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500 personnalités appellent les Québécois à s'engager pour le climat

500 personnalités québécoises appellent leurs concitoyens à poser des gestes concrets pour la planète

Photo : Radio-Canada / Louis-Philippe Ouimet

Radio-Canada

Hubert Reeves, Catherine Potvin, Guy Laliberté, Laure Waridel, Gilles Vigneault, Véronique Cloutier, Fred Pellerin et Diane Dufresne sont quelques-unes des 500 personnalités qui sonnent le tocsin et appellent les Québécois à se mobiliser pour « sauver la planète ».

Un texte de Yanick Cyr

Regroupées au sein du mouvement du « Pacte pour la transition » écologique, initiative du metteur en scène Dominic Champagne, ces personnes invitent les Québécois à rejoindre leurs rangs en s’engageant, pour une période de deux ans, à poser des gestes concrets pour contrer les changements climatiques.

Issues des mondes artistique et scientifique ainsi que de la société civile, ces personnalités sont convaincues qu'il est nécessaire de se mobiliser afin d'éviter le désastre écologique annoncé par de nombreux scientifiques internationaux.

Les signataires du pacte pour la transition répondent ainsi à l'appel du secrétaire général de l'ONU, qui a incité la société civile de tous les pays à se mobiliser derrière cet objectif. « Nous avons deux ans pour agir sous peine de conséquences désastreuses », a déclaré Antonio Guterres en septembre dernier.

Dominic Champagne souhaite récolter un million de signatures au cours des prochains mois.

Empruntant une analogie guerrière, le metteur en scène compare la lutte contre les changements climatiques et la consommation de pétrole à l’effort de guerre fourni par ses grands-parents lors de la Deuxième Guerre mondiale.

« La combustion du pétrole et le carbone qu’on pellette dans l’atmosphère », sont les ennemis contemporains, a-t-il lancé devant un parterre de célébrités québécoises venues appuyer le mouvement. « On a notre effort de guerre à faire. »

Les citoyens sont invités à s'enrôler et à signer un engagement de deux ans afin de mener la bataille climatique sur les cinq fronts suivants :

  • Le pétrole;
  • La consommation;
  • L’alimentation;
  • L’empreinte énergétique;
  • L’engagement citoyen.

Les instigateurs du Pacte pour la transition invitent leurs concitoyens, par exemple, à limiter leur utilisation de la voiture et de l’avion pour prioriser la mobilité durable, le covoiturage, l’autopartage, le transport collectif et actif. Ils leur enjoignent aussi de réduire la consommation énergétique de leurs habitations et de ne plus investir leurs épargnes dans le secteur des énergies fossiles.

« Nous sommes tous drogués au pétrole »

Évitant de s'ériger en modèle, les 500 signataires insistent sur l'importance de solliciter le plus grand nombre de citoyens pour qu'ils fournissent leur effort « à la hauteur de leurs moyens ».

« Il ne s’agit pas de se poser en purs et durs, on n’est pas là pour faire la morale, a prévenu Dominic Champagne. Les réalités sont différentes si on vit au nord de Sept-Îles ou si on vit à Montréal. Le transport collectif n’est pas adapté pour toutes les situations. »

« Ici, il y a à peu près juste Laure Waridel de parfaite », a-t-il lancé, à la blague. Il a opposé la célèbre militante altermondialiste au milliardaire Guy Laliberté – « le plus grand pollueur individuel que je connaisse », a-t-il souligné, moqueur –, également signataire du pacte, afin de démontrer que tout le monde devait fournir son effort.

On est tous complices dans le crime, on est tous drogués au pétrole.

Dominic Champagne

Reconnaissant l’importance du pétrole dans le développement économique des pays industrialisés, M. Champagne soutient qu’il est temps de s’en séparer en soulignant que le Québec est dans une position enviable pour effectuer la transition énergétique vers l’électricité.

Sur les fronts de la consommation et de l’alimentation, les volontaires sont encouragés à abaisser leur consommation globale en diminuant leur production de déchets. Ils sont également appelés à réduire leur consommation de plastique et de viande d’élevage tout en favorisant les produits locaux et biologiques.

« Il est possible de manger un cheeseburger sur deux », illustre M. Champagne.

Les participants doivent évaluer leur empreinte écologique grâce à un outil mis à leur disposition sur Internet, et développer leur propre stratégie pour la réduire au maximum de façon permanente.

Un effort collectif insuffisant

« La somme de nos gestes individuels ne suffira pas », reconnaît toutefois M. Champagne en présentant le second volet du pacte qui vise à contraindre les décideurs politiques à penser à l'environnement dans chacune de leurs lois et de leurs décisions.

Les signataires s’engagent donc à recruter leurs proches afin de grossir les rangs du mouvement et d'ainsi accentuer la pression politique. Ils doivent également « utiliser leur pouvoir citoyen (pétitions, lettres, implication communautaire et manifestation) pour accélérer la transition écologique dans la collectivité et au sein des entreprises ».

Il y a urgence climatique et ceux qui nous gouvernent, pour l’instant, ne sont pas à la hauteur de nos exigences et de nos aspirations.

Dominic Champagne

« Notre peuple, notre société a besoin que la société civile se lève » afin de s’assurer que nos gouvernements atteignent et dépassent leurs cibles de réduction des émissions de gaz à effet de serre.

« Malgré les milliards dépensés, on a eu assez peu de résultats, a souligné l’expert en énergie Normand Mousseau. C’est pour ça qu’une partie du pacte vise à dire qu’on doit restructurer, s’assurer que toutes les actions du gouvernement vont dans la même direction pour s’assurer que chaque effort, chaque dollar, chaque poussée qu’on fait nous amène vers le but recherché. »

L’espoir de la transition

Les 500 signataires estiment que le salut de la planète passe par une alliance entre la science et la politique. « Nous avons actuellement les technologies et la science pour amorcer la transition, a lancé Catherine Potvin, sommité canadienne en matière de réchauffement climatique. C’est un problème social, politique, économique qui a besoin de tout le monde. »

« La transition énergétique va passer par l’électrification, avec une électricité propre, et au Québec on part donc gagnant », a poursuivi Mme Potvin en faisant référence à la richesse de la province en hydroélectricité.

Cette transition énergétique peut s’effectuer sans que l’économie en souffre, selon les deux scientifiques. « Notre compétitivité économique va bénéficier d’être à l’avant-garde du mouvement, opine Mme Potvin. Donc, il n’y a rien à craindre, il y a simplement à mobiliser nos connaissances. »

« Les coûts ne cessent de diminuer pour agir, poursuit Normand Mousseau. On n’a pas de barrière économique, on n’a pas de barrière technique. On a une barrière sociale, psychologique qu’il faut franchir, et dès maintenant. »

Les signataires se donnent rendez-vous dans deux ans, lors du sommet mondial sur le climat. Ils comptent mesurer, à ce moment, « l’impact de leur engagement envers eux-mêmes et les nations ».

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