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Tony Clement chassé du caucus conservateur dans la foulée d'un scandale de sextage

Un homme portant veston et cravate attend d'entrer dans une salle, les yeux baissés.

Photo datant du 12 juillet 2016, le député conservateur Tony Clement est sur le point d’annoncer sa candidature dans la course à la direction du Parti conservateur du Canada à Mississauga, en Ontario.

Photo : La Presse canadienne / Chris Young

Radio-Canada

Le chef conservateur Andrew Scheer a demandé mercredi après-midi au député Tony Clement de démissionner du caucus de sa formation politique. M. Clement a reconnu avoir envoyé des photos et une vidéo explicites de lui-même à une femme qu'il croyait être une destinataire consentante.

Plus tôt aujourd'hui, le chef conservateur avait pris la décision de maintenir M. Clement au sein du caucus. Il disait croire « sur parole » son député lorsque ce dernier affirmait que le partage de photos et vidéo explicites était un incident sans précédent dans sa vie.

Mais, dans le courant de la journée, Andrew Scheer affirme avoir eu vent de nombreuses autres allégations : « Alors, considérant cela, j'ai demandé à Tony de démissionner du caucus de sorte qu'il puisse répondre à ces allégations », a déclaré M. Scheer.

De nouvelles informations donnent à penser que ce n'était pas un incident isolé.

Andrew Scheer

Le départ de M. Clement du caucus est le dernier épisode d'une affaire qui soulève des interrogations en matière de sécurité nationale, à Ottawa.

C'est le premier ministre canadien Justin Trudeau qui avait nommé Tony Clement au sein du Comité des parlementaires sur la sécurité nationale et le renseignement. Un comité ultrasecret qui a le pouvoir d’examiner les activités de la Gendarmerie royale du Canada (GRC), du Service canadien du renseignement de sécurité (SCRS) et de l’Agence des services frontaliers, entre autres.

À la suite des révélations voulant qu'il soit la présumée victime d'une tentative de sextorsion, Tony Clement a dû démissionner de ce comité stratégique.

« Évidemment que c'est un problème », avait reconnu le chef du Parti conservateur du Canada (PCC), Andrew Scheer, en mêlée de presse mercredi, dans les couloirs de la Chambre des communes.

C'est une très mauvaise décision, et les ramifications que cela pourrait avoir sur le plan de la sécurité nationale sont actuellement à l'étude au Bureau du conseil privé et dans les agences de renseignement.

Andrew Scheer, chef du Parti conservateur du Canada

À son arrivée à la réunion hebdomadaire de son caucus, mercredi matin, le premier ministre Trudeau a refusé net de faire des commentaires sur l'impact potentiel des agissements de Tony Clement sur la sécurité nationale. « Je n'ai pas de commentaire à faire sur Tony Clement », a-t-il lancé avant de tourner les talons.

Un comité ultrasecret

La directrice générale du comité sur la sécurité nationale et le renseignement, Rennie Marcoux, affirme que les membres de ce comité et le personnel du secrétariat « sont assujettis aux mêmes exigences en matière de sécurité et confidentialité que la communauté de la sécurité nationale et du renseignement ».

« Nous devons entreposer tous les appareils électroniques avant d'entrer dans les zones d'accès restreint, y compris nos bureaux », a précisé Mme Marcoux, refusant d'aller plus loin « puisque la GRC a confirmé avoir ouvert une enquête ».

La police fédérale a en effet dit avoir « reçu une plainte de la part de la personne concernée » et a indiqué qu'une enquête est présentement en cours. Mais « pour cette raison, nous ne sommes présentement pas en mesure de commenter davantage à ce sujet », a-t-on signalé.

Images et vidéo « sexuellement explicites »

Informé la semaine dernière de cette enquête de la GRC, Andrew Sheer a rencontré lundi son député. C'est alors que Tony Clement lui a confié avoir, dans les trois semaines précédentes, « partagé des images et une vidéo sexuellement explicites de moi-même à quelqu’un que j'ai cru être une destinataire féminine consentante », comme l'a écrit le PCC dans un communiqué, mardi.

« À ce moment, [il n'y avait] aucune autre allégation ou situation qui était plus sérieuse que ça, a dit le chef conservateur mercredi. C’est évidemment une très mauvaise décision, alors M. Clement et moi avons eu une conversation et nous avons décidé que la meilleure action pour lui est de démissionner. »

La GRC enquête sur cette tentative de sextorsion dont M. Clement affirme avoir été victime. Le récipiendaire des photos et de la vidéo serait une personne, ou un groupe, qui ont tenté de faire chanter, de l'aveu du député.

« Je reconnais que j’ai emprunté une mauvaise voie et que j’ai fait preuve de mauvais jugement », a écrit M. Clement, qui présente ses excuses à sa famille et à ses collègues.

Le député s'engage à obtenir de l'aide « pour que cette situation ne se reproduise plus ».

Le député Clement a été l'un des piliers du PCC. Il a été ministre sous Stephen Harper et a tenté à deux reprises de se faire élire à la tête de la formation. Avant d'arriver sur la scène fédérale, il avait été ministre au sein du gouvernement de Mike Harris, à Queen's Park.

Avec les informations de CBC, et La Presse canadienne

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