•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Un retour dans le temps au Resto Des Chênes de Limoilou

Une femme met du sirop sur un dessert au Resto Des Chênes de Limoilou
Le quotidien au Resto Des Chênes de Limoilou Photo: Radio-Canada
Radio-Canada

Figé dans les années 1980, le Resto Des Chênes, dans Limoilou, est une institution pour les retraités et les travailleurs du quartier. Les habitués, appelés souvent « bébé » ou « p'tit-loup » par la propriétaire, font maintenant partie de la famille.

Un texte de Jean-François Nadeau

Dès qu'on entre dans le restaurant, c'est comme revenir à la maison avec un menu similaire à celui que servaient les mères et les grands-mères du Québec.

La propriétaire et serveuse, Annie Boissonneault, considère ses clients comme ses amis ou même ses enfants. C'est ce contact avec les gens qui l'a incitée à ouvrir un restaurant, il y a 13 ans.

« J'aime ça, à cause du monde. C'est des bons clients. Ce sont mes bébés. Je les appelle tous bébé, mon loup, mon pit, mon chéri. C'est leurs noms, raconte-t-elle en riant. On jase avec les clients. Il y en a qui ont des problèmes, on jase avec eux-autres. Quand il y en a de bonne humeur, on embarque encore plus avec eux autres. »

La propriétaire du Resto Des Chênes, Annie BoissonneaultLa propriétaire du Resto Des Chênes, Annie Boissonneault Photo : Radio-Canada

Le Resto Des Chênes semble avoir résisté à l'arrivée des cellulaires et des réseaux sociaux. Les gens se parlent d'une table à l'autre. Le menu est composé de plats traditionnels.

Le restaurant est tenu par Annie, sa tante, et sa mère, Pierrette. L'établissement ouvre à 3 h, tous les matins.

« On n'a rien de fait. On fait des patates nous-mêmes. On n'a pas de légumes congelés. On épluche les légumes, on fait les desserts ici, on fait des patates, on fait tout. Faut faire cuire les viandes. Ça prend un temps de cuisson et de préparation », explique Annie Boissonneault.

Une bonne partie du menu repose sur Pierrette, 77 ans. Celle que plusieurs appellent Mamie se lève à 4 h tous les matins. Elle prépare la plupart des mets du midi. Toutes les recettes sont dans sa tête et tout se fait à l'oeil. Il n'y a pas de tasses à mesurer au Resto Des Chênes.

Photo : Radio-Canada

« Il n'y a plus bien bien de recettes de même dans les livres, raconte Pierrette en préparant un ragoût de boulettes. Je sais à peu près ce qu'on mettait dedans quand j'étais jeune. Je fais la même chose. On y goûte, puis si c'est pas bon, la fois d'ensuite, on corrige. »

« Ma mère est bonne. Elle m'a dit qu'elle ferait une centenaire. C'est ça qui la garde debout, travailler. Les personnes âgées, quand tu les laisses assises à la maison à rien faire, c'est là qu'elles se sentent inutiles. C'est là que les maladies rentrent », renchérit sa fille, Annie.

Photo : Radio-Canada
Des clients du Resto Des ChênesDes clients du Resto Des Chênes Photo : Radio-Canada

Les clients, des habitués qui pour plusieurs déjeunent et dînent au restaurant tous les jours, semblent apprécier. Ils parlent des gens du restaurant, clients autant qu'employés, comme de leur famille.

« C'est un restaurant chaleureux. Des restaurants de même dans la ville de Québec, t'en as pas beaucoup. La nourriture, le monde, ce sont tous des grands amis, des chums », raconte Fernando Lachance.

« J'aime la nourriture. Le midi, on a toute notre petite gang ensemble. On s'amuse ensemble. J'aime le ragoût et la soupe aux gourganes. C'est la meilleure. Même qu'elle est meilleure ici qu'à L'Île-Aux-Coudres », ajoute Francois Lemieux.

Le menu du jour est composé selon les spéciaux. Annie Boissonneault fait elle-même les courses pour pouvoir offrir chaque jour un repas complet à moins de 10 $.

« Quand ils annoncent le gros jambon avec l'os à 1,49 $ la livre, j'en achète. Je fais du gros jambon patates jaunes. Le monde adore ça », dit-elle.

La famille Boissonneault souhaite poursuivre encore assez longtemps pour célébrer les 25 ans du Resto Des Chênes.

Québec

Restaurants