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Sortie de piste d'un Boeing 747 à Halifax : les premières constatations des enquêteurs

Le Boeing 747 sorti de piste mercredi matin à l'aéroport international d'Halifax.

Le Boeing 747 sorti de piste mercredi matin à l'aéroport international d'Halifax.

Photo : Radio-Canada / CBC/Robert Short

Radio-Canada

Le Boeing 747-400 qui a effectué une sortie de piste mercredi matin à l'aéroport international d'Halifax a été secoué par des vents de travers, et peut-être frappé par des vents arrière, ont indiqué jeudi des enquêteurs du Bureau de la sécurité de transports du Canada (BST).

Un texte de Frédéric Wolf

L'enquêteur désigné Austin Adams et l'enquêteuse principale Isabelle Langevin ont fourni quelques détails sur les circonstances dans lesquelles l'incident s'est produit, mais l'enquête en est encore au stade préliminaire et aucune cause n'a été identifiée pour le moment. Le BST a recueilli l'enregistreur de données de vol et celui des conversations du poste de pilotage. Ce matériel ainsi que les autres données de vol seront analysés dans le laboratoire du BST à Ottawa.

Quatre blessés et un appareil sérieusement endommagé

Le vol cargo KKE 4854 de la compagnie américaine Sky Lease est sorti de la piste 14 de l'aéroport international Stanfield d'Halifax vers 5 h 5, mercredi matin. Il a dérapé sur une distance de 210 mètres avant de s'immobiliser.

L'avion-cargo vu des airs.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Une image aérienne de l'avion qui s'est arrêté à quelques mètres d'une route publique.

Photo : CBC/Steve Lawrence

Le Boeing 747-400 a heurté une antenne de radioalignement, deux moteurs se sont détachés de l'appareil, et d'autres moteurs ont subi d'importants dommages. Le train d'atterrissage de l'avion s'est affaissé.

Un petit incendie s'est déclaré lorsqu'un moteur s'est retrouvé coincé sous la queue de l'appareil.

De plus, une fuite de carburant qualifiée de minime par l’enquêteur Adams s’est produite.

Le Boeing 747 endommagé, mercredi à Halifax.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Le Boeing 747 a été endommagé par cette sortie de piste.

Photo : Radio-Canada / CBC/Robert Short

Le Boeing 747 endommagé, mercredi à Halifax.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Le Boeing 747 endommagé, mercredi à Halifax.

Photo : Radio-Canada / CBC/Robert Short

L'avion-cargo venait chercher une cargaison de homard en Nouvelle-Écosse pour la livrer en Chine. Il n'y avait aucune cargaison à bord de l'avion lors de son arrivée à Halifax.

Les quatre membres d'équipage ont été légèrement blessés. Ils n'ont pas encore été interrogés par les enquêteurs du BST, a précisé Austin Adams.

Isabelle Langevin et Austin Adams le 8 novembre 2018 en conférence de presse à Halifax.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

L'enquêteure principale Isabelle Langevin et l'enquêteur désigné Austin Adams du Bureau de la sécurité dans les transports du Canada.

Photo : Radio-Canada / Peter Dawson

De forts vents et de la pluie

L'enquête du BST cherchera entre autres à identifier si les conditions météorologiques ont joué un rôle dans l'accident. L'avion est arrivé à Halifax par temps pluvieux, et des vents d'ouest soufflaient à 33 km/h au moment de l'atterrissage.

L'avion a fait face à des vents de travers et potentiellement à des vents arrière, indique l'enquêteur Adams.

Le Boeing 747 de l'entreprise américaine Sky Lease Cargo repose à l'aéroport international d'Halifax, mercredi après-midi.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Arrivé de Chicago, le Boeing 747 de l'entreprise américaine Sky Lease Cargo devait partir pour la Chine après un arrêt à Halifax.

Photo : Radio-Canada / CBC/Robert Short

Nous allons devoir parler avec l’équipage pour savoir quel était le processus de décision, de prise de décision, qui a fait qu'ils ont décidé d'atterrir sur cette piste-là avec les conditions présentes à l'aéroport, a précisé l'enquêteuse Isabelle Langevin.

Isabelle Langevin du BST en conférence de presse à Halifax le 8 novembre 2018.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

L'enquêteure principale Isabelle Langevin, du Bureau de la sécurité des transports du Canada.

Photo : Radio-Canada / Peter Dawson

L'aire de sécurité au bout de la piste 14 ne fait que 140 mètres de long, ce qui est légèrement inférieur à la distance de 150 mètres recommandée par Transports Canada.

L'avion a terminé son dérapage très près de la route Old Guysborough, qui contourne l'aéroport.

Le Boeing 747 aperçu d'une route publique près de l'aéroport international d'Halifax, en Nouvelle-Écosse, mercredi après-midi.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Le Boeing 747 aperçu d'une route publique près de l'aéroport international d'Halifax, en Nouvelle-Écosse, mercredi après-midi.

Photo : Radio-Canada / CBC/Robert Short

Interrogée à savoir s'il était prudent de faire atterrir des avions si imposants très près d'une route, Isabelle Langevin a indiqué que c'était aux exploitants aéroportuaires d'effectuer une gestion des risques dans leurs installations.

Le Bureau prévoit une enquête approfondie sur l'incident, mais dit qu'il communiquera au public sans tarder toute lacune qu'il pourrait identifier dans la sécurité de l'aéroport.

Sorties en bout de piste : problème important dans les aéroports canadiens

Depuis 2013, il y a en moyenne neuf sorties de piste par année dans les aéroports canadiens, a indiqué jeudi Isabelle Langevin.

Dans la dernière édition de sa Liste de surveillance, dévoilée le mois dernier, le Bureau de la sécurité des transports identifiait justement les sorties en bout de piste (Nouvelle fenêtre) et les risques de collisions (Nouvelle fenêtre) dues aux incursions sur piste comme des enjeux majeurs à corriger dans les aéroports canadiens. Le BST a émis plusieurs recommandations à cet égard, mais dit avoir constaté peu de progrès.

Dommage sur le nez du Boeing 747.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Le nez du Boeing 747 sorti de piste mercredi matin à l'aéroport international d'Halifax.

Photo : Radio-Canada / CBC/Robert Short

Transports Canada préconise une aire de sécurité longue de 150 mètres à l’extrémité des pistes, mais beaucoup d'aéroports du pays ne s'y conforment pas encore. Il n’est pas rare, ailleurs dans le monde, que ces zones soient longues de 300 mètres, ce que le BST aimerait voir au Canada.

Depuis 2005, le BST a enquêté sur une vingtaine d’incidents comme celui s’étant produit mercredi à Halifax.

C’est aussi la troisième fois en 14 ans que le BST enquête sur un accident à l’aéroport d’Halifax, après un écrasement ayant coûté la vie à sept personnes en 2004, et l’atterrissage raté du vol 624 d’Air Canada ayant fait plusieurs blessés en 2015. L'enquêteur Austin Adams précise que les événements ne sont pas de la même nature et ne témoignent pas de problèmes systémiques à l’aéroport d’Halifax.

M. Adams ignore combien de temps l’avion endommagé demeurera à l’aéroport. Ce sera au transporteur et aux autorités aéroportuaires de prendre une décision à cet égard, une fois que l’enquête sur le terrain sera terminée.

Boeing 747 hors-piste.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Le Boeing 747 à Halifax mercredi après-midi.

Photo : Radio-Canada / Pierre-Alexandre Bolduc

 

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