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Une thérapie de groupe se prépare au PQ

Des militants du Parti québécois sont réunis lors de la soirée électorale du 1er octobre 2018.
Le 1er octobre, le Parti québécois a fait élire 10 députés et a recueilli 17,06 % des voix, son pire score depuis la vague qui l'a porté au pouvoir pour la première fois, en 1976. Photo: La Presse canadienne / Graham Hughes
Radio-Canada

Le tant attendu bilan des péquistes sur la campagne électorale, qui s'est soldée par un revers historique, se tiendra dans un peu plus d'une semaine. Les présidents d'associations, députés, candidats défaits et représentants des jeunes du Parti québécois (PQ) seront appelés à discuter d'enjeux fondamentaux, qui iraient au-delà de choses « cosmétiques » comme un changement de nom.

Un texte de Mathieu Dion, correspondant parlementaire à Québec

La conférence nationale des présidentes et des présidents du PQ (CNPP), qui se tiendra à Montréal le 17 novembre, sera l'occasion de faire le point.

À la suite de la défaite en 2014, la conférence du CNPP avait été l'occasion pour Pauline Marois d'entendre les doléances des membres du parti, notamment sur son début de campagne ainsi que sur l’entrée en scène de Pierre Karl Péladeau. Les attaques avaient été dures à son endroit.

Jean-François Lisée, qui sera présent le 17 novembre, n’y échappera pas, même si beaucoup laissent entendre qu’un procès d’intention n’aura pas lieu. Des critiques sur sa sortie contre Québec solidaire au dernier débat des chefs sont revenues à de nombreuses reprises dans nos échanges avec des acteurs péquistes importants.

Si les raisons derrière sa charge contre Manon Massé font l’unanimité, la façon de faire et le moment auraient fortement nui à la campagne. « Ce n’était pas la meilleure idée en ville », nous a confié une présidente d’association de circonscription. Un président avance aussi que la stratégie de lever le voile sur Québec solidaire est survenue « trop tard ». Un autre affirme qu’il « aurait dû laisser aller et régler ça plus tard ».

Plus fondamentalement, un député défait à la dernière élection estime que la tentation « peut être forte de se concentrer sur la campagne » pendant la CNPP, mais elle ne serait pas « en cause ». « Ce serait une perte de temps », ajoute-t-il.

Un représentant d’une association de comté demeure d’avis que son ancien chef a erré en ne parlant pas suffisamment d’identité, de laïcité, d’indépendance et d’immigration afin « de conserver ses quatre sièges à Montréal » au détriment des régions. Un « shooter de populisme » n’aurait pas fait de tort.

Dans une lettre ouverte publiée dans Le Devoir mercredi, Benoît Béchard, candidat défait dans Bellechasse, écrit que le PQ « n’a pas su adopter des positions simples et pragmatiques sur des enjeux saillants dans l’opinion publique », comme le troisième lien.

L’image du Parti québécois

Les points de vue divergent, donc. Leur faudra-t-il refonder le parti, voire changer son nom comme l’a suggéré Jean-Martin Aussant, mardi, au Journal de Québec?

Pour un député du caucus péquiste, le concept de refondation est « galvaudé », « même le Parti libéral en parle ». On préfère plutôt parler « d’évolution, non pas de révolution ».

Plusieurs évoquent qu’il faudra éviter de tomber dans les « réformes de la forme » ou les changements « cosmétiques ». Rappelons que l’Union nationale était devenue Unité Québec pour ensuite revenir à son appellation d’origine dans les années 70. La longue agonie de la formation politique a pris fin en 1989.

N’empêche, une présidente s’est dite préoccupée quant à la « place de l’image et de la marque » du PQ à la suite de la déconfiture du parti de scrutin en scrutin. « On vit de plus en plus dans un monde d’images », rappelle-t-elle.

La réponse à donner à la défaite du 1er octobre reste pour l’instant inconnue. Il semble néanmoins acquis que le thème de la souveraineté sera de retour à l’avant-plan après le « pas de référendum tant que les Québécois ne seront pas prêts » de Pauline Marois et le report du référendum à un deuxième mandat de Jean-François Lisée.

Nombre de péquistes comptent sur les engagements de la Coalition avenir Québec qui nécessitent l’aval d’Ottawa, notamment en matière d’immigration, pour faire renaître le rêve d’un Québec indépendant. « On va entrer dans une phase plus nationaliste, mais le nationalisme va se buter à Justin Trudeau. C’est bon pour nous, confie un président d’association. Les changements viennent des crises. »

Et à première vue, l’avenir du PQ ne passera pas en faisant équipe avec Québec solidaire. Quand un dirigeant de longue date d’une association affirme que des « gauchistes ont poignardé le PQ dans le dos », on constate l’ampleur de la tâche pour rebâtir les ponts.

La CNPP doit seulement durer quatre heures et des enjeux plus techniques sur l’organisation de la campagne sont à l’ordre du jour. Dans ce contexte, les participants diserts risquent de faire déborder l’examen de conscience hors du huis clos… avec les impressions de chicane qui en découlent.

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