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Elle se plaint de moisissures, le propriétaire hausse son loyer de 200 $

Karlee Kedy ouvre un rideau pour montrer les moisissures sur le rebord de sa fenêtre.

Karlee Kedy affirme que son propriétaire refuse de régler le problème de moisissures dans son appartement.

Photo : Radio-Canada / CBC/Robert Short

Radio-Canada

Une locataire aux prises avec un problème de moisissures dans son appartement affirme que son propriétaire ignore non seulement la situation, mais a haussé le prix de son loyer par plus de 27 % lorsqu'elle a tenté de faire valoir ses droits.

Karlee Kedy a emménagé en septembre 2017 dans un appartement de l’immeuble situé au 132, route Old Sambro, à Spryfield dans la Municipalité régionale d’Halifax. À son arrivée, elle a nettoyé des moisissures près de ses fenêtres, sur ses planchers et dans sa salle de bain.

Moisissures au coin d'un cadre de fenêtre.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Moisissures dans l'appartement loué par Olympus Properties, à Spryfield.

Photo : Radio-Canada / CBC/Robert Short

Mais les moisissures réapparaissent sans arrêt.

Le propriétaire augmente son loyer de 200 $ par mois

En avril dernier, elle a écrit à son propriétaire, Seymour Trihopoylos, pour lui faire part de ses préoccupations, mais il n’a pas remédié au problème.

En revanche, elle dit avoir reçu quelques jours plus tard une note de la société de location propriétaire de l’immeuble, Olympus Properties, l’informant que dans quatre mois son loyer passerait de 725 $ à 925 $ par mois en raison de frais d’opération à la hausse.

La compagnie ne lui a pas précisé la raison de cette augmentation et aucune amélioration n’a été apportée au logement depuis son arrivée, dit la locataire.

Pour un appartement similaire comptant deux chambres, un voisin de palier, par exemple, paie 695 $ par mois.

Ventilateur de salle de bain souillé.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Le ventilateur de la salle de bain de Karlee Kedy est plein de moisissures, a dit un inspecteur de la Ville à la locataire.

Photo : Radio-Canada / CBC/Robert Short

Le concierge du 132, route Old Sambro, a aussi été mis au courant du problème : celui-ci a remis à la locataire une bouteille de CLR et lui a dit de nettoyer elle-même les moisissures, affirme Mme Kedy.

Le propriétaire affirme qu'il ne savait pas

Karlee Kedy dit avoir communiqué avec la Ville d’Halifax en avril, puis en octobre 2018. Des inspecteurs ont visité son appartement.

Le propriétaire, Seymour Trihopoylos, affirme de son côté n’avoir été informé du problème que lorsque les inspecteurs de la Ville ont communiqué avec lui le 30 octobre.

Je ne suis absolument pas au courant d’un problème avec son appartement, alors nous allons enquêter nous-mêmes et voir de quoi elle parle. Elle ne nous en a pas informés. Elle a décidé de communiquer avec un inspecteur de la Ville, qui nous en a informés par écrit, soutient Seymour Trihopoylos.

C’est plutôt une coïncidence qu’elle ait eu une hausse de loyer et ensuite, tout d’un coup, elle a un problème de moisissures, déclare-t-il.

Mais Karlee Kedy dit avoir parlé à Seymour Trihopoylos à plusieurs reprises au cours des derniers mois, en plus de lui avoir écrit.

Ordonnance de conformité émise

Au service d’incendie d’Halifax, Matt Covey, chef de la division de la prévention des incendies, confirme que des employés de la Ville ont communiqué avec Olympus Properties au sujet des moisissures dans l’appartement de Karlee Kedy, la première fois en juin.

Ce dossier en particulier a pris plus de temps à résoudre qu’à la normale, indique M. Covey.

Une ordonnance de conformité a été émise le 29 octobre. Elle ordonne à Olympus d’engager des professionnels pour éliminer la moisissure dans l’appartement de Karlee Kedy et réparer ou remplacer un plancher endommagé.

Affiche d'Olympus Properties devant le 132, route Old Sambro, à Spryfield.

Olympus loue des appartements et des espaces commerciaux dans la région d’Halifax, ainsi qu'à Bridgewater en Nouvelle-Écosse.

Photo : Radio-Canada / CBC/Robert Short

Olympus Properties possède des immeubles locatifs et loue des espaces commerciaux à Bridgewater et dans la région d’Halifax, notamment le Motel Stardust sur l’autoroute Bedford.

Selon Santé Canada, la moisissure à l’intérieur d’un logement peut causer des problèmes respiratoires, des allergies, l’irritation des muqueuses, de la toux, une respiration sifflante et augmente les risques de développer de l’asthme.

Karlee Kedy dit que l’odeur omniprésente de moisissure lui donne des nausées. Elle s’inquiète pour les conséquences sur sa santé.

C’est toxique et je ne devrais pas avoir à vivre là-dedans. Je paie mon loyer à temps, dit-elle.

Ce n’est pas correct qu’on essaie de me chasser parce que j’ai communiqué avec quelqu’un à ce sujet.

Karlee Kedy, locataire

Ils n’ont pas l’intention de régler ça, c’est ridicule. Je crache des trucs noirs, insiste-t-elle. J’ai gardé mes fenêtres ouvertes, dans le froid, pour essayer d’aérer la place.

Moisissures sur le rebord d'une fenêtre de l'appartement de Mme Kedy.

Moisissures sur le rebord d'une fenêtre de l'appartement de Mme Kedy.

Photo : Radio-Canada / CBC/Robert Short

En Nouvelle-Écosse, les propriétaires d’immeubles locatifs ont le droit d’augmenter le loyer de leurs locataires du montant qu’ils désirent. Aucune limite n’est fixée par la loi provinciale, indique Marla MacInnis, porte-parole d’Accès Nouvelle-Écosse, la division du gouvernement responsable du Programme de location à usage d’habitation (Nouvelle fenêtre).

Si un locataire a l’impression que son propriétaire augmente son loyer en guise de représailles pour avoir tenté de faire valoir ses droits, et que le locataire peut prouver que c’est le cas, le Programme de location à usage d’habitation a le pouvoir d’examiner [la situation] et de déterminer un montant approprié pour la hausse du prix du loyer, indique Mme MacInnis.

Karlee Kedy dit avoir contacté le Programme de location à usage d’habitation géré par Accès Nouvelle-Écosse. Elle affirme qu’on lui a dit qu’ils ne pouvaient pas l’aider.

Ça me stresse énormément et j’ai commencé à chercher [un appartement] ailleurs, dit Mme Kedy. Je devrais avoir le droit de vivre ici, comme tous les autres.

D’après un reportage de Mairin Prentiss

Avec les informations de CBC

Nouvelle-Écosse

Santé publique