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La longévité serait moins héréditaire qu’on le pensait

Une femme dont la moitié du visage est jeune, alors que l'autre moitié est âgée.
La génétique influe encore moins sur la longévité qu'on ne l'estimait jusqu'aujourd'hui. Photo: getty images/istockphoto / BLACKDAY
Radio-Canada

Votre grand-père a peut-être vécu au-delà de 90 ans, mais son héritage génétique ne fera pas nécessairement de vous un nonagénaire, puisque des scientifiques américains estiment maintenant que l'héritabilité de la durée de vie se situerait bien en dessous de 10 %. Explications

Un texte d'Alain Labelle

La longévité humaine, le temps écoulé entre la naissance et la mort, intègre certains aspects de la génétique, mais également du mode de vie et de l'environnement.

À ce jour, on s'accordait généralement pour dire que la longévité est ancrée dans les familles grâce aux fameux « bons gènes », mais les estimations de cette « héritabilité » restaient constamment assez faibles (entre 15 % et 30 %) dans les précédentes études.

Or, la génétique influe encore moins sur la durée de vie que l'estimaient ces travaux, montre l’analyse des données recueillies auprès de 439 millions de personnes par Ancestry.com.

Des millions d’arbres généalogiques

Pour l’établir, des chercheurs de Calico Life Sciences and Ancestry ont scruté les données généalogiques des arbres publics d'Ancestry pour tenter de mieux cerner l'héritabilité de la longévité humaine.

Les informations de cette immense base de données comprenaient l'année de naissance, l'année du décès, le lieu de naissance et les liens familiaux. Elles ont permis d'examiner les familles au fil des générations, en analysant non seulement la longévité des membres de la famille proche, mais aussi celle des beaux-parents.

Bye bye bons gènes

À l'aide de modèles mathématiques et statistiques, les chercheurs ont constaté que pour les frères et sœurs et les cousins germains, l'héritabilité de la longévité était à peu près la même que dans les études précédentes, c’est-à-dire entre 20 % et 30 %.

Mais cette estimation tombe en dessous de 15 % pour les relations comprenant la famille du partenaire.

En outre, les chercheurs ont également constaté que la longévité des conjoints était semblable, et plus similaire que celle des frères et sœurs du sexe opposé.

Ces données laissent à penser que les conjoints vivent dans le même ménage et partagent donc des facteurs non génétiques importants, comme l'alimentation et le mode de vie en général.

Comme les beaux parents

Fait étonnant, les résultats de l'étude montrent aussi que les beaux-parents avaient des durées de vie similaires, même s'ils n'étaient pas liés par le sang et ne partageaient pas un espace commun de vie.

Selon les chercheurs, l'effet de l'accouplement assortatif, un phénomène dans lequel des partenaires présentant des traits similaires se mettent plus souvent en couple, expliquerait cette réalité.

Évidemment, personne ne sait quand elle ou son partenaire mourra. Alors, dans ce cas, l'accouplement assortatif serait basé sur des caractères secondaires comme, par exemple, le revenu qui influe sur la durée de vie, puisque bien manger et prendre soin de sa santé sont tous deux liés en quelque sorte à l'argent.

Donc, selon les auteurs de ces travaux publiés dans la revue Genetics (Nouvelle fenêtre) (en anglais), si les personnes issues de familles à revenu égal ont tendance à se marier entre elles, cela expliquerait une longévité similaire dans les relations non familiales.

En tenant compte du choix du partenaire dans leurs calculs, les chercheurs ont estimé que l’apport de l'héritabilité dans la longévité était autour de 7 %, et peut-être même moins.

Donc, en conclusion, la longévité humaine est beaucoup moins tributaire de la génétique que l’on estimait.

Biologie

Science