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Examens d'imagerie médicale : temps d'attente trop longs au CHUM, dit le protecteur du citoyen

Un homme passe un examen de tomodensitométrie.

Un homme passe un examen de tomodensitométrie.

Photo : iStock / 123ducu

La Presse canadienne

Des patients attendent trop longtemps leurs examens d'imagerie médicale par résonance magnétique (IRM) et de tomodensitométrie (TDM) au CHUM, qui sont utiles pour détecter certaines maladies, dont des cancers, constate le protecteur du citoyen dans un rapport d'enquête publié mercredi.

Le délai maximal demandé par le ministère de la Santé est de trois mois, mais beaucoup de patients québécois attendent leur examen depuis plus longtemps et certains même depuis six mois, selon ce qui ressort du rapport.

Le problème? Les appareils sont encore sous-utilisés en raison d'un nombre insuffisant de technologues. Le déménagement récent du CHUM au centre-ville de Montréal n'aurait pas non plus aidé, a souligné l'établissement de soins.

Certaines des personnes qui sont en attente présentent un problème de santé qui nécessite d'avoir rapidement accès à un tel examen. Cet examen est un préalable nécessaire pour beaucoup de patients, avant qu'ils ne puissent obtenir un rendez-vous avec un spécialiste ou avoir une chirurgie, peut-on lire dans le rapport daté du 14 août, mais rendu public mercredi.

L'examen d'imagerie par résonance magnétique est une technique qui permet de mieux détecter des tumeurs, une infection ou une hémorragie. Lorsqu'une tumeur est détectée, l'IRM permet aussi de mieux se rendre compte de ses caractéristiques et contrôler l'efficacité de certains traitements.

« Bon nombre de personnes dont la condition nécessite une IRM ou une TDM ne reçoivent pas le service à l'intérieur du délai cible établi par le ministère ou l'établissement », conclut le rapport.

En mai 2018, 3566 demandes d’IRM avaient été déposées et étaient en attente : sur celles-ci, 30 % des demandes dites primaires (pour un premier diagnostic) étaient hors délai et 50 % des examens de contrôle l'étaient également.

Un patient attendait même un examen de TDM depuis 269 jours, donc près de neuf mois.

Le CHUM – l'un des plus importants centres hospitaliers du Québec – dispose de six machines d'IRM et de six de TDM. Certaines fonctionnent jusqu'à 16 h, et d'autres, jusqu'à 23 h 30. Mais la fin de semaine, un seul appareil d'IRM et un seul de TDM sont utilisés.

Selon les informations dont disposait le protecteur au moment de lancer son enquête au début de 2018, au Québec, 7000 personnes étaient en attente d'une IRM et 8000, d'une TDM. Le rapport s'est penché sur la situation du CHUM, mais cela ne signifie pas qu'il soit le seul à avoir des listes d'attente pour ces examens.

Le Centre hospitalier de l'Université de Montréal.

Le Centre Hospitalier de l'Université de Montréal

Photo : Radio-Canada / Charles Contant

Sous-utilisation des machines

Interrogé par le protecteur du citoyen sur la sous-utilisation des machines, le CHUM a répondu ne pas avoir assez d'employés pour les utiliser davantage.

Lors de l’enquête, il y avait 20 technologues pouvant opérer les IRM et 23, les TDM. Tous ne sont pas à temps plein. Et cela prend deux technologues par salle d'IRM et trois technologues pour deux salles de TDM.

Le CHUM a entrepris des démarches afin d'améliorer la situation. Il a indiqué prévoir embaucher 25 technologues supplémentaires : 14 l'avaient déjà été au moment de la rédaction du rapport, dont 10 récemment. Le CHUM dit avoir de la difficulté à en engager plus. La prochaine cohorte de finissants sera toutefois sur le marché du travail ce mois-ci, ce qui pourrait aider, note le protecteur.

Parmi d'autres améliorations mises en place, le CHUM a embauché de nouveaux agents administratifs pour les rendez-vous et la gestion des listes d'attente, et a ajouté des assistants techniques pour préparer les patients et ainsi augmenter la cadence des examens.

Le protecteur du citoyen propose toutefois des mesures additionnelles pour que les longs délais d'attente soient résorbés le plus rapidement possible. Il formule cinq recommandations, concernant entre autres la poursuite de l'embauche et de la formation de technologues, la gestion des listes d'attente et les processus de travail.

Le CHUM a accepté de les mettre en œuvre, est-il indiqué dans le rapport.

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