•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Marianne Ferrer inspirée par le grand-père qu’elle n’a pas connu

La jeune femme regarde la caméra et sourit.
L'illustratrice Marianne Ferrer Photo: Delaney Haight

Alors que l'automne québécois est particulièrement gris, les couleurs des dessins du troisième album de Marianne Ferrer, Toucania, frappent comme le soleil. Un album où l'ombre de son grand-père maternel, qu'elle n'a pas connu, plane constamment.

Un texte de Cécile Gladel

En plus des couleurs flamboyantes, on retrouve toujours dans les livres jeunesse de la jeune artiste un lien avec la famille, en particulier son grand-père. D’ailleurs, son premier album, Racines, retraçait les moments marquants de son histoire familiale, dont ce grand-père décédé qui a profondément marqué sa mère. « Je ne l’ai pas connu, mais je voulais transmettre son enseignement par mes écrits », raconte-t-elle.

D’ailleurs, sa famille influence Marianne Ferrer. D’abord sa mère, qui est une illustratrice designer, et aussi le deuxième mari de sa grand-mère, le seul grand-père qu’elle a connu. « Il est dans l’édition, il a encore une imprimante traditionnelle pour les journaux au Vénézuéla. Ces hommes ont beaucoup marqué ma vie sans le savoir. Il faut suivre les bonnes leçons de nos ancêtres. »

Dans Toucania, écrit par Valérie Picard, Amandine part à la découverte d’un endroit jadis exploré par son propre grand-père. À un moment de l’histoire, elle retrouve un arbre planté par lui.

C’est vraiment de suivre les bonnes leçons, que ce soit de notre famille directe ou de nos ancêtres, de suivre nos passions, car la jeune protagoniste est docteure, comme son grand-père. Elle se retrouve où il était et elle en découvre un peu plus. C’est une histoire d’espoir, de découverte et aussi de rester humble envers ceux qui ont été là avant nous.

Marianne Ferrer

Marianne Ferrer soutient qu’à travers sa mère, son grand-père lui a enseigné plusieurs valeurs, dont la créativité. « Il avait la sclérose en plaques. Quand il voyageait pour des raisons médicales, il communiquait par radio. Ma mère savait utiliser la radio. Il lui a aussi enseigné à faire des voiliers à partir de morceaux de bois et une nappe de cuisine. Tout ceci m’a vraiment appris à prendre ma vie en main. »

On voit une jeune femme avec un chapeau et une loupe au milieu de plantes.Le plus récent album de Marianne Ferrer Photo : Monsieur Ed/Marianne Ferrer

Sa mère l’a aussi encouragée à continuer le dessin quand elle était adolescente. C’est ainsi que Marianne Ferrer a voulu en faire son métier et qu’elle peut maintenant en vivre. « On arrête souvent de dessiner quand on est adolescent, donc il est difficile de devenir un artiste. Si on ne pose jamais le crayon, on devient artiste. Tout le monde l’est, car tout le monde fait du coloriage à l’école, à la maternelle, on a tous cet esprit artistique et ces valeurs d’apprécier l’art. »

Marianne Ferrer dessine toute la journée, du matin au soir, pour garder le rythme. Elle précise qu’il faut parfois toute une journée pour faire un dessin et elle aime répéter cette citation de Picasso : « J’ai peint toute ma vie pour savoir comment dessiner comme un enfant. »

Elle dessine sur du papier au crayon, avec de l’aquarelle. « Quand on commence sur un écran et qu’on a accès à la touche du clavier “pomme z” pour effacer, on se pose trop de questions. Sur papier, on pose son crayon et on s’assume dans sa ligne. Mais je passe plusieurs heures sur Photoshop par la suite après avoir scanné mes dessins », raconte-t-elle.

Le bonheur de dessiner pour les enfants

Couverture du livre Une histoire de cancer qui finit bien écrit par India Desjardins et illustré par Marianne Ferrer.Couverture du livre Une histoire de cancer qui finit bien écrit par India Desjardins et illustré par Marianne Ferrer. Photo : Radio-Canada

Pour l’illustratrice, dessiner pour les enfants est comme une mission qui lui permet de leur offrir quelque chose de beau et d’honnête. « Il est important de leur donner de l’art de bonne qualité. Je ne veux pas leur offrir quelque chose qui parle d’eux comme s’ils étaient moins qu’une personne. On ne peut pas leur faire lire n’importe quoi avec des coloriages. Ils peuvent tout comprendre, même avec un livre comme Une histoire de cancer qui finit bien. Si on approche le sujet de manière sensible et intelligente, ils peuvent apprendre de ça, ils seront plus sages et plus prêts pour la vie. »

Dessiner pour les enfants lui permet de garder de la magie dans sa vie, mais elle est prête pour tous les défis. « Je ne me limite jamais. Si un magazine de pêche me demandait de dessiner pour eux, je le ferais », conclut-elle.

Livres

Arts