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Des dizaines de milliers de sapins de Noël voyagent de l'Estrie jusqu'en... Amérique du Sud!

Des employés s'affairent à emballer des sapins de Noël en vue de les expédier très loin.
Des employés s'affairent à emballer des sapins de Noël en vue de les expédier très loin. Photo: Radio-Canada / Marie-Hélène Rousseau
Radio-Canada

Il n'y a pas que les Québécois qui célèbrent Noël autour d'un sapin naturel qui a poussé en sol estrien. Les baumiers, sapins Frasers et épicéas de l'Estrie voyagent partout à travers le monde pour illuminer le temps des Fêtes des gens d'aussi loin qu'au Panama et au Vénézuéla!

Un texte de Marie-Hélène Rousseau et Geneviève Proulx

Si les producteurs d'arbres de Noël ont du boulot à longueur d'année, c'est en ce moment qu'ils traversent leur période la plus intense. Un travail qui est loin d'être automatisé. Tout est fait à la main ou presque. On coupe les arbres, on les amène à la main, on les enrobe à la main, rappelle le président de l'Association des producteurs d'arbres de Noël du Québec, Jimmy Downey.

Dans ses champs, à Hatley, une trentaine de travailleurs saisonniers s'activent à l'heure actuelle. La majorité de ces arbres-là vont être exportés aux États-Unis. Je te dirais 70-80 %, analyse-t-il.

le président de l'Association des producteurs d'arbres de Noël du Québec, Jimmy DowneyLe président de l'Association des producteurs d'arbres de Noël du Québec, Jimmy Downey Photo : Radio-Canada

M. Downey n'est pas le seul à faire voyager ses arbres : les exportations de sapins de Noël québécois sont d'ailleurs en hausse depuis quelques années. Les États-Unis demandent de plus en plus d'arbres. Ça a été très difficile pendant 10 ans pour les producteurs américains et plusieurs, découragés, sont sortis de l'industrie », dit-il.

Il n'y a pas que les Américains qui s'intéressent aux arbres québécois. On en trouve dans les maisons des gens de l'Ouest canadien, dont ceux de la Colombie-Britannique. Auparavant, ils s'approvisionnaient aux États-Unis, mais les feux de forêt et le temps très sec ont nui aux productions, notamment dans l'État de Washington.

Un camion benne qui se décharge de ses arbres de Noël. Chaque jour, le producteur peut envoyer 2000 arbres de Noël en Amérique du Sud. Photo : Radio-Canada

De Courcelles au... Panama!

D'autres producteurs envoient leurs arbres dans des pays encore plus exotiques. C'est le cas de Gérald Couture, un producteur de Courcelles, qui a développé des relations d'affaires dans 25 pays, des Caraïbes en passant par l'Amérique du Sud jusqu'à l'Asie! Son principal client est le Panama. Dans une seule journée, il peut y expédier quatre conteneurs, ce qui représente 2000 arbres.

Carte illustrant la distance entre Courcelles et le Venezuea.Les sapins de Gérald Couture se rendent au Vénézuéla, entre autres. Une balade de 4000 km. Photo : Google Map

Au total, M. Couture prévoit envoyer tout près de 40 000 arbres dans ce pays d'Amérique du Sud cette année. C'est un roulement continuel : les remorques arrivent des champs, les sapins ont été emballés ce matin et on les expédie aujourd'hui, explique le propriétaire de Québec Balsams export.

Les exigences des pays importateurs sont nombreuses et propres à chaque pays. Par exemple, tous les arbres sont secoués avant d'être emballés afin d'enlever les mauvaises herbes, les semences, les aiguilles malades, des insectes. Gérald Couture a même inventé une machine pour le faire.

Des employés secouent les arbres dans une machine.Afin d'enlever le plus d'imperfections possibles, tous les arbres sont secoués avant d'être emballés. Photo : Radio-Canada

Il y a tellement de choses qui peuvent arriver! Quand il y a un pépin, ça coûte cher. J'ai déjà eu un bateau qui est arrivé au Venezuela en janvier. Ça ne vaut pas cher.

Gérald Couture, Québec Balsams Export

Pour parvenir à répondre aux normes du pays importateur et aux attentes de qualité du client, le travail d'organisation est immense. L'exportation, surtout en trois langues, ça demande une présence d'esprit, une ouverture d'esprit. Il y a des clients qui veulent leurs papiers hier quand le bateau n'est pas parti encore, explique l'adjointe administrative de l'entreprise, Brigitte Caldwell.

Le nombre de conteneurs qu'exporte l'entreprise estrienne ne cesse d'augmenter. En ce moment, on gère 153 conteneurs sur 5 lignes maritimes qui se retrouvent sur 8 bateaux différents. C'est très intense! Ça part vite, comme des petits pains chauds!, ajoute Mme Caldwell.

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