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Vaccination des enfants contre le VPH : disparités majeures entre régions

Un travailleur de la santé de Québec reçoit le vaccin contre la grippe.

Photo : La Presse canadienne / Jacques Boissinot

Radio-Canada

Des parents hésitent toujours à faire vacciner leur enfant contre le virus du papillome humain (VPH), une maladie transmise sexuellement.

Un texte de Davide Gentile

Des enfants de 4e année attendent nerveusement à l'entrée de la salle de vaccination. Même s'ils n'ont que 9 ou 10 ans, on leur offre deux vaccins pour des maladies transmissibles sexuellement. Un pour l'hépatite A et B, et l'autre pour le virus du papillome humain.

« C'est le premier vaccin à l'école primaire et il y a une crainte », dit Diana Muccitelli, infirmière de l'École Jules-Verne dans l'arrondissement Montréal-Nord. La petite Dania serre les dents en recevant l'injection. « Ça me stressait un peu beaucoup! Ma mère et mon petit frère m'ont dit que ça allait faire mal! »

Elle a reçu les deux vaccins. Mais certains des écoliers présents ne reçoivent que celui contre l'hépatite.

« C'est un des vaccins pour lesquels il y a le plus d'hésitation au Québec », relève Ève Dubé, anthropologue et chercheuse à l'Institut national de santé publique du Québec.

Le vaccin contre le VPH est offert aux filles depuis 2008, mais le taux de vaccination contre le VPH stagne et reste sous l'objectif de 90 %.

Montréal en queue de peloton

Certaines régions comme le Saguenay–Lac-Saint-Jean ou la région de Québec ont atteint des taux de vaccination de plus de 85 % dès la 4e année chez les filles. La moyenne provinciale est de 77 %, mais certaines régions tirent sérieusement de la patte.

C'est le cas de Montréal qui est en queue de peloton avec 68 % de vaccination chez les filles de 4e année. Même s'il est offert depuis 10 ans aux filles, ce vaccin est encore perçu comme une nouveauté par les parents, affirme Mme Dubé. « Et il y a une réticence particulière parce que c'est offert à des enfants de 9 ans pour les protéger contre des infections transmises sexuellement. »

Une réticence encore plus forte pour les petits garçons, à qui l'on offre le vaccin depuis 3 ans. À l'échelle provinciale, la moyenne d'administration de ce vaccin est de 74 %. Ici encore, l'île de Montréal est sous la moyenne provinciale avec un taux de vaccination contre le VPH de 64 %.

Scepticisme des immigrants

« La diversité ethnique présente un défi », dit Mme Dubé, de l'Institut national de santé publique du Québec (INSPQ).

L'Institut a pris part à une recherche menée sur le sujet par l'Alliance des communautés culturelles pour l'égalité dans la santé et les services sociaux. Cinq communautés linguistiques de la région de Montréal ont été consultées pour tenter de comprendre si les immigrants de la métropole sont plus sceptiques face au vaccin.

« Je ne dirais pas que la réticence est plus forte, mais il y a clairement un manque de connaissances », dit Adina Ungureanu de l'Alliance. Les immigrants consultés se posaient beaucoup de questions sur les effets secondaires possibles. Et ils veulent savoir pourquoi on l'administre à de si jeunes enfants.

« Avant l'adolescence, on produirait plus d'anticorps et donc le vaccin fonctionnerait mieux », dit Marie-Hélène Mayrand, gynécologue et chercheuse aux CHUM. « Mais le plus important, c'est de le donner avant la première activité sexuelle », dit-elle.

Cet élément explique en partie la réticence dans plusieurs familles, peu importe l'origine ethnique. Mais chez les allophones, la difficulté à comprendre l'information transmise au sujet du vaccin jouerait un rôle important.

« Dans la communauté chinoise, les mères n'avaient pas entendu parler du VPH et de la vaccination contre le VPH », relate Mme Ungureanu, qui a pris part à l'étude sur le sujet. Et dans bien des milieux, on doute de l'innocuité du vaccin contre le VPH.

À preuve, d'autres régions ont des taux de vaccination contre le VPH qui sont très bas. C'est le cas par exemple des Laurentides où seulement 69 % des garçons sont vaccinés.

« Il existe des communautés où le scepticisme face à la vaccination est fort dans les Laurentides », affirme Ève Dubé.

Le taux de vaccination global contre le VPH se rapproche de l'objectif gouvernemental de 90 % en secondaire 3. Les jeunes ont alors une autre occasion de se faire vacciner à l'école. Et c'est eux, à ce moment, qui décident s'ils veulent ou non recevoir le vaccin contre le VPH.

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