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À l’approche des caravanes, l’administration Trump restreint le droit d'asile

Des migrants convergent vers Mexico où les autorités ont aménagé un stade pour les héberger.
Des migrants sur la route vers Mexico. Photo: The Associated Press / Rodrigo Abd
Radio-Canada

La Maison-Blanche a annoncé la promulgation prochaine d'un décret interdisant aux migrants qui ont traversé illégalement la frontière depuis le Mexique de déposer une demande d'asile.

Évoqué par le président Trump la semaine dernière, peu avant les élections de mi-mandat, le plan devrait entrer en vigueur au cours des prochains jours.

Dans un communiqué commun publié jeudi, la secrétaire américaine à la Sécurité intérieure, Kristjen Nielsen, et le nouveau procureur général, Matthew Whitaker, invoquent des pouvoirs d'urgence en matière de sécurité nationale.

« Conformément à nos lois sur l'immigration, le président a toute autorité pour suspendre ou restreindre l'entrée d'étrangers aux États-Unis s'il considère qu'il en va de l'intérêt national », affirment-ils.

Notre système d'asile croule sous un trop grand nombre de demandes d'asile injustifiées émanant d'étrangers, qui pèsent de façon démesurée sur nos ressources, nous empêchant de pouvoir accorder rapidement l'asile à ceux qui le méritent véritablement.

Extrait du communiqué publié par le département de la Sécurité intérieure et le procureur général

Les étrangers entrés légalement au pays par un point d’entrée officiel pourront toujours demander l’asile, ont précisé des responsables cités par le Washington Post.

La mesure annoncée survient dans la foulée de l’avancée de milliers de migrants d’Amérique centrale, en route, pour la majorité d’entre eux, vers les États-Unis. Le premier cortège de migrants est arrivé lundi à Mexico.

Pendant la campagne électorale des dernières semaines, le président Trump a abondamment exploité le thème de l'immigration, faisant particulièrement référence à ces caravanes.

Il a notamment annoncé le déploiement de 5000 soldats à la frontière sud-ouest, affirmé que ceux-ci seraient libres de tirer sur les migrants qui leur lançaient des pierres – avant de tempérer ses propos – et menacé de fermer la frontière avec le Mexique pour bloquer les caravanes de migrants.

Il a de plus annoncé un décret présidentiel pour empêcher les bébés d'étrangers ou de migrants qui voient le jour aux États-Unis d'obtenir automatiquement la nationalité américaine,

La nouvelle restriction repose sur les mêmes fondements que ceux qu'avait invoqués le président pour implanter son décret migratoire, au début de 2017. Celui-ci avait été jugé inconstitutionnel.

Contestation en vue

La statue de la Liberté à New YorkJadis, la statue de la Liberté, à New York, était pour des millions de migrants entassés sur des navires, le symbole d’une vie meilleure. Photo : iStock

L’American Civil Liberties Union (ACLU) a indiqué qu’elle comptait contester le décret.

L’association de défense des libertés civiques plaide que le décret va à l’encontre des lois américaines, qui autorisent les individus à demander l’asile, qu’ils soient arrivés ou non par un point d’entrée.

En vertu des lois américaines sur l'immigration, les étrangers arrivés en sol américain qui disent craindre la persécution s’ils sont renvoyés dans leur pays peuvent demander l’asile et éviter l'expulsion si les autorités jugent leurs craintes crédibles.

Le décret nierait aux migrants qui traversent illégalement la frontière le droit à l’asile, mais ils pourraient quand même échapper à l'expulsion en bénéficiant d'un statut moindre.

Un tel statut ne donne pas la possibilité d'obtenir une carte verte ou la citoyenneté, mais accorde une suspension provisoire du processus d'expulsion, révocable à tout moment.

L’annonce de jeudi coïncide avec la décision d’un tribunal d'appel de Californie, qui a statué que le président Trump ne pouvait pas supprimer progressivement le programme Deferred Action for Childhood Arrivals (DACA).

Mis en place sous l’administration Obama, le programme protège de l'expulsion les jeunes immigrants entrés illégalement dans le pays durant leur enfance.

Avec les informations de Washington Post, et AFP

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