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Des étudiants autochtones dénoncent le racisme ordinaire à l'Université du Manitoba

Un jeune homme autochtone aux cheveux longs porte une boucle d'oreille à l'oreille droite.

Jack Theis, un étudiant de Dallas, au Texas, dit que le racisme existait à l'Université du Manitoba bien avant que des affiches portant l'inscription « Il n'y a pas de mal à être Blanc » ont été affichées sur le campus.

Photo : Radio-Canada / Lizaville Salle

Radio-Canada

Une semaine après la découverte d'affiches collées sur les murs du campus de l'Université du Manitoba proclamant « Il n'y a pas de mal à être Blanc », des étudiants autochtones rappellent qu'il ne s'agit, selon eux, que du dernier exemple en date du racisme présent sur le campus manitobain.

Originaire de Dallas, au Texas, Jack Theis dit qu'il n'aurait jamais pensé être victime de racisme lors de son premier jour à l'Université du Manitoba. L'étudiant de 26 ans, qui est venu à Winnipeg pour suivre un cours en études autochtones, est encore choqué par ce qu'il a vécu.

C'était peut-être mon troisième jour au Canada et je me suis dit que cela prendrait encore quelques semaines avant que je commence à être l'objet de racisme au Canada. Eh bien, non, c'est arrivé dès le premier jour.

Jack Theis, étudiant américain à l'Université du Manitoba

« Le premier jour de classe, tous les étudiants blancs autour de moi juraient et se plaignaient d'avoir à suivre ce cours en études autochtones. Je les ai interpellés plus tard en classe et le professeur, qui était Autochtone, leur a fait un rappel, et j'ai trouvé cela bien, mais ces jeunes ne devraient vraiment pas dire ce genre de choses. »

Jack Theis, qui est Anishinaabe et Métis, n'a pas précisé la nature des commentaires qu'il a entendus, mais il dit que les étudiants qui ont fait ces remarques savaient qu'il était Autochtone.

« Il était hors de question que j'accepte cela. En voyant ma queue de cheval, ils pouvaient voir qui j'étais et cela ne les pas empêchés de le faire », constate-t-il.

Jack Theis explique qu'à partir de ce jour-là il a commencé à s'asseoir avec d'autres étudiants autochtones au premier rang de la classe afin de pouvoir se concentrer sur les cours.

« Ça se passe tous les jours »

« Nous ne devrions pas être obligés de nous installer dans certains endroits de la classe parce que nous nous sentons tellement mal à l'aise que nous ne pouvons pas nous concentrer sur ce que dit le professeur. Ce n'est pas correct », déplore l'étudiant américain.

Il ajoute avoir été victime et témoin de nombreux incidents racistes sur le campus depuis.

« Ça se passe tous les jours, je ne compte plus. »

Jack Theis n'est pas le seul étudiant autochtone qui dit subir du racisme sur le campus.

Selon une autre étudiante, Shayla Seymour, les étudiants autochtones peuvent se sentir très seuls.

« Ça me touche beaucoup quand l'un de nous subit cela, qu'il s'agisse d'être l'objet de racisme en classe ou de se sentir exclu sur le campus », confie la mère célibataire de 24 ans originaire de Kenora, dans le Nord-Ouest ontarien.

Parfois, c'est difficile de se rendre en classe lorsqu'on sait que les gens vont parler de nous comme si on n'était même pas là. C'est dur.

Shayla Seymour, étudiante autochtone de l'Université du Manitoba

Elle en est à sa deuxième année d’études et espère entrer à l'Asper School of Business. Elle fait également partie de l'Association des étudiants autochtones de l'Université du Manitoba.

« En tant qu'Autochtone, on doit créer sa propre communauté ici. On doit trouver son propre sentiment d'appartenance, car on sait que ce n'est pas un établissement qui nous était destiné. Nous n'étions pas censés être ici », affirme-t-elle.

« Toutes les photos sur le mur de l'Union des étudiants de l'Université du Manitoba remontent aux années 1970 et on n'y voit aucune personne de couleur. »

Manitoba

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