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L’opposition aux pipelines, un « problème en cours de développement » pour le Service canadien du renseignement

Un homme avec un haut-parleur dans la main, des gens en arrière-plan, des affiches.
Le 19 mars 2018, un militant s'adresse à la foule pendant que des opposants bloquent l'accès aux installations de Kinder Morgan à Burnaby, en Colombie-Britannique, en violation d'une ordonnance de la cour. Photo: La Presse canadienne / Darryl Dyck
Radio-Canada avec La Presse canadienne

Le Service canadien du renseignement de sécurité (SCRS) affirme, dans une analyse, que beaucoup d'écologistes et de communautés autochtones voient l'achat de l'oléoduc Trans Mountain par le gouvernement fédéral comme une « trahison » et suggère que cela pourrait causer une intensification de l'opposition au projet, ce que l'agence considère comme un « problème en cours de développement » pour le renseignement.

Ces informations proviennent d’une copie caviardée d’un document datant de juin, classé à l’origine comme strictement confidentiel et obtenu par la Presse canadienne en vertu de la Loi sur l’accès à l’information,

Le document préoccupe des groupes environnementaux et de défense des libertés civiles, qui se questionnent sur les raisons de cet intérêt du SCRS, alors que les protestations contre le projet d’expansion de l’oléoduc Trans Mountain ont toujours été pacifiques.

Plus de 200 opposants arrêtés

Plus de 200 opposants ont été arrêtés entre mars et juillet 2018 pour avoir manifesté trop près du terminal pétrolier de l’entreprise Kinder Morgan à Burnaby, en Colombie-Britannique, dans certains cas dans le but d’en bloquer l’accès.

« Bien que certains opposants au pipeline aient été arrêtés lors de manifestations pour avoir violé des ordonnances de la cour, cela relevait de la police et des tribunaux, et ça s’est déroulé au vu et au su de tous », affirme Josh Paterson, directeur général de l’Association des libertés civiles de la Colombie-Britannique (BCCLA).

Cela ne devrait pas relever de notre agence d’espionnage.

Josh Paterson

Une porte-parole du SCRS, Tahera Mufti, explique que l’agence ne peut dévoiler publiquement les motifs de ses investigations.

« C’est important pour le Service de se poser des questions importantes sur ces enjeux, affirme-t-elle, notamment celle de savoir si l’achat d’un pipeline peut donner lieu à une menace pour la sécurité d’infrastructures cruciales pour le Canada. »

Des inquiétudes déjà soulevées vis-à-vis du SCRS

La BCCLA a déjà exprimé ses préoccupations à propos de la surveillance de groupes écologistes et autochtones par le SCRS. Elle allègue d’ailleurs devant les tribunaux que le SCRS a violé la Charte canadienne des droits et libertés en espionnant illégalement des militants anti-oléoducs qui s’opposaient au projet Northern Gateway, aujourd’hui abandonné.

L'analyse du SCRS a été faite un peu plus de deux mois avant que la Cour fédérale n’annule le décret permettant au projet d’expansion du pipeline d’aller de l’avant et ne renvoie le gouvernement à ses devoirs pour la consultation des Autochtones et l’évaluation environnementale de l’augmentation prévue du trafic des pétroliers dans les eaux de la Colombie-Britannique.

Colombie-Britannique et Yukon

Droits et libertés