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  • L’Armistice et la fin de la Grande Guerre racontés par des vétérans canadiens

    Des soldats au combat sortent des tranchées.
    De 1914 à 1918, 650 000 hommes et femmes se joignent à l’armée canadienne. Photo: Radio-Canada / Reportage sur la guerre de 1914-1918

    Il y a maintenant 100 ans que la Grande Guerre de 1914-1918 a pris fin. Le 11 novembre 1918, l'Armistice est signé par les forces alliées et l'Allemagne est déchue. C'est la fin des combats. Quatre ans de violence extrême se sont écoulés, causant la mort de plus de 16 millions de soldats et de civils. De nos archives, d'anciens vétérans canadiens livrent leurs témoignages sur cet événement historique majeur.

    Le jour du Souvenir est souligné le 11 novembre de chaque année. Moment d’une importance capitale dans la mémoire européenne et internationale, il commémore la fin de la Première Guerre mondiale.

    Le 28 juin 1914, l’archiduc François-Ferdinand d’Autriche-Hongrie est assassiné par un nationaliste serbe lors d’une visite à Sarajevo. Sur fond de relations diplomatiques déjà bien tendues, cet événement déclencheur vient embraser le continent européen et le monde.

    L’Autriche, après avoir demandé réparation au petit État des Balkans, lui déclare la guerre le 28 juillet. Le jeu des alliances entre les pays européens est d’une complexité telle qu’un effet domino s’ensuit.

    D’un côté, la Triple-Entente se forme avec la Russie, qui désire protéger ses intérêts dans les Balkans, la France et la Grande-Bretagne, deux alliées diplomatiques.

    S’y oppose la Triple-Alliance avec les empires austro-hongrois et allemand. L’Italie se joint au départ à l'Alliance. Mais elle refuse de fournir un effort de guerre et finit par se ranger en 1915 du côté de l’Entente.

    On ne s’attend alors pas à une guerre de longue durée. Mais elle le sera. Pendant quatre ans, l’Europe est immobilisée dans une guerre sanguinaire.

    Le Canada entre en guerre en août 1914 en tant que dominion de la Grande-Bretagne. Au cours des quatre années de combats, ce sont pas moins de 650 000 soldats qui vont se rendre au front.

    Le colonel Paul-Émile Bélanger est parmi ceux qui avaient été mobilisés. Il se remémore la pire bataille à laquelle il a participé, avec le journaliste Jean-Paul Nolet à l’émission Jour de paix du 10 novembre 1968.

    Le pire endroit où j’ai passé comme simple soldat, ça a été Passchendaele [à l’est d’Ypres] du 6 novembre 1917 au 15 novembre de la même année. Ce fut terrible. D’abord, le terrain était marécageux. Nous avons perdu des hommes qui se sont enlisés dans la boue, puis l’eau.

    Le colonel Bélanger se souvient de l’annonce surprise de la fin de la guerre. Elle arrive en coup de foudre le 10 novembre 1918 alors que les combats vont bon train contre l’ennemi allemand.

    Le lendemain, par un 11 novembre ensoleillé, les affrontements cessent sur le coup de 11 heures.

    Si Paul-Émile Bélanger est déçu que la guerre se termine avant la défaite au front des Allemands, il en est tout autrement pour le soldat Georges Marcoux.

    Tout le monde en avait assez. Ça faisait assez longtemps que ça durait.

    Le vétéran livre quelques-uns de ses souvenirs du jour de l’Armistice à l’émission de radio Frères d’armes du 11 novembre 1989.

    Certains abaissent les armes et vont à la rencontre de forces ennemies pour socialiser, s’échanger des cigarettes. D’autres tirent dans les airs afin de dépenser les munitions.

    Georges Marcoux a continué à servir pendant la Deuxième Guerre mondiale. Mais avec l’expérience qu’il a vécue pendant la Grande Guerre, il demande à ne pas être renvoyé en Europe.

    Toutefois, le traumatisme de la Première Guerre mondiale n’a pas empêché un bon nombre de vétérans de retourner au front lors de la guerre de 1939-1945.

    Je me suis enrôlé de nouveau. On ne pouvait pas me retenir. Il semblait que sans moi, la guerre ne pouvait pas se gagner.

    Vétéran des deux guerres mondiales

    Le journaliste Gabi Drouin récolte des anecdotes du front avec d'anciens soldats canadiens à l’émission de radio Présent 2e édition nationale du 10 novembre 1967.

    Ils évoquent également ce qu’ils ont fait après 1918.

    La bravoure, c’est une question de nerfs. Si vous perdez vos nerfs, vous n'êtes plus capable de rien faire.

    Vétéran de la guerre de 1914-1918

    Suite à la cessation des combats avec l’Armistice, le Traité de Versailles est signé en 1919, mettant officiellement fin à la guerre.

    La Première Guerre mondiale est un événement historique d’une ampleur sans précédent. Elle a ouvert la voie à un nouvel ordre mondial, mais a mis les premières pierres du chemin qui a mené au second conflit de 1939 à 1945.

    Cet événement tragique et sanglant se doit d’être commémoré année après année afin de préserver la mémoire de tous ceux et celles qui y ont laissé leur vie. Et afin que l’histoire ne se répète pas.

    Le Canada durant la Grande Guerre en quelques chiffres

    • De 1914 à 1918, 650 000 hommes et femmes se joignent à l’armée canadienne.
    • La bataille d’Ypres est la première à laquelle participe un contingent canadien le 22 avril 1915.
    • Plus de 66 000 soldats mourront au combat. De ce nombre, près de 27 000 Canadiens sont morts sans être identifiés.
    • La guerre fait plus de 170 000 blessés.
    • En avril 1917, 3600 soldats canadiens meurent lors de la bataille de la crête de Vimy.
    • Le Canada signe le Traité de Paix comme une nation à part entière.
    • La mémoire des Canadiens tombés en France pendant la Grande Guerre est immortalisée par un monument commémoratif du Canada à Vimy élevé en 1936.
    • En 1997, la Légion royale canadienne propose la création d'une tombe du Soldat inconnu pour le Canada. On veut rendre hommage aux Canadiens morts à la guerre dans l'anonymat.
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