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Une semaine après l'accident, récupérer le corps de Daniel Dompierre reste une opération risquée

Une pelle mécanique ensevelie presque complètement.

La police de la MRC des Collines-de-l'Outaouais et la CNESST disent attendre un rapport d'ingénieur sur la stabilité du sol avant d'effectuer une manoeuvre de récupération du corps.

Photo : Gracieuseté de Marc Dompierre

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2018 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

La sablière de l'entrepreneur Ronald O'Connor est devenue le tombeau de Daniel Dompierre depuis maintenant une semaine. C'est à cet endroit que le père de famille de 31 ans et opérateur de pelle mécanique est mort après avoir été enseveli sous le sable. Étant donné l'instabilité du sol, les autorités n'ont pas encore extirpé son corps des lieux de l'incident.

Un texte de Claudine Richard

Les secouristes de la Sûreté du Québec ont offert de récupérer la dépouille plus rapidement, mais l’opération n’était pas sans risque. La Commission des normes, de l’équité, de la santé et de la sécurité du travail (CNESST) a préféré une opération de récupération plus longue, mais plus sécuritaire.

Mise à jour :

Le corps de Daniel Dompierre a finalement été extirpé de la sablière, le jeudi 8 novembre en après-midi.

On sait, c’est la vision de la CSST en milieu de travail : personne, en aucun cas, ne doit prendre un risque, a affirmé Dominic Asselin, expert secouriste en situation d’avalanche et membre professionnel de l’Association canadienne avalanche.

Ce qui change un peu la donne avec la situation actuelle, c’est que la fenêtre pour sauver la personne est passée. Une fois qu’on passe ça, on arrive avec une approche de risque zéro.

Dominic Asselin, expert secouriste en situation d’avalanche et membre professionnel de l’Association canadienne avalanche

Pour éviter tous risques, le rapport d’ingénieur a donc recommandé de procéder à un reprofilage de la sablière et de faire des paliers afin de sécuriser le sol en vue d’extraire la pelle mécanique. Nous, on veut toujours que les choses soient faites de façon à ne pas mettre la santé et la sécurité au travail en péril. Ceci dit, on n’est pas là non plus pour empêcher les pompiers d’aller au feu. Mais il y a des façons de faire selon les règles de l’art, a soutenu le responsable des communications de la CNESST en Outaouais, Alain Trudel.

Une pelle mécanique dans une carrière sablière.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Les secouristes tentent maintenant de faire des paliers plus sécuritaires pour aller récupérer la dépouille de Daniel Dompierre.

Photo : Radio-Canada / Mireille Langlois

Le père de la victime, Marc Dompierre, a dormi dans sa voiture près de la dépouille de son fils de nombreuses nuits depuis une semaine. L’anxiété de savoir que son fils est prisonnier du sable l’empêche de manger convenablement, a-t-il confié à Radio-Canada.

Des travaux qui contreviennent à la santé et la sécurité du travail?

La sablière de l’entrepreneur Ronald O’Connor est soumise au Règlement sur la santé et la sécurité du travail dans les mines. Pour effectuer des travaux selon les règles de l’art, le règlement stipule que la pente du front d’attaque d’une montagne de sable doit être, en tout point, inférieure à 45° pour permettre l’exploitation. Cette information sera prise en compte dans les enquêtes de la CNESST et des policiers.

L’expert secouriste en situation d’avalanche Dominic Asselin a vu les photos de la scène de l’accident et il émet un doute quant à l’inclinaison de la pente sablonneuse où se trouve coincée la pelle mécanique. Ça semble dépasser le 45 degrés. Ça semble être 45 ou 50 degrés si ce n’est pas un peu plus. Ce qui est quand même une pente qu’un matériel non compacté a de la misère à tenir. Si on compare en terrain avalancheux, on dit toujours que la neige ne reste pas. La neige va toujours glisser, a-t-il expliqué.

La Sécurité publique de la MRC des Collines-de-l'Outaouais affirme qu’une opération d’une telle complexité est une première pour le corps policier. Évidemment il y a plusieurs éléments de l’enquête qui seront effectués et regardés par notre équipe d’enquêteurs. Les résultats viendront beaucoup plus tard, a précisé l'inspecteur auprès de la Sécurité publique de la MRC, André Lévesque.

Il est encore trop tôt pour savoir si des accusations de négligence criminelle seront déposées.

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