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Une maternité artificielle dans une mine pour sauver les chauves-souris

Bébé chauve-souris sur un doigt
Un bébé chauve-souris Photo: getty images/istockphoto / eZeePics Studio

La minière Eldorado Gold Lamaque, qui opère le projet Lamaque Sud à Val-d'Or souhaite aménager une « maternité artificielle » de chauve-souris pour contribuer à leur préservation, tout en permettant aux biologistes du ministère de la Faune d'accroître leur connaissance sur l'espèce. Un projet qui survient dans un contexte où une menace importante plane sur ces espèces.

Un texte de Thomas Deshaies

L'étude de caractérisation des espèces sur le territoire du projet minier a permis de déceler une présence importante de chauve-souris, selon le surintendant Environnement et Développement durable pour la minière, Joël Pagé.

Il y a une quantité importante de ces espèces sur le territoire québécois qui tombent, mais à Val-d'Or, elles sont providentiellement très abondantes, explique-t-il. Donc, le ministère et la minière, on veut comprendre et on veut les aider. 

Eldorado Gold Lamaque va donc collaborer avec le ministère pour installer des « grottes artificielles », explique M. Pagé.

Le surintendant Environnement et Développement durable pour la minière, Joël Pagé.Le surintendant Environnement et Développement durable pour la minière, Joël Pagé. Photo : Radio-Canada

C'est pour permettre aux femelles chauves-souris de mettre bas dans des conditions optimales, puis permette aussi de comprendre leur comportement, mais peut-être, même, le vecteur de propagation de la maladie.

Joël Pagé

Le projet est actuellement en préparation et pourrait se concrétiser en 2019 ou 2020.

Une situation préoccupante

Les espèces de chauves-souris qui hibernent au Québec sont en forte décroissance depuis 2010, en raison du syndrome du museau blanc. Un champignon qui se propage dans la province.

Les champignons causent des démangeaisons aux chauves-souris en hibernation, qui vont mourir d'épuisement, explique Nathalie Desrosiers, biologiste au ministère des Forêts de la Faune et des Parcs, et spécialiste des chauves-souris.

Normalement, une chauve-souris se réveille une fois par mois, alors que là, elle va se réveiller plus souvent [en raison des démangeaisons]. Elle va mourir d'épuisement, de faim ou de déshydratation, explique Mme Desrosiers.

Dans les hibernacles, il y a des mortalités qui vont jusqu'à 80-90 % et même jusqu'à 100 % des chauves-souris.

Nathalie Desrosiers, biologiste au ministère des Forêts de la Faune et des Parcs
Rampe d'accès pour se rendre sur le site de la mine Lamaque, d'Eldorado Gold.Rampe d'accès pour se rendre sur le site de la mine Lamaque, d'Eldorado Gold. Photo : Radio-Canada / Thomas Deshaies

Le ministère est en quête de données pour avoir une vue d'ensemble plus précise sur l'état de la situation au Québec. Cependant Mme Desrosiers estime qu'elles « sont bien présentes » en Abitibi-Témiscamingue, même s'il y a eu un déclin. On observe dans certains endroits que ça semble s'être stabilisé. Mais ce n'est pas généralisé, ce qui est observé, explique-t-elle.

Comment aider?

Il est important de préserver les chauves-souris, selon la biologiste. Une seule chauve-souris pour manger jusqu'à 600 insectes à l'heure.

Elles ont un rôle vraiment important pour le maintien de l'écologie de nos écosystèmes.

Nathalie Desrosiers, biologiste

Les citoyens et utilisateurs du territoire peuvent aider à freiner la propagation du champignon. Il y a un protocole de décontamination quand on rentre dans une grotte, souligne Mme Desrosiers. Il est bien important de bien nettoyer et désinfecter notre équipement.

Les citoyens peuvent aussi collaborer au suivi des chauves-souris, en fournissant de l'information au ministère, notamment via le site internet chauves-souris aux abris.

Abitibi–Témiscamingue

Animaux