre envoyé spécial Maxence Bilodeau au Téléjournal du 2 mars 2010 qu’anime Céline Galipeau.

Le reportage de Maxence Bilodeau nous montre des images particulièrement frappantes de la grande inondation de novembre 1966. Venise est envahie par une marée mesurant 1,93 m.

L'eau recouvre tout pendant quatre jours. On craint la destruction de la ville.

Pour se protéger, les Vénitiens misent sur la technologie.

Moïse à la rescousse

Depuis 2003, on construit ce qui est appelé le projet Mose (mot italien pour le prophète Moïse qui, bébé, a été sauvé des eaux).

Mose est un barrage unique au monde, comme l’explique Maxence Bilodeau.

Il consiste en une série de vannes mécaniques enfouies aux trois embouchures de la lagune dans laquelle baigne Venise.

Lorsqu’une grande marée surgira, les vannes se déploieront. Cela interdira l’accès des eaux de la mer Adriatique à la ville.

Plusieurs Vénitiens s'opposent au projet qui est tout de même mis en oeuvre.

En 2010, lorsque notre envoyé spécial se trouve à Venise, le projet Mose est achevé à 65%. Or, l’ouvrage ne devrait pas être fonctionnel avant 2022.

La construction du projet a notamment été freinée par un énorme scandale de détournement d’argent public qui aurait impliqué jusqu’au maire de la ville.

La facture de Mose a grimpé à 5 milliards et demi d’euros (8 milliards 250 millions de dollars canadiens).

Les critiques fusent à propos de ce retard.

Si Mose avait fonctionné, la grande marée d’octobre-novembre 2018 aurait probablement été freinée et n’aurait pas détruit davantage les innombrables trésors artistiques de la ville.

Miracle dans une église

En novembre 1966, Venise a failli mourir noyée.

La communauté internationale découvre alors l’état de délabrement que cachait la ville sous ses ors et décide de lui donner un coup de jeunesse.

Les Nations unies notamment déclarent Venise patrimoine de l’humanité et s’engagent à le restaurer.

Découverte, 12 octobre 1997

Le 12 octobre 1997, le journaliste Michel Rochon présente un reportage à l’émission Découverte qu’anime Charles Tisseyre. Le journaliste s’intéresse tout particulièrement à la restauration de l’église Santa Maria Dei Miracoli.

Le bâtiment, construit au 15e siècle, a le malheur d’avoir une partie de ses fondations qui longe un canal.

Les inondations successives ont permis à l’eau d’infiltrer les 230 plaques de marbre qui constituent son revêtement. En séchant, l’eau laisse des sels minéraux qui salissent les plaques et font qu’elles s’effritent.

La solution de restauration a été double.

Tout d’abord, on a immergé toutes les plaques de marbre dans de l’eau ionisée pendant trois mois pour que les sels se dissolvent.

Puis on les a replacées dans l’église en corrigeant une erreur faite lors d’une restauration précédente et qui s’était révélée désastreuse.

On a finalement suspendu les plaques nettoyées sur des crochets datant de la construction de l'église. Cette disposition crée un espace imperméable avec les murs de briques.

Tout cela a nécessité sept ans de travaux et 3 millions d’euros. Santa Maria dei Miraculi a assisté à un miracle, celui d’obtenir une deuxième vie.

La dernière acqua alta a provoqué des dégâts. Les sols en marbre de la basilique Saint-Marc ont été recouverts d'eau pendant des heures. On craint que celle-ci soit montée dans les mosaïques et qu'elle ne les abîme.

Ce n’est qu’un aspect des pertes que pourrait subir l’inestimable patrimoine vénitien qu'il faudra encore une fois secourir.

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