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L'insécurité alimentaire, un problème pour les francophones des Maritimes

Des légumes frais dans un marché.
Les gens victimes d'insécurité alimentaire ne peuvent parfois pas acheter de fruits et légumes frais. Photo: La Presse canadienne / Paul Chiasson
Radio-Canada

Trop de francophones dans les Maritimes sont en situation d'insécurité alimentaire, selon une étude publiée par l'Institut canadien de recherche sur les minorités linguistiques.

L’étude ne présente pas de données statistiques, mais s’appuie sur des témoignages tirés d’entretiens avec des francophones du Nouveau-Brunswick, de la Nouvelle-Écosse et de l’Île-du-Prince-Édouard.

C’est donc l’expérience de la faim, de l’insécurité alimentaire et des circonstances qui y sont associées au quotidien, qui intéressaient avant tout les chercheurs.

L’insécurité alimentaire se manifeste aussi par le simple fait de s'inquiéter qu'on ne va pas avoir assez de sous pour s'acheter de nourriture. Par exemple, avoir seulement 75 dollars par semaine pour nourrir une famille de quatre, ce serait inquiétant, illustre l’auteur de l’étude, Dominique Pépin-Filion, en entrevue à l'émission L'heure de pointe - Acadie.

Il n’y a pas que la capacité de se nourrir suffisamment qui définit l’insécurité alimentaire, mais aussi les circonstances qui forcent les personnes touchées à restreindre leurs choix alimentaires, en optant toujours pour les produits les moins chers, plutôt que ceux qui sont les meilleurs pour leur santé.

Aller là puis se promener dans les fruits, puis tout acheter, toutes sortes de fruits que j’aimerais manger, on peut pas. Fait qu’on s’en passe. Autant comme dans les légumes. Habituellement, j’achète juste les carottes, mais le reste c’est trop [cher], là, faut choisir.

Bernadette, 56 ans, Nouveau-Brunswick.

Les solutions durables doivent être politiques

L’étude conclut que les montants de l’aide sociale ne permettent pas aux individus de se sortir de leur situation d’insécurité alimentaire.

Dominique Pépin-Filion, chercheur à l'Institut canadien de recherche sur les minorités linguistiquesDominique Pépin-Filion, chercheur à l'Institut canadien de recherche sur les minorités linguistiques Photo : Radio-Canada / Catherine Dumas

Donner aux organismes d’entraide qui sont souvent à bout de souffle est essentiel, car des gens en dépendent, dit Dominique Pépin-Filion, mais il ne s’agit pas d’une solution miracle.

L’auteur de l’étude préconise entre autres une augmentation du salaire minimum. On sait que ç’a un impact direct sur les familles qui en dépendent, surtout les mères monoparentales et les gens qui vivent seuls, dit M. Pépin-Filion.

Les témoignages des 28 francophones rencontrés dans les Maritimes peuvent être lus sur le site Internet (Nouvelle fenêtre) de l’Institut canadien de recherche sur les minorités linguistiques.

Je mets au défi un politicien qui lirait ce rapport-là de ne pas avoir envie de changer les choses, conclut l’auteur de l’étude.

Nouveau-Brunswick

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