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Justin Trudeau présente les excuses officielles du pays pour les Juifs refoulés en 1939

Le premier ministre Justin Trudeau marque une pause pendant qu'il offre les excuses officielles du Canada pour le sort réservé aux passagers juifs allemands du MS Saint-Louis, en 1939.

Photo : The Canadian Press / Sean Kilpatrick

La Presse canadienne

Le premier ministre Justin Trudeau a présenté mercredi les excuses officielles du gouvernement canadien, qui avait fermé ses portes il y a 79 ans à des réfugiés juifs pendant l'Holocauste.

« En 1939, le Canada a refusé 907 réfugiés juifs perçus comme indignes d'avoir un foyer ou notre aide, a-t-il dit aux Communes dans une déclaration solennelle. Je présente en direct les excuses officielles du gouvernement du Canada aux passagers du MS Saint-Louis et à leur famille pour cette injustice. »

Le MS Saint-Louis avait quitté l'Allemagne avec plus de 900 Juifs qui fuyaient le régime nazi, dans l'espoir de trouver refuge d'abord à Cuba, puis aux États-Unis; toutefois, ces deux pays ont refusé d'accueillir le navire dans leurs ports. Alors que le paquebot s'approchait d'Halifax, des Canadiens ont tenté de convaincre le gouvernement libéral de Mackenzie King d'accepter leur demande d'asile; les responsables fédéraux ont refusé.

Quatre pays d'Europe ont alors offert d'accueillir les demandeurs d'asile, et le MS Saint-Louis est rentré en Allemagne. La plupart des passagers se sont dispersés sur le continent, mais plus de 250 d'entre eux ont été ensuite victimes de l'Holocauste.

Judith Steel se souvient qu'elle tenait la main de son père lorsqu'elle a senti quelqu'un d'autre lui prendre la main; ce geste l'a sauvée du train qui conduira le lendemain ses parents dans le camp de concentration nazi d'Auschwitz, où ils sont morts. C'est précisément ce cruel destin que ses parents espéraient éviter lorsqu'ils avaient embarqué sur le Saint-Louis en 1939.

Présente à Ottawa mercredi, Judith Steel a estimé que ces excuses « enlèveront de ses épaules une partie de cette lourdeur ».

« La tête hideuse de l'intolérance et de la haine »

Cela fait des mois que les excuses du gouvernement canadien sont soigneusement planifiées, mais la mort par balle de onze fidèles dans une synagogue de Pittsburgh, il y a près de deux semaines, donne une signification toute particulière au geste.

« Le drame du Saint-Louis était alimenté par l'intolérance et la haine, qui dressent à nouveau leur tête hideuse », a estimé une autre survivante, Eva Wiener, aujourd'hui âgée de 80 ans.

Les chiffres les plus récents de Statistique Canada révèlent qu'en 2016, c'est la communauté juive qui était la cible la plus fréquente des crimes haineux visant une religion.

Steve McDonald, directeur des politiques au Centre consultatif des relations juives et israéliennes, espérait la semaine dernière que ces excuses ouvriraient un débat sur « ce que nous pouvons tous faire pour lutter contre l'antisémitisme – indépendamment de notre passé – et en particulier sur ce que le gouvernement et les élus peuvent faire ».

L'antisémitisme n'est pas un problème juif

« L'antisémitisme vise directement les Juifs, mais il ne concerne pas que les Juifs et ce n'est pas un problème juif. »

L'histoire du Saint-Louis a suscité un regain d'intérêt l'année dernière lorsque des photos et des récits de victimes ont été diffusés sur les médias sociaux en réponse à la décision du président des États-Unis, Donald Trump, de fermer les portes à des immigrants et des réfugiés de certains pays.

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