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« I don’t speak French » : une citoyenne de l’Î.-P.-É. s’offusque d’une réponse de la ministre des Transports

Un écriteau bilingue
Un écriteau bilingue Photo: Radio-Canada
Radio-Canada

Mélanie Gallant voulait envoyer une lettre d'appui pour le projet de renouvellement de l'école Évangéline à l'Île-du-Prince-Édouard à la ministre des Transports et de l'Infrastructure et de l'Énergie. Quelques heures plus tard, la ministre Paula Biggar lui a simplement répondu par courriel : « I don't speak French ».

Mélanie Gallant, mère de trois enfants, se dit offusquée de la réponse de la ministre.

C’était une réponse très brève avec un manque de professionnalisme et de respect, a-t-elle indiqué en entrevue à l'émission L'Heure de pointe Acadie.

Elle a d’ailleurs déposé une plainte au gouvernement, jeudi, en vertu de la Loi sur les services en français de l’Île-du-Prince-Édouard. Elle considère que ses droits, en tant que francophone, ont été bafoués.

Il y a certainement des services gouvernementaux de traduction [ou] des personnes dans son bureau qui peuvent l’aider. [...] La manière qu’elle a répondu, ça m’inquiète.

Mélanie Gallant

La lettre de Mme Gallant avait pour but d'appuyer la demande du centre scolaire communautaire d’avoir des fonds pour l'amélioration de l'infrastructure scolaire et soulignait le fait qu’il est important que les enfants aient accès à des installations adéquates pour assurer une éducation de qualité et pour la transmission de la langue française et la de la culture acadienne.

Une capture d'écran de l'échange de courriels.Agrandir l’imageMélanie Gallant se dit offusquée de la réponse de la ministre Paula Beggar. Photo : Radio-Canada / Facebook @melanie.gallant

Personne, au gouvernement de l’Île-du-Prince-Édouard, n’était disponible pour une entrevue à Radio-Canada jeudi. Une réponse par courriel a toutefois été envoyée.

Une réponse en français plusieurs heures plus tard

La ministre a fait suivre ces mêmes lettres au ministre de l’Éducation, du Développement préscolaire et de la Culture pour que son ministère puisse les évaluer , est-il écrit, mais aucune preuve de ce transfert n’a été fournie.

Paula Biggar, ministre des Transport et de la condition féminine de l'Île-du-Prince-Édouard.Agrandir l’imagePaula Biggar fait sonner «la belle cloche», un symbole acadien de l’Île-du-Prince-Édouard, lors de l’ouverture officielle de l’école française du même nom à Souris, au printemps dernier. Photo : Radio-Canada / François Pierre Dufault

Mélanie Gallant confirme toutefois avoir reçu un courriel en français du gouvernement à 16 h 15, après la demande d’entrevue de Radio-Canada.

Nous travaillons en étroite collaboration avec [la communauté acadienne] par le biais du Comité consultatif de la communauté acadienne et francophone pour harmoniser les capacités du gouvernement à offrir des services en français selon leurs besoins prioritaires, ajoute-t-il.

Une réponse doit être écrite en français, selon la loi

La Société Saint-Thomas-d’Aquin a quant à elle réagi par communiqué. Elle y affirme que plusieurs membres de la communauté acadienne de l’Île-du-Prince-Édouard l’ont contactée pour qu'elle assure un suivi à cette affaire.

La Loi stipule qu’une réponse écrite en français doit être envoyée à l’expéditeur d’une correspondance en français.

La Société Saint-Thomas-d'Aquin

Cet incident démontre encore que la Loi sur les services en français promulguée en 2013 est loin d’être connue par tous, y compris les employés et hauts fonctionnaires du gouvernement provincial, déclare Colleen Soltermann, présidente de la SSTA.

Réponse « impolie », selon l'opposition

Même son de cloche de la part du député progressiste-conservateur Brad Trivers. La ministre ne parle peut-être pas français mais de nombreux employés de la fonction publique parlent français. Il y a de l’appui disponible pour préparer une réponse appropriée, réagit le porte-parole de l'opposition officielle en matière d'Affaires acadiennes et francophones, sur sa page Facebook.

L'élu de la région de Rustico qualifie d'impolie et inappropriée la réponse de la ministre. Cela n’est pas correct, dit-il.

Pour sa part, le Parti vert demande des excuses et la démission de la ministre Paula Biggar.

Il s'agit d'une violation flagrante de la Loi sur les services en français de l'Île-du-Prince-Édouard et d'un manque de respect choquant auprès de la communauté francophone de l'Île et des droits linguistiques clairement établie en vertu de la constitution canadienne, réagit le deuxième part d'opposition dans un communiqué.

La ministre a supprimé son compte Twitter, tôt vendredi matin.

Île-du-Prince-Édouard

Société