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Trump et le nouveau Congrès : à quoi s'attendre?

Donald Trump lors d'une conférence de presse à la Maison-Blanche.
Le président Donald Trump au lendemain des élections de mi-mandat. Photo: Getty Images / Pool

Voici quatre questions pour comprendre les résultats de mi-mandat et leurs effets sur la politique américaine.

Les démocrates ont ravi une trentaine de sièges à la Chambre des représentants mardi et devraient en obtenir 229 contre 206 chez les républicains, selon les dernières estimations du New York Times. Au Sénat, la majorité républicaine devrait passer de 51 à 53 sièges, sur 100.


1. Que dit cette élection sur la popularité du président?

Les élections de mi-mandat sont habituellement vues comme un référendum sur le président.

Au cours des dernières décennies, le parti au pouvoir a perdu en moyenne 25 sièges à la Chambre des représentants et quatre sièges au Sénat.

Les républicains de Donald Trump ont perdu une trentaine de sièges à la Chambre des représentants, mais ils en ont gagné quatre au Sénat.

On ne peut donc pas interpréter ces résultats comme une critique cinglante envers M. Trump, croit Gayle Alberda, professeure de politique et d'administration publique à l’Université Fairfield, au Connecticut.

« Il y a eu des défaites pour les républicains, mais aussi des gains de quelques sièges [au Sénat] », précise-t-elle, citant le cas du Missouri, où le républicain Josh Hawley a battu la sénatrice démocrate sortante Claire McCaskill.

Josh Hawley lors d'une conférence de presse.Le nouveau sénateur élu du Missouri, Josh Hawley, lors d'un arrêt de campagne à Saint-Louis, le 5 novembre 2018 Photo : Getty Images / Scott Olson

Des propos nuancés par Laura Blessing, de l’Institut des affaires gouvernementales de l’Université Georgetown, à Washington. « Il ne faut pas oublier que 26 des 35 sièges en jeu au Sénat étaient occupés par des démocrates, dans des États qui ont voté pour Donald Trump en 2016 », rappelle Mme Blessing.

Les démocrates avaient une carte électorale profondément défavorable pour ces élections.

Laura Blessing, professeure à l’Institut des affaires gouvernementales de l’Université Georgetown

De plus, croit-elle, même si des candidats démocrates très médiatisés comme Beto O’Rourke, au Texas, et Stacey Abrams, en Georgie, ont finalement été battus par leurs adversaires républicains, il est remarquable qu’ils se soient rendus aussi loin.

« Ces résultats serrés [dans des États traditionnellement républicains] sont une réaction à l’administration Trump », croit-elle.


2. Qu’est-ce qui va changer à la Chambre des représentants?

L’accent sera dorénavant mis sur les enquêtes et la surveillance plutôt que sur la législation, croit Laura Blessing. « Il va y avoir un contrôle et une surveillance accrus des politiques de l’administration Trump, mais aussi de M. Trump personnellement », souligne-t-elle.

Les démocrates du Comité des voies et moyens de la Chambre des représentants avaient déjà fait savoir avant les élections qu’ils se pencheraient sur les déclarations de revenus du président si leur parti remportait les élections.

À partir de l'entrée en fonction du prochain Congrès, le 3 janvier 2019, ce sera également plus difficile pour M.  Trump de mettre en oeuvre ses projets de réforme de l’immigration ou du système de santé, croit Gayle Alberda.

Des manifestants crient et brandissent des pancartes devant le Capitole.Manifestation en faveur des Dreamers devant le Capitole, siège du Congrès, le 6 décembre 2017. Photo : Reuters / Yuri Gripas

« Quand le gouvernement est divisé, c’est plus compliqué pour le président de faire adopter ses initiatives politiques, affirme-t-elle, et cela crée des blocages politiques. »

Elle croit également que cette division devrait mener à des compromis. « On risque de voir l’adoption de politiques plus consensuelles et de textes de loi bipartisans », estime Mme Alberda.

« Donald Trump ne pourra pas faire grand-chose du point de vue législatif, soutient Elizabeth Sanders, professeure au Département du gouvernement de l’Université Cornell, à Ithaca, mais ça ne l’empêchera pas d'appliquer les décrets présidentiels, dont il s’est déjà servi abondamment pour contourner les débats au Congrès. »

En outre, il pourra certainement nommer un ou deux autres juges conservateurs à la Cour suprême dans les prochaines années.

Donald Trump, président des États-Unis

3. Pourrait-il y avoir une procédure de destitution?

C’est peu probable, estime Elizabeth Sanders, dans la mesure où les républicains sont toujours majoritaires au Sénat, lequel doit approuver le processus.

« Si Nancy Pelosi est élue présidente de la Chambre, je ne crois pas qu’une telle procédure soit amorcée, précise-t-elle. Mme Pelosi est quelqu'un de pratique. Elle ne passera pas des mois et des mois sur un processus de destitution qui sera finalement défait au Sénat. »

C’est pourquoi Donald Trump était particulièrement satisfait de conserver le Sénat, croit-elle, et la raison pour laquelle les républicains ont investi beaucoup d’argent dans les courses sénatoriales. « C’était très personnel pour Trump, croit Mme Sanders. Si la Chambre le destitue, le Sénat n’ira pas de l’avant. »

De plus, c’est le Sénat qui confirme les nominations à la Cour suprême et qui ratifie les traités internationaux, des prérogatives qui restent donc entre les mains des républicains.


4. Il y avait un nombre record de femmes candidates lors de ces élections. Ont-elles remporté leur pari?

Quelque 277 femmes étaient candidates lors des élections, que ce soit au Congrès ou comme gouverneures d’État. Selon les résultats provisoires, 95 d’entre elles ont gagné leur pari à la Chambre des représentants, battant le record de 85 femmes élues en 1992. De plus, au moins 13 femmes ont remporté des sièges de sénatrices, portant le total de la Chambre haute à 23.

Les femmes représenteront 22 % des membres du Congrès.

Des partisans acclament les deux élues.La sénatrice démocrate Elizabeth Warren embrasse la représentante nouvellement élue au Massachusetts Katherine Clark. Photo : Getty Images / JOSEPH PREZIOSO

C’est une victoire, mais il n’y a pas encore assez de femmes au Congrès, soutient Elizabeth Sanders.

« Les femmes sont sous-représentées au sein du gouvernement national comparativement à d’autres démocraties », pense-t-elle.

Il faut aussi regarder le nombre d’électrices qui se sont prononcées, croit Gayle Alberda. « Il y a eu une affluence record aux bureaux de vote pour ces élections de mi-mandat, et une majorité de ces électeurs étaient des femmes », souligne-t-elle.

Selon des sondages de sortie des urnes, les femmes représentaient 52 % des électeurs et elles ont voté en majorité pour les démocrates.

« En 2020, elles seront une force importante que les démocrates devraient surveiller attentivement, croit Mme Alberda, surtout s’ils décident de présenter une femme contre Donald Trump. »

Avec les informations de Agence France-Presse

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