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Quand la claque anime des jeunes en milieu défavorisé

Le programme Indigenous Cheer Evolution accueille un peu plus de 60 jeunes.

Photo : Radio-Canada / Adnan Mohamad

Radio-Canada

Le programme Indigenous Cheer Evolution (ICE) a vu le jour à l'été 2018 dans le quartier North Central de Regina. Il vise à aider les familles en milieu défavorisé à pratiquer la claque et à tisser des liens dans leur communauté.

Un texte d'Adnan Mohamad

Trinity Caplette affirme qu'elle a tellement l'habitude d'entendre ses trois filles pratiquer la claque (cheerleading, en anglais) que le canapé est devenu un matelas de sport familial. « Quand nous sommes en bas et qu'elles sont en haut, c'est tout ce que nous entendons, dit-elle en riant. C'est toujours un gymnase. »

Ses trois filles, Angelina, Madison et Harmony, ont découvert la claque grâce à YouTube. Trinity Caplette envisageait de les inscrire dans un programme payant. « Mais, avec notre famille à faible revenu, ce n'était absolument pas une option pour nous », précise-t-elle.

Une mère de famille en entrevue à l'intérieur d'un gymnase.

Trinity Caplette dit que payer pour le cheerleading n'était pas une option pour la famille avant l'arrivée d'Indigenous Cheer Evolution.

Photo : Radio-Canada / Adnan Mohamad

C'est un ami qui lui a fait découvrir ICE. « C'est comme une bénédiction pour ma famille et beaucoup d’autres familles ici en général », affirme la mère de famille.

Les élèves du programme peuvent suivre des cours pour débutants et des cours avancés. À ce jour, 61 jeunes âgés de 4 à 14 ans se sont inscrits.

L’entraîneuse Trinity Caderma, âgée de 17 ans, est meneuse de claque depuis près d’une décennie et sait que ce sport est coûteux, même pour les familles de la classe moyenne, selon elle.

Ce programme, dit-elle, est beaucoup plus abordable que d'autres et permet aux jeunes d'essayer ce sport, peu importe leur situation financière.

Une des entraîneuses en pleine action à l'avant-plan, deux autres entraîneurs ce retrouvent à l'arrière.

Trinity Caderma, nous explique que c'est génial de voir avec quelle rapidité les enfants apprennent les bases de la gymnastique d'animation.

Photo : Radio-Canada / Adnan Mohamad

« Il y a beaucoup d'athlètes talentueux, mais ils n'ont pas eu l'occasion d'avancer dans le système, car ils ne peuvent pas se permettre les grands clubs », déclare l'entraîneuse.

Sa mère, Tina Caderma, est la créatrice du programme, mais c'est aussi une conductrice d'autobus scolaire qui connaît bien les trajets dans le quartier North Central. Elle a décidé d'installer son programme de claque à cet endroit parce qu'elle savait que les jeunes allaient répondre à l'appel.

Même si Tina Caderma n'est pas Autochtone, le nom Indigenous Cheer Evolution a été décidé à la suite de consultations avec la communauté, souligne-t-elle.

Tina Caderma, la fondatrice en pleine entrevue avec Radio-Canada dans un gymnase avec des filles qui pratique en arrière-plan.

Tina Caderma, la fondatrice de ICE, explique que la gymnastique d'animation est un sport coûteux et que de nombreuses familles ne peuvent se permettre d'inscrire leurs enfants.

Photo : Radio-Canada / Adnan Mohamad

Selon elle et des membres du conseil d'administration du programme, le but d'ICE est de faire un pas de plus vers la création d'un lien de proximité pour les jeunes du centre-nord de la ville.

L'entraîneuse Trinity Caderma espère qu'un jour, probablement dans plusieurs années, les jeunes participants au programme seront en mesure d'effectuer des sauts plus complexes et d'être sélectionnés dans des compétitions au-delà des frontières de la Saskatchewan.

Pour Trinity Caplette qui regarde ses filles s'entraîner à la maison et au gymnase, il est clair que celles-ci vont persévérer et continuer à pratiquer ce sport.

« Ça me rend vraiment fière, admet-elle. Je suis heureuse de voir que mes filles aiment vraiment le sport. Ça les motive plus que l’école. »

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