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La prison pour femmes de Prince Albert surpeuplée

Deux mains de femmes dépassent des barreaux d'une cellule de prison.
Le centre correctionnel Pine Grove de Prince Albert accueille actuellement 216 détenues, pour 180 places. Photo: Reuters / Ueslei Marcelino
Radio-Canada

Le centre correctionnel Pine Grove de Prince Albert, la seule prison pour femmes en Saskatchewan, bat presque un record pour ce qui est du nombre de détenues et se retrouve plein à craquer.

Bâti pour accueillir 180 femmes, il en accueille actuellement 216. Une trentaine d’hommes qui purgent une peine d’emprisonnement dorment également dans le gymnase de l’établissement depuis le mois de juin. Une mesure qui était censée être temporaire pour réduire le surpeuplement ailleurs, mais qui est toujours en vigueur.

Selon la directrice générale de la Société Elizabeth Fry de la Saskatchewan, Sue Delanoy, ce surpeuplement ne peut pas durer.

Une femme qui porte des lunettes regarde la caméra, debout devant une toile peinte. La directrice générale de la Société Elizabeth Fry, Sue Delanoy, dénonce la situation de surpeuplement en cours au centre correctionnel Pine Grove de Prince Albert. Photo : Radio-Canada / Jason Warick

« Il n’y a pas d'espaces libres dans l’établissement », indique-t-elle.

Sue Delanoy souligne aussi que le surpeuplement peut créer des tensions entre les détenus, mais aussi envers le personnel. Elle ajoute que cette situation peut mener à des problèmes de santé mentale, mais aussi à une hausse du risque de violence.

Un plus grand nombre de détenues sont placées en isolement, ce nombre s'élevant à une douzaine actuellement, constate-t-elle.

Sue Delanoy visite les détenues du centre correctionnel Pine Grove toutes les semaines. Elle garde espoir de voir la situation s’améliorer au cours des prochains mois, grâce à l’ouverture du nouvel hôpital Saskatchewan Hospital à North Battleford, qui comptera 96 places pour des détenus aux prises avec des problèmes de santé mentale.

Mais si ces nouvelles places permettent d’améliorer la situation, Sue Delanoy croit que la solution au surpeuplement sera le renforcement des programmes de logement, des traitements de dépendance et de la formation professionnelle.

Selon elle, de meilleurs services auraient pour effet de prévenir l’incarcération des femmes, de même que le retour en détention de celles qui ont été libérées.

Elle ajoute qu’à long terme cette situation serait plus sécuritaire et plus économique, autant pour les détenus que pour les employés des centres correctionnels et la population.

« Nous devons commencer à chercher des solutions de rechange, notamment des appuis de la communauté », ajoute-t-elle.

Nous aimerions voir un changement de mentalité.

Sue Delanoy, directrice générale de la Société Elizabeth Fry de la Saskatchewan

Sue Delanoy évoque aussi la nécessité de mettre davantage l’accent sur les soutiens aux parents et le développement de la petite enfance. La plupart des femmes incarcérées au centre correctionnel Pine Grove sont les enfants et les petits-enfants de survivants des pensionnats autochtones, souligne-t-elle.

Plusieurs facteurs en cause

Le porte-parole du ministère de la Justice de la Saskatchewan, Drew Wilby, affirme que le gouvernement tente d’éviter les situations de surpeuplement comme celle du centre correctionnel à Prince Albert, mais que plusieurs facteurs sont en cause.

D’après lui, le mois d’octobre est généralement un mois occupé, mais la situation actuelle dans le gymnase du centre carcéral met du temps à être réglée en raison de travaux effectués dans certaines prisons pour hommes. Il souligne également que les détenus hommes et femmes sont complètement séparés.

Drew Wilby estime qu’une approche globale de la situation est nécessaire, mais que les systèmes correctionnels ne peuvent pas à eux seuls régler le problème. Selon lui, des partenariats avec d’autres agences gouvernementales et des groupes tels que l’Armée du Salut sont prometteurs.

« Nous prenons ce que la cour nous donne. Nous ne pouvons pas installer un panneau qui dit "Complet", dit-il. Nous pouvons toujours faire plus, le gouvernement s’est fermement engagé à cela. »

Avec les informations de Jason Warick, CBC News

Saskatchewan

Justice et faits divers