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Statistique Canada suspend son projet de collecte d’informations bancaires

Anil Arora debout, tandis qu'on voit des personnes derrière lui.
Le statisticien en chef, Anil Arora, a dû donner des détails sur le projet pilote de collecte d'informations bancaires devant le comité sénatorial. Photo: La Presse canadienne / Sean Kilpatrick
Radio-Canada

Le statisticien en chef du Canada continue de défendre le projet pilote de collecte des informations bancaires de 500 000 ménages, sur la glace en attendant les conclusions d'une enquête du commissaire à la protection de la vie privée.

Un texte d’Estelle Côté-Sroka

Le ministre de l’Innovation, des Sciences et du Développement économique, Navdeep Bains, a assuré que Statistique Canada n’irait pas de l’avant sans « l’appui approprié du commissaire pour régler les problèmes liés à la collecte de données et à leur protection », ce qu’a confirmé le patron de l’agence fédérale, Anil Arora.

Lors de son passage devant le comité sénatorial des banques et du commerce, le commissaire Daniel Therrien a dit trouver « extrêmement préoccupant » que Statistique Canada se prépare à compiler les informations financières de clients de neuf institutions bancaires.

À plusieurs reprises, le commissaire a semblé contredire des affirmations passées du statisticien en chef du Canada. Par exemple, M. Therrien a d’emblée tenu à préciser que son enquête avait été lancée après avoir reçu 52 plaintes. Le statisticien en chef du Canada avait pourtant dit que c’était l’agence elle-même qui avait suggéré cet examen.

Mis au courant du projet seulement à l’été 2018, le commissaire estime que plusieurs points méritent encore d’être éclaircis avant qu’il puisse être déployé.

Son enquête pourrait s’étirer sur plusieurs mois.

Statistique Canada se défend

Tout en martelant l’importance pour l’agence fédérale de la confidentialité et du respect de la vie privée, le statisticien en chef a défendu avec vigueur le controversé projet devant le comité sénatorial.

La collecte de données par voie traditionnelle ne permet plus au gouvernement d’avoir un portrait adéquat des habitudes de consommation des ménages canadiens.

Anil Arora, statisticien en chef du Canada

En vertu des lignes directrices du projet pilote, les banques ne seraient pas tenues d’obtenir l’autorisation de leurs clients avant de partager leurs informations avec Statistique Canada. Elles n’auraient qu’à les « informer » du processus.

Une fois transmises à Statistique Canada, ces informations seraient anonymisées. Le statisticien en chef indique que l’information reçue doit être associée à des noms pour s’assurer de ne pas dupliquer les données d’une même personne.

Un échantillon trop large?

Le statisticien en chef du Canada a expliqué au comité sénatorial avoir besoin des informations de 350 000 Canadiens pour dresser un portrait plus juste des habitudes de consommation des ménages dans certains quartiers du pays.

Or, Statistique Canada a tout de même demandé aux institutions bancaires de lui fournir les données d’un demi-million de ménages.

Selon Anil Arora, cette façon de faire empêche ainsi les banques de savoir quelles personnes font partie de l'échantillonnage de l’agence fédérale.

Une fois lancé, le projet pilote de Statistique Canada pourrait être élargi.

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